27.11.2009
I'm moving it
12:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.09.2009
Concours Lépinocchio
L'Académie des Nérons s'est réunie en session exceptionnelle afin de décerner à l'unanimité le prix de l'enfumage du quinquennat à Mr Nicolas Sarkozy, en sa qualité de Président de la République Française, pour le discours prononcé le 14 septembre 2009 à l'université de la Sorbonne, dénonçant la "religion du chiffre" dans la mesure du progrès économique et social.
L'Académie salue la performance du chef de l'état français, instigateur de quotas d'infractions, de quotas d'expulsions, de quotas de ministres immigrés, chantre de l'évaluation chiffrée des policiers, des professeurs, des banques et des ministres, pour ce discours en tout point contradictoire à sa politique passée et présente.
L'Académie distingue également le paradoxe manifeste entre la dénonciation sub-citée et les propositions faites par le lauréat d'introduire des statistiques sur "les services que l'on se rend à l'intérieur d'une famille", "le loisir" ou "la qualité du service public", trois thématiques chères à nos coeurs mais entourées d'un flou que l'on ne peut que déplorer.
Dans son compte-rendu de séance, l'Académie suggère quelques indicateurs qui auraient mérités plus ample développement de la part du lauréat :
- nombre de délits couverts par un juge d'instruction amical à l'intérieur d'une famille (par exemple : la famille des Hauts-de-Seine, la famille Tapie,...)
- nombre de séjours offerts par d'interlopes magnats caribéens (exemple à fournir)
- nombre de grêves provoquées dans les services publics encore un peu publics (par exemple : RATP, éducation nationale. contre-exemple : la Poste)
L'Académie souhaite enfin souligner que la proposition de réforme des indicateurs de performance nationale (PIB, PNB) coïncide habilement avec la mauvaise santé de ce que ces indicateurs mesurent actuellement. La thèse du "recalcul des indicateurs quand ils sont pas comme on veut" est une innovation conceptuelle notable, qui ne manquera pas d'ouvrir de nouvelles voies aux prochains nominés.
L'Académie des Nérons est une initiative publique-privée sponsorisée par Le Figaro, TF1 et l'Association Française pour la Promotion du Foutage de Gueule.
©2009
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Hortefeux de paille
J'aimerais revenir succintement (comprendre en moins de pages qu'un roman d'Amélie Nothomb) sur la désormais célèbre "polémique Hortefeux", coup de pub monstrueux au campus d'été UMP et aubaine journalistique pour brasser du vent sous couvert d'aborder les vrais sujets de fond.
Tout le monde connaît ma profonde affection pour l'UMP et ses valeurs : mélange d'arrogance, de bêtise et de peurs mal digérées, la pensée d'une écrasante majorité de ses militants se résume à quelques chansons de Michel Sardou et bouquin de développement personnel basé sur la "win". Autant dire que tout ce qui peut les faire passer pour des abrutis me brosse dans le sens du poil.
En ce sens, ma première réaction à la vidéo d'un Brice Hortefeux hilare expliquant que "quand il y en a un ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes" en face d'un militant dont le bronzage rappelle moins les pistes de Courchevel que les larges étendues sahariennes, m'a comme beaucoup conduit à la conclusion jouissive qu'était enfin prouvé ce que je subodorais depuis longtemps : Hortefeux est raciste.
Point d'autre forme de procès, ni de nuance : l'occasion est trop rare de faire tomber le masque de cette abjecte droite "décomplexée" qui repousse chaque jour les limites de l'acceptable.
Les justifications d'Hortefeux ("je parlais des auvergnats", puis "c'était une blague") et les contrefeux allumés par ses collègues majoritaires (Copé, Morano, Bachelot, Amara,...), couronnés par la réaction du monarque ("je n'ai pas de temps à perdre avec ce genre de polémique"), sont autant de pierres dans le jardin d'un Brice innocent : quand l'équipage est vent debout, c'est que le bateau tangue.
Mais voilà, les jours passent, et la façon dont se problématise cette affaire m'attriste, se focalisant qui sur des détails, qui sur des généralités qui seront oubliés d'ici au prochain embrasement médiatique : l'anti-racisme (pour les uns)/la bien-pensance (pour les autres), la solennité de la parole ministérielle, le comportement des médias vis à vis de la vidéo polémique et pour les plus l'ouest, la personnalité d'Hortefeux, ses soutiens et ses réactions.
Je pense pour ma part que cette tempête d'articles indignés, de condamnations ou de soutiens offusqués, passe à côté de l'essentiel. Car le vrai sujet de cette vidéo tourné par les journalistes de Public Sénat, ce n'est pas la déclaration d'un ministre oublieux des caméras, c'est un échange entre militants UMP et cadre de ce même parti. En ce sens il parle moins du "racisme" d'Hortefeux que de celui de l'appareil UMP dans son ensemble, et transitivement du gouvernement qui en est issu.
Le drame que révèle cet écart de langage, c'est que l'appréhension de l'autre n'a guère évolué depuis l'époque coloniale au sein du parti majoritaire. Ils ne haïssent pas les arabes, ni ne pensent consciemment qu'il est inférieur au blanc (c'est à cette nuance que le mot racisme du paragraphe supérieur doit ses guillemets : le racisme au sens originel du terme me semble modérément pertinent et surtout bien trop connoté pour discuter raisonnablement), ils ne peuvent simplement pas concevoir qu'un arabe ou un noir ne soit pas plus défini par sa couleur de peau qu'eux par la leur.
Ce trait est des plus anodins : ce sont les gens pour qui maghrebin, arabe ou musulman ne sont qu'un seul et même concept, ce sont les gens qui pensent que les noirs sont génétiquement plus sportifs que les blancs, ou qui diraient "nègre" si la bien-pensance n'était pas partout, ma bonne dame. Ce ne sont pas des monstres, nous en connaissons tous, simplement des ignares. Des gens dépassés par un monde trop rapide, et restés à une époque où l'apartheid ne choquait pas tant ça, les blancs se distinguant manifestement et naturellement des noirs.
Brice Hortefeux est à ce titre un cas d'école. Un exemple parmi tant d'autres : le Canard Enchainé relatait voilà deux ans les péripéties du ministre (de l'Identité Nationale à l'époque) sur une aire d'autoroute (racontée ici), péripéties narrées avec amusement par ledit ministre devant un parterre officiel. Avisant un groupe de personnes noires, celui-ci s'en approche et leur demande "d'où venez-vous ?". "De Caen", répondent-ils. "Oui d'accord, mais vous êtes d'où ?" insiste-t-il. La réponse ne variera pas, à la grande déception d'un ministre qui concluera dans son discours a posteriori : "Heureusement, j'ai compris à temps et je n'ai pas insisté. C'est là que j'ai compris toute la profondeur de ma mission".
Pour Hortefeux, le noir est nécessairement un étranger. Oh, pas un étranger qu'on déteste ou qu'on méprise, mais il est intrinsèquement différent de lui. Alors que le blanc lui semble d'une évidente parenté. Ce n'est pas stricto sensu du racisme, mais c'est une innocente discrimination sur laquelle se sont fondées bien des entreprises criminelles (doit-on rappeler que les esclavagistes ne s'imaginaient pas le moins du monde maltraiter des humains ? Ces gens ressemblaient beaucoup à des singes, après tout).
Pour revenir à la vidéo "star" de cette fin d'été, voilà ce qu'elle nous apprend : il existe à la tête de l'Etat UMP aussi bien qu'à sa base militante, une conception de la "France" qui n'a rien à envier à celle des années 50 (j'évite l'écueil de Vichy pour ne pas me manger un point Godwin). Une France de blancs, de gaulois, qui n'a rien contre les noirs ou les arabes mais qui ne peut absolument pas concevoir une identité de nature entre ces derniers et eux. Un immigré, un fils d'immigré, un petit fils d'immigré, restent définis par leur origine avant tout autre chose.
Que ce même gouvernement installe un ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale, envisage les tests ADN, et chasse les sans-papiers s'éclaire alors, il me semble, sous un nouveau jour.
Et voilà pourquoi celui-ci finira par être blanchi (héhé) des accusations de racisme à l'encontre de l'un ou l'autre de ses ministres : nous n'avons pas à faire à des nazis ou au Ku Klux Klan, simplement à des abrutis gonflés d'ignorance et de patriotisme "exclusif", des gens fondamentalement bêtes qui ne pourront jamais comprendre qu'un homme se définit moins par sa naissance que par son éducation et son inscription dans la société.
La "droite décomplexée" ressemble trait pour trait à la droite de l'inculture et de la connerie, n'est-ce pas ?
11:55 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hortefeux, ump, racisme, droite
15.07.2009
Une dernière Valls ?
Le parti socialiste est désolant. Mais, pour des raisons similaires à celles qui me font défendre un Raymond Domenech contre tout ses contempteurs, une espèce de snobisme contre l'unanimité, je ne me résous pas à abandonner une certaine sympathie pour quelques uns de ses membres, à commencer par sa première secrétaire, Martine Aubry, capitaine d'un bateau ivre où chaque marin ramerait dans une direction différente quand il ne file pas un coup de pagaie à son voisin.
De mon point de vue astigmate (c'est à dire lointain et flou), Aubry s'efforce d'ordonner et d'assainir le fonctionnement interne d'une grosse machine dont l'égotisme et le clientèlisme local sont les principaux moteurs, et l'énergie consacrée à cette tâche ingrate, doublée d'une certaine modestie et discrétion médiatique, me semble respectable. Un peu comme on s'émeut de Sysiphe et de sa pierre, en quelque sorte.
Aujourd'hui, Martine a écrit une lettre, publiée par le Parisien, et dont les extraits (pas forcément les plus pertinents, mais on sent que les rédacteurs de ces articles ne se sont pas hasardés à lire la fameuse lettre, et se sont contentés de copier-coller les morceaux cités par Le Parisien) sont repris par Libé, Le Figaro, etc...
Cette lettre est adressée à Manuel Valls, maire d'Evry récemment surgi des limbes de l'oubli médiatique par la grâce de déclarations fracassantes sur le manque "de whites, de blancos" sur les marchés de sa bonne ville. Un socialiste dont le discours public récent peut se simplifier ainsi : il faut rénover le parti socialiste, il faut que l'ancienne génération laisse sa place à la nouvelle (la sienne), il est candidat à l'investiture socialiste pour 2012. Un sens certain des priorités et du collectif, qui en font un des fleurons de la Gauche môôôderne.
La lettre débute par une exposition de l'état de santé et du rôle, politique et national, du PS en tant que "principal parti d'opposition". Confessant "l'image déplorable" et le nécessaire "redressement" du parti, Aubry insiste principalement sur la reconstruction en cours, et notamment les initiatives de rassemblement menée au sein du mastodonte à la rose. L'introduction se termine sur l'identification des deux priorités socialistes du moment : "la préparation du projet et le rassemblement de la Gauche". On passera sur la vacuité de ces deux périphrases, là n'est pas tellement le sujet. Passons plutôt au coeur du propos : Valls.
Celui-ci se voit asséner trois vérités terribles :
Direct du droit : "Force est de constater que ce travail collectif pour moderniser nos idées est contrarié chaque jour par la cacophonie d’expressions isolées -d’ailleurs le plus souvent contradictoires-, et par des initiatives solitaires prenant le contrepied des positions de notre Parti."
Crochet du gauche : "On ne peut utiliser un Parti pour obtenir des mandats et des succès, en s’appuyant sur la force et la légitimité d’une organisation collective, et s’en affranchir pour exister dans les médias à des fins de promotion personnelle."
Uppercut : "Il n’y a pas un jour, mon cher Manuel, où tu n’expliques aux médias que notre parti est en crise profonde, qu’il va disparaître et qu’il ne mérite pas de se redresser. Paradoxalement, tu t’appuies sur nos règles collectives pour appeler à « l’insurrection militante ».
Les militants, eux, ont un souhait, c’est que tu mettes ton intelligence et ton engagement au service du Parti et donc des Français."
Et en bonus, une poussée hors du ring : "Si les propos que tu exprimes, reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti Socialiste."
Convenons-en, il est dommage que cette lettre soit rendue publique : elle concerne un membre du parti et son dirigeant, elle est avant tout d'ordre "disciplinaire", et la polémique qui ne manquera pas de naître sera une flêche de plus au carquois des pourfendeurs du PS, parti cacophonique, en pleine zizanie, etc...On s'étonnera de voir qu'aucun autre parti politique français n'est disséqué comme le parti socialiste, et qu'il est aisé de pointer ses heurts internes quand on se détourne poliment de ceux des autres formations politiques.
Mais passée cette réserve, PUTAIN C'EST BON DE LIRE CA. Cet affligeant narcisse de Manuel Valls, dont le coeur ne bat à gauche que parce qu'il y est anatomiquement obligé, prompt à louer l'ordre et le bon sens sarkozyste, prêt à tout pour exister nationalement, est un représentant symbolique de ce que le PS doit être capable de dégager pour récupérer un minimum de légitimité "à gauche" : une icône de cette aile droite du PS, "moderne", qui ne cesse d'appeler à la refondation (lire : le recentrage) du parti et du "logiciel" à longueur de tribunes creuses, qui s'obsède de consécrations personnelles au point de se voir candidat à la présidentielle trois ans avant la campagne, comme s'il n'existait d'autres priorités dans la France d'aujourd'hui, bref, cette frange qui n'est "socialiste" que dans l'attente d'un changement de nom du parti (une suggestion de...Manuel Valls), elle se prend un gros taquet dans les gencives.
A mon sens, et si je ne suis pas naïvement trompé par mes propres espoirs, c'est un joli geste politique que réalise Aubry avec cette mise en demeure : elle bache un individu fat et nuisible, en même temps qu'elle adresse un coup de semonce à la droite du PS qui se rêve majoritaire. Peut-être espère-t-elle une scission définitive avec cette dernière, ce qui serait certainement la meilleure nouvelle du côté de Solférino depuis Napoléon III.
Pour finir sur une note ludique, contribues toi aussi à refonder la gauche en choisissant le nom du prochain parti de Manuel Valls :
1- Le MMV, Mouvement pour Manuel Valls (qui présentera également des candidats aux présidentielles américaines, à l'Assemblée des Nations Unies et aux législatives honduriennes)
2- L'UMPS, Union Moderne Présidentielle Sivouplé (également référencé comme ONG consacrée à l'accueil et à la réhabilitation des gens qui veulent être présidents mais qu'on les empêche)
3- Le RAS, Rassemblement des Anciens Socialistes (co-présidé par Claude Allègre)
4- Le Front de Droite, pour le rassemblement de la gauche de la droite.
12:52 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.07.2009
Monde libre
Je viens de tomber sur une perle extra-ordinaire, qui est en quelque sorte le condensé paranoïaque de tout ce que l'extrême droite "médiatique" (au sens : qui a tribune dans les médias) peut produire aujourd'hui.
http://monde-libre.hautetfort.com/
Sous-titré : le blog du monde libre contre les idéologies rouge-vert-brune.
(que je re-sous-titrerais pour ma part : le blog contre l'Islam, les étrangers et les banlieues)
(bon je m'y re-plonge, je vous fais un résumé quand j'ai fini de mâcher mon bureau.)
12:58 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Touché coulé
Lundi, après de longues agapes extra-professionnelles dans un bar à tapas près de République, nous décidames, avec quelques collègues, de prolonger la soirée dans un bar à rhum près d'Oberkampf. Jusque là, c'est palpitant.
Sur le chemin menant du point A (les tapas) au point B (le rhum), nous trébuchâmes sur une horde de miséreux enguenillés, et sales, qui pour assombrir davantage le tableau, étaient tous noirs. Excedés de voir notre trottoir obstrué par ces gueux, et après leur avoir filé quelques coups de pied en douce, nous traversames la rue, non sans leur jeter un ou deux cailloux à la gueule, et poursuivimes notre chemin en devisant de l'extraordinaire impolitesse des pauvres et des africains, qui s'installent n'importe où comme si ça ne dérangeait personne.
Peu de temps après, j'appris qu'en plus d'être pauvres, sales, et noirs, ces gens étaient sans-papiers. C'est à dire clandestins. Surpris que de tels individus puissent prospérer au coeur même de la ville-lumière, capitale du pays-lumière et phare du continent-lumière, je me lançai dans une réflexion douloureuse sur comment qu'on pourrait faire pour qu'il y en ait moins, des gens comme ça.
Je cherchais encore, quand ce matin, je tombe sur une idée géniale.
Nick Griffin, leader d'un parti d'extrême droite britannique, était interrogé par la BBC sur l'immigration. Forcément, quand on est d'extrême droite, on a rarement autre chose à pourfendre, mais ça tombait bien : Nick avait plein d'idées sur la question.
D'abord, il faut le préciser, l'Union Européenne est au bord du gouffre. Elle va être "tout simplement submergée par le tiers-monde". Ce qui n'est pas une perspective réjouissante, tant le Tiers-Monde est mal éduqué et plein de maladies.
Et Nick a remarqué quelque chose qui échappe au commun des mortels : le Tiers-Monde voyage en bateau. Pour éviter qu'il ne nous submerge, il existe donc une solution simple : couler son bateau ("Frankly, they need to sink several of those boats", dans la langue de Margaret).
Bon, comme ça, on pourrait se dire que ce n'est pas très humain, comme proposition, mais Nick n'est pas un monstre : on coule les bateaux d'immigrants, certes, mais non sans leur avoir "jeter un radeau de sauvetage" pour qu'ils puissent "retourner en Libye"". Double avantage : on est sympa avec le Tiers-Monde, et en plus on évite de polluer nos plages avec des cadavres exotiques.
Malin, Nick. C'est pas pour rien qu'il est député européen.
Je lance donc à sa suite un appel : amis plaisanciers, plagistes, navigateurs, si vous croisez un bateau plein de noirs ou d'arabes, nous vous saurions gré d'aider à la sauvegarde du patrimoine génétique, culturel et chromatique de l'Europe en creusant des trous dans leur coque. Si vous n'avez pas de radeau à leur jeter, une bouée, ou un sac en plastique feront l'affaire. Merci d'avance d'être des citoyens européens responsables.
PS : l'article du Point se termine par un chiffre qui fait froid dans le dos. "En 2008, 67.000 personnes ont traversé la Méditerranée pour tenter d'entrer en Europe". Soixante-sept mille ! Je vous rappelle que l'Union Européenne regroupe 494 millions d'habitant. A ce rythme, nous serons submergés d'étranger en même pas 70 siècles. On n'a pas fini de trébucher devant la Bourse du Travail !
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Marguerite Honduras
Dans la lointaine Amérique Latine, qui est à l'Amérique ce que la province est à la France, c'est à dire une vague excroissance peuplée d'indigènes aux moeurs douteuses, il existe de petits pays. Plein. Certains sont très forts en football, comme le Brésil ou Boca Junior, et d'autres un peu moins, ce qui fait qu'on les connait très mal. C'est très injuste, même si bon, tout le monde n'a pas forcément le temps de s'intéresser à des choses aussi confidentielles, y en a qui ont un boulot.
Heureusement, l'Actualité est parfois providentielle et elle s'est, ces derniers temps, montrée généreuse d'attention pour une de ces petites zones tribales que les sudaméricains appellent pays sous prétexte qu'ils ont eu une idée de drapeau différente de leur voisin : le Honduras.
Le Honduras, entouré par trois pays tout aussi méconnus, à savoir le Nicaragua, le Salvador et le Costa Rica (bon on connait un peu le Costa Rica : ils étaient à la Coupe du Monde), est une république d'Amérique Centrale, un peu plus grande que le Portugal, et un peu plus petite que l'Espagne, mais avec beaucoup moins de corridas. Comme les honduriens n'avaient pas les moyens d'acquérir une langue à eux, ils parlent espagnol.
Récemment, leur chef Manuel Zelaya, qu'on appelle "président de la république", mais qui n'a rien à voir avec le nôtre puisqu'il ne réunit jamais personne au congrès de Versailles, a été assez aimablement poussé de son siège par l'armée, au motif qu'il comptait rester au pouvoir indéfiniment. Ce qui n'est pas très gentil. A la place, l'Armée à installé Roberto Michelleti, qui est beaucoup plus sympa, et surtout beaucoup plus sérieux puisqu'il porte des cravates, et qu'il n'a pas de moustache bolchévique.Tout semblait aller pour le mieux, lorsque les choses se sont compliqué.
D'abord, Hugo Chavez (qui est un chef de pays comme le Honduras, mais plus grand, et surtout très très bolchévique - même s'il n'a pas de moustache) a dit que ce n'était pas bien, et qu'il fallait remettre à sa place Zelaya qui est son pote. A ce stade, l'Actualité n'était pas perdue, c'est normal qu'un bolchévique impérialiste et tyrannique soutienne un autre bolchévique impérialiste et tyrannique.
Mais les autres pays d'Amérique Latine ont également manifesté leur soutien au président déchu. Et bientôt, l'ONU. Et même : les Etats-Unis. Ca commencait à faire beaucoup, et c'était bizarre, que des pays progressistes soutiennent eux aussi un bolchévique impérialiste. Alors l'Actualité s'est penché sur la question, et on a compris que la situation était un peu moins simple, que Manuel Zelaya (le moustachu) n'était pas si impérialiste, et que Roberto Michelleti (avec des cravates) n'était pas si sympa. Le fait qu'il ait muselé les médias et réprimé dans le sang les manifestations pro-moustache en donnaient quelques indices.
Bref, nous étions plongé dans une situation complexe, aux ramifications géopolitiques opaques, et dans un pays dont franchement on a rien à foutre. C'était inadmissible.
Et tu noteras, cher lecteur, que depuis ce constat, la solution a été drastique : on en parle plus. Le dernier épisode en date (à savoir l'atterissage refusé à Zelaya sur le sol hondurien date de dimanche, depuis : plus rien. Un entrefilet dans le Point mentionnant une médiation des Etats-Unis et d'un prix nobel de la paix costa-ricain, mais rien dans Le Monde, rien dans Libé, rien dans Le Figaro ou l'Express.
Nous ne connaitrons donc probablement pas la fin de l'histoire, ce qui serait dommage si d'autres palpitantes aventures n'étaient pas nés pour nous divertir en lieu et place des gesticulations honduriennes : les tribulations du G8 à l'Aquila. Beaucoup moins de moustaches, beaucoup plus de cravates, enfin un sujet sérieux pour l'Actualité.
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08.07.2009
Mettre des colles
Le soleil se lève à peine (il est 10h30) sur le morne parvis hérissé de tours informes qui porte le même nom que le ministre de la guerre, et déjà s'étend sur nos frêles épaules l'étreinte délicate du paternalisme gouvernemental. La Une de libération.fr affiche ainsi dès l'aube (il est 10h36), et dans le désordre, "Sarkozy à sa majorité : travailler le dimanche n'est pas un drame", "pirates de Sarkozy : jusqu'à 4 ans ferme", "Le plan Hirsch pour aider les jeunes", "Tibéhirine : Sarkozy lèvera le secret défense", etc, nous nous abreuvons à satiété des gesticulations du régime, jusqu'à tomber sur un article qui semble de prime abord sans intérêt, puisque le nom du président de la République n'y apparait pas : Luc Chatel : maintien des poursuites contre les enseignants désobéisseurs". Chic.
La sagesse populaire, qui n'est jamais la dernière pour avoir un avis sur tout, énonce que "l'éducation c'est comme la guerre, faut pas la filer à des biknits". Maxime ô combien vérifiée par l'état dramatique de notre pays, livré à une jeunesse décadente qui brûle des voitures en écoutant de la musique nègre, sous les cagoules et les burqas, alors que dans les Choristes les enfants ils sont bien sages. Luc Chatel, rutilant nouveau ministre de l'Ecole et des Fouilles au Corps, est un homme raisonnable : la sagesse populaire, c'est son crédo.
Ainsi des poursuites disciplinaires lancées par l'Education Nationale contre des maitres d'école qui refusaient d'appliquer des réformes, Luc Chatel pense qu'elles sont légitimes. Pourquoi ? Parce que les "procédures existent". Légitimer l'existence d'une procédure par son existence, voilà bien le signe que l'Etat Français est entre de bonnes mains pleines de bon sens, mais là n'est pas le coeur du discours de notre estimé ministre : son message le plus fondamental, il le délivre ensuite. "Je suis ministre de l'Education nationale, et je suis très attaché et je revendique ce point précis. Les programmes, ils sont nationaux, conçus dans l'intérêt général des enfants, l'enseignant doit les mettre en oeuvre"", explique-t-il avec la syntaxe d'un élève de CE2. Les programmes, c'est comme les procédures : ils existent, donc il faut qu'ils existent, ok ?
Luc, très attaché (c'est lui qui le dit, même s'il oublie de dire à quoi), est également adepte du fouet. "La désobéissance, ça me paraît assez peu compatible avec ce qu'est le métier d'enseignant. Un enseignant, il doit faire obéir ses élèves (...), donc il y aurait un véritable paradoxe que lui-même ne s'applique pas ses propres règles". On notera la syntaxe une nouvelle fois pleine de vie, qu'on dirait que c'est Booba qui clashe les journalistes. Mais surtout, on notera ça : La désobéissance, ça me parait assez peu compatible avec ce qu'est le métier d'enseignant.
Tu pourrais penser, cher lecteur, et tu m'excuseras si je te prête une candeur démesurée, que le métier de l'enseignant, c'est avant tout d'enseigner. Beaucoup croient ça. Mais ce sont des gens un peu rêveurs, ou un peu staliniens. Dans la vraie vie, où le bon sens est loi, l'important dans "maître d'école", ce n'est pas "d'école". L'important ce n'est pas de transmettre, d'intéresser, d'échanger : c'est diriger. C'est faire obéir, régir, dominer, mettre en coupe réglée, tataner la face des perturbateurs et des feignasses. Apprendre, c'est obéir.
Soyons clairs, la position de Luc Chatel se tient : au rythme où vont les choses, et du fait de cette interminable crise qui nous oppresse, mâme Michu, et qui faut qu'on soit responsable pour s'en sortir, les seuls fonctionnaires dont les effectifs ne seront pas drastiquement réduits, ce sont lers flics. Des flics de proximité, des flics cowboys, des flics pompiers, des flics soldats, des flics juges, alors pourquoi pas des flics enseignants ? Après tout, un cours de math ce n'est pas foncièrement différent d'une garde à vue : on enferme les gamins, on pose des questions, s'ils répondent mal on sanctionne, c'est à la portée de n'importe qui, tant que l'ordre prévaut.
L'ordre.
Elle est là, l'essence de cette droite dure qui s'habille de pipeaux et d'ouverture, qui réussit à nous faire croire qu'elle n'est ni dure, ni de droite : l'amour de l'ordre. A la Défense, à la Justice, à l'Education Nationale, les mêmes principes : en haut, on décide. En bas, on applique. Et en rythme.
Ca n'a l'air de rien, mais à force de subir leurs pernicieux assauts, on va finir par s'endormir. Et on se réveillerait entouré de kapos que ça ne m'étonnerait guère.
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07.07.2009
Justification de la refonte
Lecteur, tu l'auras certainement remarqué, sagace que tu es, le design de ce blog est en pleine refonte. Dans les blogs de grandes personnes, cela veut dire qu'ils bidouillent les feuilles de style, mais ici, ça veut dire que je choisis un modèle générique sur l'interface graphique de mon divin hébergeur. Tu comprendras donc que c'est pas ma faute si c'est moche par endroit.
Une récente discussion à batons rompus (au sens propre : nous nous rompîmes des batons sur la gueule) consacrée à l'authenticité de l'art m'avait amené à la conclusion (fort habile) suivante : l'art, c'est de l'art tant que t'arrive à justifier que c'est de l'art. Bon, ma conclusion initiale était bien mieux troussée, mais je vulgarise, on est sur internet, quand même.
Ainsi, si je veux te convaincre que mes choix graphiques ne sont pas un pur hasard (contrairement à mes habits, par exemple), mais l'expression d'une volonté créatrice et d'une recherche esthétique, il ne suffit pas que ce soit beau, il faut que je t'explique pourquoi. Comme j'ai à coeur de t'impressionner et de te laisser croire à ma grande maitrise des choses arty, je m'y attèle de ce pas.
Le rouge, vois-tu, c'est le sang, la vie, la naissance, et en l'occurrence la renaissance. C'est également le communisme, Staline, les goulags, ce qui ne gâche rien.
Le blanc (sale), quant à lui, est une ode à la (sale) pureté, à la (sale) virginité, à l'imputrescible noblesse de l'enfance et de la colombe. C'est également ma couleur de peau, le Ku-Klux-Klan et les royalistes, ce qui ne gâche rien.
Mêler le rouge au blanc, c'est manger un yaourt aux fraises, c'est avoir ses règles dans une cuvette de porcelaine, c'est la Pologne et la Turquie, c'est deux tiers du drapeau français et un dixième du drapeau sud-africain, c'est Stendhal optimiste.
Voilà. Autre chose ?
16:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Estivale empathie
Lecteur, je t'en prie, réprime ce frisson d'allegresse qui hérisse ta peau de mille petites érections pileuses communément réduites à la "chair de poule", mais que le sage et le cultivé nomme "horripilation", de sorte que ceux qui disent "tu m'horripiles" à quelqu'un qui les agace confessent en réalité qu'il les fait grave kiffer, lecteur, disais-je, cache ta oij, si ton fil RSS frémit, ce n'est point que l'auteur de ce blog s'astreint à nouveau à la régularité, c'est juste que y en a marre d'avoir un vocabulaire de ministre sarkozyste à force de ne plus écrire que des compte-rendus de réunion. La pratique (j'avais écrit "praxis" pour crâner mais en fait ça n'allait pas), voilà bien l'unique salut du chauve oisif. Du chevelu oisif aussi, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit.
Ton frisson réprimé, ta joie cachée, le séant bien calé sur ta chaise de bureau, ton canapé, ou ton aspirateur si le coeur t'en dit, abordons ensemble un sujet grave et sérieux comme une tribune de Robert Hue dans le Monde : l'été.
L'été, il fait chaud. Déjà en soi, c'est perturbant, et l'Homme, dans sa grande détresse, n'est plus que sudation et taches dégueulasses sous les aisselles (tandis que la femme, heureuse et légère créature, n'est plus que décolleté plongeant et gambettes glabres). Mais l'été, c'est également l'heure où l'Homme (celui avec les taches dégueulasses), sevré de football, sort de sa torpeur et s'intéresse aux grands problèmes du monde : la mort des gens connus, la mort des gens en avion, la mort des gens en train, la mort des gens exotiques, et puis le tour de France.
Accablé d'images choc, l'Homme souffre, et sa souffrance est comme une petite flûte traversière dans le grand concert du monde, il est un comorien qui s'écrase, un enfant qui se noie dans la piscine, un cycliste qui tombe et se fait mal au genou. Il est Michael Jackson. La caisse de résonnance médiatique l'alimente en douleurs, en drames, en accidents, il sent, il s'apitoie, il s'insurge contre le destin facétieux qui tue les enfants, les voyageurs et les français au lieu de s'attaquer aux vieux, aux casaniers et aux étrangers. Et quand le moulin s'essoufle, quand aucun avion ne tombe, aucune célebrité ne meurt, aucun gamin ne se fait broyer la jambe dans un escalator, il reste toujours l'évocation des drames passés, les procès de grands pédophiles, les meurtres non élucidés.
Hey, l'Homme. Cesse donc de renifler la détresse des autres, recule-toi quelques secondes du sourcil compatissant de Laurence Ferrari, et réponds : pourquoi t'infliges-tu cette litanie de cadavres et d'explosions ? Pourquoi ça te fascine, les accidents et les crimes ? Pourquoi Grégory Coupet ?
Je n'ai pas de réponse.
Mais ce qui se trame au Honduras, en Chine, en Iran, ou sous les ors du palais Bourbon, je pense humblement que ça devrait t'intéresser davantage. Et je ne te parle pas du camp des loges.
12:20 Publié dans Daily Life | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.05.2009
Jacques a dit
Je logue pour la postérité, avec un peu de retard, pour que l'Histoire n'oublie jamais, et que ne soit enfoui sous les ans et les polémiques ce chef d'oeuvre ciselé de rhétorique qui claque :
"Elle s'occupe de ce qu'on lui donne à s'occuper, et puis elle s'occupe de ce qu'on lui donne à s'occuper avec les personnes qui peuvent porter ces affaires à s'occuper, donc nous en l'occurrence"
Rachida Dati, garde des Sceaux et candidate aux européennes 2009, à propos de l'Europe.
A relire en cas de déprime.
10:31 Publié dans Plume et plomb | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.02.2009
Scoop
De source sûre, le cabinet de sécurité israélien aurait annoncé le rejet de la proposition de trêve du Hamas, au motif qu'elle désignerait Israël par le mot "Israël", et non par "Terre du peuple élue interdite aux arabes sauf ceux qui la ferment". Les décisionnaires hébreux auraient également pris comme une provocation l'absence de formule de politesse dans la lettre adressée à l'Etat par l'organisation islamiste. "Pas le moindre "bisou" en bas de la page, c'est un comportement insultant et inadmissible. Israël se réserve le droit d'y apporter la riposte qu'elle jugera appropriée" aurait déclaré, furieux, Ehud Olmert, avant de coiffer son entonnoir et de s'éloigner sur un tricycle rouge.
Dans la bande de Gaza, à l'occasion d'une cérémonie islamiste de sacrifice de vierge prépubère, un chef tribal aurait déclaré en finissant de mâcher le tibia d'un homosexuel condamné à mort : "Les juifs passent leurs temps à vouloir des bisous, quelle bande de tafioles". Plusieurs manifestations organisées en Cisjordanie et à Gaza ont vu des peluches et des coeurs brûlés, tandis que retentissaient de nombreux slogans hostiles aux Bisounours.
La communauté internartionale a unanimement condamné les "provocations du Hamas", et appelé les deux parties à la mesure et au dialogue. Londres et Paris ont également rappelé que "s'il n'est pas obligatoire de faire des bisous à ses voisins, ils constituent le terreau d'une amitié durable et d'une paix au Proche-Orient que nous appellons, tous, de nos voeux".
Jean-Eudes Poupidou, Tel-Aviv, pour Le Monde.
17:36 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.02.2009
Chav(ir)ez
Je comptais réprimer ce cri du coeur, mais trop de perches me sont tendues par nos estimés journalistes métropolitains. Aussi, comme l'urine trop longtemps contenue dans une vessie comprimée, je laisse jaillir de moi la métaphore élégante et ces quelques mots en majuscule :
ARRETEZ AVEC VOTRE FLUTE SUR HUGO CHAVEZ, BORDEL DE VOS MERES.
On a compris que vous aviez du mal avec les gens à gauche de François Bayrou, messieurs-dames des médias, on ne se fait guère plus d'illusions. Mais vous poussez dans vos récents papiers la distorsion tellement loin qu'on dirait un brin d'ADN.
Libé le 14 février. "Chavez se verrait bien président à vie".
Rue89, le 16 février. "Chavez l'emporte : un pas vers la démocratie...ou la dictature".
Le Monde, le 16 février. "La victoire du oui permettra à Chavez de se représenter".
Le Figaro, le 17février. "Triomphe en trompe-l'oeil pour Chavez".
C'est éloquent. Ne serait le vernis de politesse et de mesure qu'emprunte le journaliste pour masquer son agacement, ça donnerait probablement des "Un dictateur gauchiste renforce son emprise bolchévique sur un pays trompé". Ce n'est pas ce qu'on lit, mais c'est heureusement ce que l'on comprend.
Je vous renvoie à chacun des articles pour vous faire une idée, mais il est certain qu'à leur lecture, on ne doute pas :
- Que Chavez est un autocrate menaçant, irrespectueux des libertés publiques, qui ambitionne d'accaparer le pouvoir jusqu'à la fin de sa vie
- Que le Venezuela n'est démocrate qu'en apparence, et qu'en réalité, par un mélange de populisme et de contrôle médiatique, Chavez se joue des libertés publiques.
- Que le peuple vénézuelien, malgré la révolte d'élites éclairées, se fourvoie, manipulé par un fasciste en puissance.
Glissons sur les habiles références à sa diplomatie (avec l'Iran), à ses amis ("castristes") et ses inimitiés (l'Amérique, Israël). Et une mention spéciale au Figaro qui nous explique que si les venezueliens ont voté oui, c'est parce qu'ils pensent un peu non, et que la victoire de Chavez souligne son intéret à changer rapidement de discours. Du grand art.
En remettant quelques orteils dans le monde réel, on s'appuiera cependant sur les faits, concédés du bout des lèvres par nos amis de la Pravda.
D'abord, Chavez ne s'offre pas une présidence à vie. Il s'offre la possibilité de mandats supplémentaires. Et cela, par un référendum. En résumant grossièrement, il s'offre démocratiquement la possibilité d'être démocratiquement ré-élu. On peut désapprouver la démarche, mais y voir un déni de démocratie est pour le moins paradoxal.
Ensuite, Chavez essuie depuis des années les brimades et les sermons de nos amis du côté du manche. "Caudillo" (fasciste, donc), "castriste" (dictatorial, donc), "populiste", tous les épithètes sont bons pour qualifier les dérives du président vénézuélien. S'il apparait dans une émission télévisuelle hebdomadaire, on hurle au contrôle des médias. S'il redistribue la manne pétrolière aux plus pauvres, c'est du clientélisme. S'il expulse un député européen (de droite) qui lui prête "des comportements typiques d’un dictateur, incompatibles avec tout paramètre démocratique", c'est un scandale. Tout est prétexte a procès d'intention, étant entendu qu'il s'agit d'un dangereux criminel qui ne se maintient au pouvoir qu'à la grâce d'un pétrole qui coule à flot. Ben voyons.
Le personnage est complexe, et ses méthodes discutables. Il fait des erreurs, des choix critiquables, il est probable qu'il se rende coupable d'abus et d'outrances à foison. Mais la désinformation à son sujet est incroyable. Insupportable, même. Un article récent revient sur l'article de Libé cité plus haut, et le démonte point par point. Un autre s'en moque. Un dernier relativise. Mais c'est un peu triste, de voir que les blogs seuls s'offrent en contre-poids de l'unanimité médiatique anti-Chavez.
La matière ne manque pourtant pas, dans nos proches environs, pour pointer du doigt la misère politique et la manipulation, le fascisme rampant et les méthodes mafieuses. Il y a le Maghreb et ses dictateurs "amis", l'Afrique chère à Bernard Kouchner. Plus près encore, il y a l'Italie, qui glisse progressivement dans la merde brune. L'extrême droite y prospère, les lois racistes y pullulent (lire ici), les milices (!!!) y renaissent. (lire là). Les faits divers exhalent un délicat fumet de haine et de connerie, façon ratonnade. Où sont, alors, nos amis journalistes ?
Certainement dans leur bureau, à éplucher les dépêches AFP et les éditos de penseurs-censeurs. Ce métier meurt à petits feux.
14:45 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.02.2009
Olivier, courons
Olivier. Franchement, on peut pas dire que je ne suis pas sympa avec toi : je te complimente sur mon blog, t'es mon ami sur facebook, je supporte en permanence le même prénom que toi, je doute que tu trouves plus fidèle soutien que moi.
MAIS BORDEL TU CASSES LES COUILLES AVEC TON NOMBRIL REVOLUTIONNAIRE.
C'est joli de changer le nom de ton parti pour "rassembler". Mais alors rassemble, au lieu de pipeauter comme un vulgaire Frédéric Lefebvre. Les européennes sont dans quatre mois, l'écrasante majorité de la gauche radicale te tend amicalement la main, Mélenchon et Buffet t'ouvrent leurs grands bras maigres pour un tango electoral, alors range ta flûte et accepte.
Ca va demander un peu de courage, parce que tes congressistes sont durs d'oreille. La (jolie) motion oecuménique a récolté 17% des voix, (tout est là), celle que tu portes 76%. Ton charisme est indéniable, alors tu te sors les doigts et tu changes d'avis, entrainant tes affidés dans la samba du front de gauche, dans la joie et la félicité.
Parce que c'est bien beau, de porter la contestation anti-Sarkoziste sur ton joli vélo, et d'incarner aux yeux des masses la "vraie" gauche, mais tu portes une écrasante responsabilité dans l'échec des comités anti-libéraux de 2007, et il ne s'agirait pas de récidiver. Pour qu'une alternative au PS existe à gauche, il y a lieu de ranger ses petites lubies (comme réclamer qu'il y ait "unanimité sur les luttes sociales et écologiques contre la casse sociale, contre le démantèlement du droit du travail et des services publics, contre le productivisme, la marchandisation du vivant, pour la sortie du nucléaire") pour se trouver un dénominateur commun. Et si tu le dis insuffisant, c'est simple : tu mens.
Tu mens parce que pour faire barrage à cette politique infâme que mène la droite décomplexée, il faut du monde. Et si je comprends que tu rejettes pour l'instant le PS et sa social-traitrise, refuser les propositions communistes et alter', c'est une très, très grave erreur. Ou un choix politicien méprisable.
Le NPA, je n'y crois qu'à une seule condition : sa faculté à mettre de l'eau dans son vin pour les sujets "annexes". Sa faculté à admettre la nécessité de s'accorder à gauche au lieu de s'opposer et de s'atomiser. S'il n'en fait pas la preuve, va te faire foutre.
Et ne compte pas sur moi.
16:27 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Irantanplan
Je commencerai cet article par un renvoi (burp) à l'excellent article d'Article11, consacré à l'usage de l'antisémitisme comme contre-feu dans l'affaire Kouchner/Péan, formidable instrument de discrédit manié avec une extrême indécence par de plus en plus nombreux apôtres décomplexés de la concorde civile (what else ?). Ca mériterait une tartine de commentaires énervés, mais j'ai trop peur de me manger une tribune de BHL dans la face.
Sautons du coq à l'âne, à moins que ce soit l'inverse, et intéressons-nous à la récente déclaration du nain puissant qui, réagissant au lancement réussi d'un satellite par l'Iran, déplorait une "extrême mauvaise nouvelle", et appelait au "renforcement des sanctions" comme "seule solution". Solution à quoi, voilà qui demande un peu d'enquête. J'enfile mon Leica (je suis oldschool), empoche mon carnet Moleskine, et saute dans mon hummer pour aller investiguer sur les tenants et aboutissants de cette "mauvaise nouvelle".
Téméraire, je me jette la tête la première dans Le Figaro, qui m'apprend les raisons de l'inquiétude présidentielle (et plus largement occidentale). L'Occident, car je me répète mais c'est bien lui qui tremble, relève en effet que "la technologie utilisée (pour lancer le satellite) est très similaire à celle des missiles balistiques". Ce qui, je ne suis pas expert en aéronautique, est probablement vrai. Mais ne m'inquiète pas outre mesure, pas plus en tout cas que le lancement d'un satellite belge, dont la technologie de lancement est elle aussi plus similaire à celle des missiles balistiques qu'à celles des frites-mayo. Alors pourquoi Sarko, pourtant peu enclin à avouer sa peur, cowboy qu'il est, est-il inquiet ?
Toujours équipé en baroudeur, je prends mon courage à deux mains et me plonge dans les eaux troubles de l'ONU. Evoluant avec peine dans l'atmosphère lourde et humide de l'organe supranational, j'extirpe d'un buisson de résolutions la suivante (je vous ai mis la traduction cé-fran). Celle-ci s'appuie notamment sur une résolution précédente, que vous trouverez ici, et qui dit globalement la même chose. A savoir que le conseil de sécurité onusien, préoccupé par la volonté iranienne de développer un programme nucléaire, enjoint l'Iran à collaborer avec l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique), ainsi qu'à faire preuve de transparence. Ce qui en langage non-diplomatique, veut dire : arrêtez de jouer avec les atomes, messieurs les mollah, il y a des règles strictes à ce sujet (le TNP, par exemple). Et dont la discussion ne sera pas l'objet de ce (déjà) long article.
Reprenons : Sarkozy s'inquiète parce que l'Iran envoie un satellite dans l'espace, parce que ça ressemble à lancer un missile sur la tete de l'Occident. Et Sarkozy réclame d'intensifier les sanctions, au nom d'une résolution enjoignant l'Iran à stopper son programme nucléaire. On fait rapidement le lien, mais cela nous autorise deux constats :
1- les relations diplomatiques "occidentales" avec l'Iran sont dramatiquement paranoïaques. Le sophisme est évident ("vous lancez un satellite/or lancer un satellite c'est comme lancer un missile (nucléaire)/donc vous voulez lancer un missile (nucléaire)"),et l'élever au rang de discours officiel est ma foi révélateur. Sous prétexte que l'Iran n'a pas rassuré sur sa non-volonté de développer un programme nucléaire militaire (celle-ci n'étant pas avérée, il ne s'agit que de conjectures, certes adossées à quelques indices de l'AIEA), toute avancée technologique iranienne sera donc vécue comme un pas vers la guerre atomique.
2- corollaire du premier point, l'avancée technologique iranienne est nécessairement inquiétante. "Quoi, vous avez inventé le vaccin contre le SIDA ? Mais celui-ci s'appuie sur des souches maitrisées du virus ! Ca veut dire que vous êtes capables de mener une guerre virale contre l'Occident !". Même réflexion avec un moteur d'avion, un nouveau type de colle, ou un sèche-cheveux.
Où veux-tu en venir, me direz-vous si vous avez l'outrecuidance de me tutoyer. Je veux en venir là : cette réaction est conne. Oui, conne. L'Iran est un pays, il siège à l'ONU, il me semble légitime qu'il puisse faire travailler ses savants et ses ingénieurs à autre chose que le tchador anti-transpirant ou le peigne à barbe électrique. Le régime iranien n'est pas des plus sympathiques, je n'ai par ailleurs aucune affinité ni avec les antisémites de la trempe d'Ahmadinejad ,ni avec les grenouilles de minaret qui l'entourent, mais j'ai du mal à voir en quel nom il serait interdit à un pays souverain d'avancer technologiquement. Ou alors pourquoi s'arrêter là ? Pour lancer un missile, il faut le construire, et pour ça il faut de l'éléctronique de pointe : interdisons aux iraniens de concevoir des calculatrices ou des téléphones ! Pour construire une centrale nucléaire il faut du béton : interdisons le BTP !
Bon j'exagère, on dirait une chronique de Philippe Val (sans référence à Spinoza, je ne l'ai pas encore commencé). Mais quand même, je soupçonne un raisonnement parent du célèbre "attention les islamistes menacent notre paisible occident", lui-même fréquemment associé aux non-moins célèbre "attention les arabes on peut pas leur faire confiance". Si c'était une question de régime, on se pencherait aussi sur les avancées chinoises. Si c'était une question "d'équilibre régional", on poserait quelques questions à Israël et ses bombes au phosphore. Et si c'était un problème spécifique à la prolifération du nucléaire, pourquoi Sarko fournit-il Kadhafi en came de haut niveau ?
Non, je veux pas être désagréable, hein, mais si j'étais iranien je crois bien que je lui ferai un petit bras d'honneur, à "l'inquiet" tartuffe qui nous préside.
(d'ailleurs je lui en fais un. Pour la route.)
15:50 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.02.2009
Interlude
Au fait, elle en est où l'enquête sur la dynamite au Printemps ?
18:28 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
1,2,3 sommeil !
Salve de saloperies dans mes journaux de coeur que sont Le Point et Le Figaro.
D'abord, le magnifique Franz-Olivier Giesbert, dont les éditoriaux ont le bon goût d'être aussi courts que ses arguments, nous explique dans son journal que ça sent un peu la mort en France. Difficile de le contredire, sauf que nous n'hûmons pas vraiment les mêmes choses. Là où certains inconscients se bouchent les narines lorsqu'un fumet de sarkozysme décomplexé exhale de son torchon, son nez à lui se tord devant quoi ? Les fonctionnaires et Alain Badiou. Les premiers, parce qu'ils "protestent contre la politique du gouvernement comme ils protesteront demain contre la neige ou la tempête.". Et le second parce qu'il est "le gourou d'une partie de l'intelligentsia française" et "bien la preuve que nous sommes en pleine régression", sur fond d'amour du maoïsme et du sang. HEY, l'INTELLIGENTSIA FRANCAISE, QU'EST CE QUE TU FOUS ? T'as un penseur de calibre 12 qui te signe un prêt-à-penser classe tous les matins pour le prix d'un croissant au beurre, et tu te fais chier à décrypter la prose d'un philosophe qui n'est même pas copain avec BHL ? J'espère bien que lorsqu'ils auront fini de manifester contre la météo, ces abrutis de fonctionnaires se pencheront sur l'intelligentsia de droite, histoire de lui filer un coup de main.
Et puis le mirifique Alain-Gerard Slam, qui s'il nous épargne le point Godwin stalinien, est nettement moins sympa avec nous niveau longueur d'article. Puisque je suis cool, je vous résume : La gauche (= le PS) est ridicule et impuissante, et forcée de faire des trucs de droite, parce que c'est la droite qui est courageuse, audacieuse, et qui dispose des seules solutions viables pour nous sauver de la crise. C'est interminablement tartiné sur quatre écrans de long, et on n'y voit poindre aucun argument, mais si on se faisait chier à justifier ce qu'on dit, on serait pas éditorialiste, nesspa.
Et enfin, mon chouchou, mon idole, celui qui me berce de tendres illusions où l'axe islamo-gauchiste brulerait dans les flammes de la colère populaire et du bon sens, l'inénarrable Ivan Rioufol. Y en a aussi là, et puis là, et là. En forme, Ivan. Haro sur les fonctionnaires (qui font grève pour leurs "emplois protégés"), sur la "tyrannie de la bien-pensance" qui se serait abattue sur F.Lefebvre à l'occasion de sa saillie sur l'abus du droit de grève (ah bon ?), sur l'extrême gauche qui "fait alliance avec l'islamisme" pour cotoyer le "totalitarisme", voire, texto puisque personne ne le dit mieux que lui, "qui affiche son mépris pour la démocratie, en appelle à la rue et fait ouvertement alliance avec l'idéologie totalitaire des islamistes". Chaque jour Ivan m'ouvre un peu plus les yeux, moi le suppôt de l'islamise totalitaire anti-démocratique qui appelle la rue. D'ailleurs.
Hey, la rue.
Hey, les barbus.
Hey, les nazis, les fascistes, les gardiens de goulag et les fans de Robert Hue.
Ca vous dit un pot, un de ces jours ? C'est pour aider un vieux sénile à concrétiser son fantasme.
18:21 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Parisot est magico
Je n'ai pas envie de consacrer un article à cette connasse, mais je ne résiste pas à l'envie de vous faire part de deux articles relevés ce matin.
Le premier nous apprend que l'égérie du MEDEF se scandalise de la décision d'Obama de majorer les salaires des patrons, oubliant - certainement sans malice- qu'il s'agit des "patrons d'entreprises qui recevraient des aides de l'Etat". Curieusement conception de l'Etat, contraint d'appuyer les entreprises en difficulté, et des dirigeants du privé, libres de se goinfrer sur la manne versée par le public à leur entreprise sans rendre de comptes à d'autres que leurs pairs. Comme si les dirigeants n'étaient pas les premiers (les seuls ?) responsables du mauvais état de leur boîte, eux dont le rôle -grassement subventionné par l'entreprise- est de faire les bons choix, d'évaluer correctement les risques, etc...
J'essaie d'imaginer Bernard Thibault réclamant que le RMI soit fixé, non par l'Etat, mais par un collège de chômeurs. Comme ça, pour déconner.
Le second fait un bilan riche et exhaustif de la gestion de l'IFOP et d'Optimum SA par la même. Ces deux entreprises, héritées ou acquises avec les deniers paternels, ne sont pas de flamboyants exemples de réussite capitaliste, même si l'article n'offre pas matière à un jugement arrêté.
D'un côté, je réclame l'impunité pour les patrons. De l'autre, j'en suis un médiocre.
Connasse, c'est bien ce que je disais.
17:49 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Guetta pend
Olivier Besancenot est patient. On peut lui reprocher beaucoup de choses, notamment de contribuer avec plus ou moins de malice à sa propre caricaturisation dans les médias de merde (cf sa prestation chez Drucker), mais s'il est une qualité admirable chez cet homme, c'est bien de résister à l'usure de la répétition. Illustrons, plutôt que d'affirmer.
Besancenot était invité ce matin chez Nicolas Demorand, sur France Inter. A l'heure où j'attrape l'émission, un auditeur pose la question suivante : "Olivier Besancenot, comment pouvez-vous proposer une société, alors que vous opposez les classes entre elles ?". Cette subtile exégèse de Karl Marx, qu'une simple lecture de la page wikipedia de ce dernier éclairerait certainement plus qu'un coup de fil à France Inter, le porte-parole de feu la LCR y répond patiemment, en expliquant que ce n'est pas lui qui oppose les classes, mais qu'elles s'opposent de fait, que c'est ça l'analyse marxiste, et que la lutte des classes n'est pas une fin, mais un moyen. En gros, hein, écoutez l'émission si vous voulez sa réponse précise. L'animateur ne redonnera pas la parole à l'auditeur, on ne saura donc pas si la leçon porte.
Interviens alors Bernard Guetta, "éditorialiste" qui touche ses jetons de présence sur ladite Radio et dans Libé, qui guettait l'occasion de pratiquer son exercice favori : l'assimilation de l'extreme gauche à des guignols. "Olivier Besancenot", dit-il avec gouaille, "cette question de l'auditeur est intéressante, parce qu'elle illustre un fait : vous êtes l'un des hommes politiques les plus populaires du pays, mais personne ne vous veut au pouvoir. Pourquoi ?". Question qu'on s'autorisera à traduire par : bon, Olivier, c'est vrai que vous êtes sympa, mais quand est-ce que vous laissez la politique aux gens sérieux ?
Moi, à la place du facteur, je pense que je m'agace. Que je réponds à mon interlocuteur que cette question est surtout intéressante parce qu'elle illustre à quel point les médias relaient mal le concept de lutte des classes, comment cette expression recouvre un espèce de fantasme sanguinaire qui serait le but ultime de tout parti d'extreme gauche qui se respecte, la preuve, Staline, tout ça. Besancenot, non. Il explique que la LCR, et maintenant le NPA, n'est pas qu'un objet médiatique, qu'il regroupe des syndicalistes, des associatifs, bref des gens qui agissent politiquement, et qu'ils défend une vision de la société différente, mais ancrée dans la réalité, rappelant quelques propositions "politiques" de son parti : possibilité de remettre en jeu un mandat électif en cas de saisie par plus d'un tiers des électeurs, mise en place de comités citoyens ("des soviets, quoi" rectifiera Bernard Guetta, comme si c'était sale), saisie bancaire des comptes d'entreprise subventionnées par l'Etat et procédant néanmoins à des licenciements (suivez mon regard), etc...
On peut être contre ces propositions, les juger malvenues, stupides, inaptes à régler les problèmes du pays. Mais ce n'est pas la position des principaux intervenants médiatiques, dont Bernard Guetta n'est qu'un représentant parmi d'autres, pour qui ces propositions ne visent pas à être concrétisées, mais sont simplement des poses visant à agréger les mécontentements. D'où la perpétuelle rengaine du "mais quand est-ce que vous vous alliez au PS ?", seule preuve acceptable de sérieux de la part d'un parti de gauche.
Je ne suis pas d'accord avec la stratégie de Besancenot visant à fuir coute-que-coute l'alliance avec le PS. J'estime que la gauche ne peut gagner à long terme qu'à la condition que ses représentants s'accordent sur leurs points communs avant de se haïr pour leurs divergences. Besancenot juge que la liberté d'imaginer autre chose qu'une terne sociale démocratie rendue aux arguments idéologiques de la droite est à ce prix. Au vu des dernières années du PS, on ne peut pas lui en vouloir de s'en méfier.
Mais si je ne suis pas d'accord avec sa stratégie, je ne lui prête pas moins la même crédibilité qu'à un Sarkozy, un Bayrou ou une Aubry (je n'arrive pas à mettre "Ségolène Royal" et "crédible" dans la même phrase). Et c'est là où je veux en venir : les mesures proposées par l'extrême gauche, et pas seulement par la LCR, sont systématiquement tournées en dérision ou considérées comme des provocations sans substance. La sanction des actionnaires-voyous est une lubie poujadiste, la non-professionalisation des politiques une vue de l'esprit. Par contre, la dépénalisation de l'abus de bien social ou de la fraude fiscale, ou l'emprisonnement des sans-papiers sont des réformes sensées, courageuses et nécessaires.
Ce jugement de valeur est compréhensible : on ne se départit pas facilement de sa propre idéologie. Mais quand on est "journaliste" ou "éditorialiste", il serait appréciable qu'un effort sur ce sujet soit entrepris de temps en temps, pour que les débats sociaux et politiques ne se bornent pas dans tous les cas à une opposition formelle UMP/PS.
17:25 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.02.2009
Hommage aux victimes des cons
Allez, avec ce dernier éclat de rire (jaune ou rouge ?), la salve s'arrête. "Instituer une journée nationale d'hommage aux victimes des régimes communistes en Europe de 1945 à 1988". Ca sent "Occident" à deux cent kilomètres, c'est complètement inepte, mais soit. Penchons-nous seulement sur la liste des signataires de cette nécessaire proposition de loi.
Christian Vanneste, élu avec les voix du FN, partisan de la peine de mort, homophobe, et surtout auteur de l'amendemant pronant les "bienfaits de la colonisation".
Thierry Mariani, opposant au PACS, auteur de l'amendement sur les tests ADN pour les immigrés, et surtout opposé à une journée nationale du souvenir aux victimes de la Guerre d'Algérie.
Lionel Luca, ancien du MNR, partisan lui aussi de la peine de mort, auteur de la célèbre phrase "ceux qui aux Antilles font toute sorte d'amalgames avec l'esclavage ne crachent pas sur le RMI des anciens colonisateurs".
Les autres sont moins connus, mais on ne doute pas qu'ils aient les mêmes casseroles accrochées à leurs augustes mocassins.
Ca aide à relativiser la portée humaniste de leurs intentions.
13:59 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Souffler sur les Brezet
J'en ai déjà parlé, mais j'en reparle, parce que cet homme me fait rêver. Et parce qu'il berce mes nuits de mille (MILLE) songes vaporeux, je vous remets sa photo.

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Patrick 1000
Ce matin, sur France Inter, Patrick Devedjian est venu nous vendre son majestueux plan de relance, et nous expliquer en quoi le gouvernement non seulement n'a aucune responsabilité dans la crise, mais également pourquoi c'est grâce à lui qu'elle n'est pas plus violente.
Ainsi, à une question d'un auditeur sur l'éventualité d'un retrait du "paquet fiscal" qui a vu 15milliards d'euros s'évaporer des caisses publiques en début de nano-mandat, la réponse de Patou fuse : le paquet fiscal c'est une merveilleuse anticipation du chef de l'Etat, qui, humant dans l'air du soir l'odeur âcre de la crise, avait décidé de relancer - avant l'heure - la consommation française.
Rappelons les principales mesures contenues dans ce paquet :
- desfiscalisation des heures supplémentaires
- réduction de l'ISF en cas d'investissement dans une PME
- crédit d'impôts sur les intérêts d'emprunts immobiliers
- réduction de l'ISF sur la propriété principale
- bouclier fiscal à 50%
- suppression des droits de succession entre époux ou pacsés, réduction de prélèvements pour les autres proches
Le raisonnement était à l'époque le suivant : on file de la thune (ou on en prélève moins) aux gens qui font des heures sup, ont suffisament d'argent pour investir dans des boites, ont suffisament d'argent pour envisager un achat immobilier, ont suffisament de revenus pour atteindre les 50% de prélèvements, et se soucient de n'être pas taxés sur la transmission de patrimoine à leurs proches (bref, aux plus riches), et avec ça ils vont consommer.
Sauf que, proportionnellement à leurs revenus, ce sont évidemment les pauvres qui consomment le plus, particulièrement en période de crise, où les plus riches épargnent. Présenter le paquet fiscal comme une anticipation de la crise est donc un foutage de gueule en règle. C'est au mieux une tentative ratée d'amorcer la pompe à croissance par les dépenses de riches, au pire un cadeau à l'éléctorat "puissant" de droite, mais certainement pas une mesure phare de la lutte pour le PIB.
Dans le genre foutage de gueule, on pourra également citer ce chiffre : 1000 projets pour relancer l'économie. Mille ! Le chiffre qui claque, qui éblouit. La classe pour le gouvernement et pour Devedjian, ça ne chôme pas ! Mille projets conçus et financés en quelques semaines pour sauver le peuple et relancer la France. C'est impressionnant, mais ça l'est nettement plus quand on regarde le détail de ces projets.
En vrac : des mises aux normes (de sécurité, d'hygiène, d'accessibilité,...), des restaurations de monuments, la construction d'un musée, des travaux d'entretien (réseau ferré, routes nationales), constructions de logements sociaux. C'est abondamment commenté ici, mais on s'étonnera derechef de l'extrême hétérogénéité des projets, et surtout de leur rapport fort lointain à la crise et à l'actualité. De là à imaginer qu'on a regroupé dans un même machin l'ensemble des projets publics, jusqu'à arriver à un chiffre cool, uniquement pour donner l'impression de faire quelque chose, il n'y a qu'un pas.
Mais je n'ose imaginer ce gouvernement capable d'esbrouffe et de pipeau. Pas son genre, n'est-ce pas.
11:39 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.01.2009
Il rame, Eric.
Pour rouvrir la parenthèse allitérative "je justifie ma journée de jeudi", j'aimerais en placer une pour Eric Woerth, qui non content d'arborer la coupe de cheveux la plus élégante du monde (la mienne), est un brillant théoricien de l'action publique, comme il a pu en faire la preuve ce matin sur France Inter. Ouvrons les guillemets avec déférence.
"Il y a d’autres moyens pour se faire entendre. On ferait mieux de se serrer un peu les coudes" puis "Qu’ils se démènent, (…) qu’ils bougent, qu’ils ne le fassent pas nécessairement uniquement en défilant ou en râlant! (…) Qu’ils deviennent un acteur de la sortie de crise. Et devenir un acteur de la sortie de crise, c’est quand même me semble-t-il se remonter un tout petit peu les manches et se mettre à travailler plutôt à l’unité du pays."
J'avoue n'avoir pas su, alors, tirer profit de ses conseils, tiraillé que j'étais entre l'envie de chanter la Marseillaise et celle d'aller sous la douche. Mais je m'offre désormais, et devant vous, une séance de rattrapage pour bien prendre la mesure de la bienveillance éveillée du ministre du Budget.
Pour commencer, la méthode. Il existe, nous dit-il, et nous le croyons car il est docte et dégarni, "d'autres moyens de se faire entendre". Merveilleux professeur, il préfère nous laisser les chercher plutôt que de nous les livrer clés en main, conscient qu'on n'apprend jamais autant que dans le doute et l'effort. Alors cherchons, en posant les bases du problème : comment se faire entendre des esprits éclairés qui gouvernent notre pays sans se vautrer dans le grossier et le brouillon de la manifestation ?
Un exemple s'offre à nous, que nous serions bien idiots d'ignorer : Patrick B., maire d'une célèbre bourgade nécessiteuse, s'est vu accorder un prêt de 100 millions d'euros (oui, 100 000 000 euros) dans le cadre du plan de relance. Et quelle démarche pour ce (joli) résultat ? A-t-on vu l'édile battre le pavé comme un vulgaire prof ? S'est-il fourvoyé dans le slogan creux ou dans la pancarte agressive ?
Pas du tout. Un coup de fil à l'Elysée, et hop. C'est plus civilisé que de défiler dans la rue, non ? Voilà ce qu'Eric essaie de nous dire.
Deuxième leçon, devenir "un acteur de la sortie de crise" en deux étapes.
Etape 1 : se remonter un petit peu les manches.
Etape 2 : se mettre à travailler à l'unité du pays.
Deux étapes pour lesquelles il est absolument nécessaire de "bouger" et de "se démener", mais "pas nécessairement uniquement en défilant ou en râlant".
Le message ne vous parait-il pas limpide ? Faites un effort, et chercher ce qui pourrait contribuer positivement à l'unité du pays. Le gouvernement, jamais le dernier pour donner l'exemple, a quelques idées sur la question :
- chasser des sans-papiers et les expulser.
- embarquer les gauchistes, de Paris ou de province
- pointer du doigt les syndicalistes, l'organisation des hopitaux, les juges d'instruction, les mineurs délinquants
Ces activités, qui se doublent d'un salutaire exercice physique (les sans-papiers étant reconnaissables à leur couleur noire, qui leur permet de courir très vite), ne manqueront pas de renforcer la patrie et de nous unir tous sur la bannière glorieuse du bleu, du blanc, et du rouge.
Le bleu pour la peur.
Le blanc pourla justice.
Le rouge pour la colère.
Connard de droite, c'est l'heure de flipper ta mère.
16:33 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Terre de minus
Je m'étais promis de lâcher du lest sur ce blog, de parler de choses légères, de démissions de Charles Villeneuve, de livres d'Anouilh, de Rivers Cuomo, de mon rapport aux vieux films ou au caisson de basse des voisins. Mais c'est dur, de parler de soi, d'abord, et puis ensuite il faut avouer que l'actualité fait rien qu'à me provoquer. Et je cède, inlassablement, à ses provocations.
Dernière en date, Gare Saint-Lazare. C'est l'objet d'un discret paragraphe dans 20minutes, idem dans Libé, je n'ose regarder dans les journaux de droite de peur d'y lire l'avis d'Ivan Rioufol, mais dans tous les cas, c'est discret. Tellement discret que ça semble anodin, comme une coupure de courant ou une rupture de caténaire (quoique ce dernier exemple ne soit pas tout à fait bien choisi), un petit truc infime qui provoque un léger bordel comme on en voit régulièrement, sans y prêter plus d'attention que ça.
De quoi parle-je, vous demandez-vous sans avoir cliqué sur les liens, et je vous comprends, ma prose est prenante. Je parle de ça : vendredi soir, à la suite d'une interruption de trafic gare Saint-Lazare, "des voyageurs ont insulté des agents de la SNCF et ont menacé de leur casser la figure, au point que ces derniers se sont réfugiés dans un local sous la protection de policiers. Des vitres ont également été brisées." Raconté par Libé c'est pire : "Des voyageurs impatients ont encerclé un local d'accueil et ont brisé deux vitres de ce local et craché sur les autres, a constaté un journaliste de l'AFP. De très nombreux voyageurs ont lancé des cris de haine et des insultes contre les agents de la SNCF et les syndicalistes de Sud accusés d'incompétence. Des passagers surexcités par toute une série de dysfonctionnements récents au départ de cette gare, ont pris à partie des agents SNCF, menaçant de leur casser la figure, au point que ces derniers se sont réfugiés dans le local d'accueil du public, sous la protection de policiers."
Indéniablement, il y a du romanesque dans cette histoire d'otages qui prennent à partie leurs tortionnaires. Un peu la version française du vol détourné par ses propre passagers un certain 11 septembre. Au cruel détail près que l'interruption du trafic était dûe à la présence sur les voies d'un imprudent, renversé par un train.
Je ne sais pas vous, mon boucher m'explique qu'il ferme boutique parce qu'un client s'est blessé avec sa scie à jambon, je n'ai pas spécialement envie de lui péter la gueule. Si les pompiers me coupent l'eau pour éteindre un incendie dans l'immeuble, il est assez peu probable que je leur crache dessus, même si je suis en train de faire la vaisselle.
Alors quoi ?
Alors notre éminent président a laché les chiens. Les cheminots grévistes sont irresponsables, ils doivent être punis, et puis s'excuser, aussi, quand leur grève perturbe la vie des usagers (j'aimerais vraiment que quelqu'un de droite m'explique sa conception de la grêvè, puisque si j'en crois le présidentiel imbécile ou ses sous-fifres - Eric Woerth sur France Inter ce matin -, la grève est un droit à la seule condition qu'elle ne fasse chier personne). Livrant ainsi à la vindicte populaire les syndicalistes inconséquents qui empêchent les forces vives de la nation d'aller bosser. Et par extension, les cheminots dans leur ensemble, puisqu'on sait bien que cette profession est essentiellement composés de tires-au-flanc de gauche (pléonasme).
Que les choses soient claires, je comprends l'énervement, voire l'égarement des gens bloqués dans les gares. Je le déplore, c'est le signe d'une crasse bêtise et d'une conception (à mon sens) méprisable du service public, dû puisque payé par ses impôts, mais pour avoir déjà vécu quelques grèves (je m'obstine à écrire "grêve", je dois avoir envie de mer) parisiennes, les nerfs sont vite en pelote, et quand on est enervé on prend le premier coupable venu. Quitte à en avoir honte après, et j'espère très fortement que les abrutis de vendredi s'en veulent.
Mais comment s'étonner de ces réactions violentes, vulgaires, et bestiales, quand elles sont refletées jusqu'au sommet de l'Etat. Le discours vindicatif du pitre en chef et de ses sbires n'est-il pas le premier responsable de cette atmosphère de merde ? A crier haro sur le syndicaliste, on prend le risque de la bavure au premier problème venu. A quelques jours d'une manifestation nationale, c'est évidemment une excellente idée.
Je n'ai pas mentionné cette grève éclair de SUD rail, aussi en profite-je pour dire mon incrédulité. Des gens interrompent leur travail pour rendre hommage à un collègue agressé, faisant preuve d'une exemplaire solidarité en même temps que d'une conscience collective respectable, et que fait-on ? On hurle. On s'indigne. Mais monsieur et ma réunion de 9h30 ? Qu'essj'en ai à foutre de ton collègue, et mes enfants à la crêche ? Mon incrédulité, j'exagère, je sais malheureusement trop combien le nombril est le seul maitre étalon de nombre de mes concitoyens (le mien aussi, peut-être, mais pas quand j'écris à tête reposée). Je dirai donc plutôt ma tristesse, en même temps que je donnerai quelques conseils à ces mêmes concitoyens pour aller jusqu'au bout de leur logique : huez donc les minutes de silence., ces marques insupportables d'émotion pour des mecs qu'en général vous ne connaissez pas, et qui vous gâchent un morceau de votre loisir payant.
La foule (cassdédi) est souvent conne (pas cassdédi), ce n'est pas neuf. La rôle des "responsables", c'est de désamorcer sa sauvagerie intrinsèque, d'éclairer l'individu pour qu'il agisse en toute compréhension et non emporté par la (pleutre) vague du nombre. Le rôle de Nicolas Sarkozy, ou de Guillaume Pépy, c'était d'analyser la nature et les racines du problème, pas de pointer du doigt d'éventuels coupables.
Voilà pourtant la seule chose que les "responsables" savent encore faire : désigner les fautifs. Réprimer ou menacer. La police, la sanction, "l'encadrement" (du droit de grève ou du travail parlementaire), l'appel inepte au bon sens de l'évidence. C'est moins fatiguant que d'expliquer, ou pire, de comprendre.
Ce pays pue le fascisme qui vient.
12:13 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.01.2009
Rendez-vous
On me dit, non sans raison, que la manifestation est inefficace. Qu'elle a trop souvent tendance à mobiliser contre, à rassembler les colères plutôt qu'à agréger les énergies, à dissiper la volonté d'agir dans le slogan provocateur et vain.
C'est vrai, tout est vrai, il existe de bien meilleurs moyens de lutter pour changer ce qui doit l'être. Il y a le dialogue, il y a le compromis, il y a le chaque chose en son temps et, surtout, patience et longueur de temps.
Mais le compromis n'existe qu'à l'aune du rapport de force, et celui-ci penche dramatiquement du côté de la matraque et des stock-options. Tant que le sarkozysme et ses satellites se sentiront en sécurité, sereins dans leurs mots creux et leurs contre-sens, le temps jouera pour eux. Tant qu'ils pourront lire le silence comme un encouragement et non comme une menace, tant qu'ils auront le sentiment d'avoir les mains libres, à l'abri des regards braqués sur les contre-feux qu'ils allument (ON S'EN FOUT DE VOS ENFANTS DANS VOS CRECHES FLAMANDES, ON S'EN FOUT DE VOS COMING-OUT ELECTORAUX, ON S'EN FOUT DE VOS BOURRASQUES LANDAISES), le dialogue sera sans substance.
Avant de discuter, on pose les forces en présence, sans quoi le fort présumé l'emportera toujours. Voilà le sens de la manifestation. Elle n'est pas une fin, la forme ultime et définitive de la lutte sociale, elle est une démonstration de force dans sa plus simple expression : celle du nombre.
17:12 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.01.2009
Pignon sur haine
Bon. Les appels multipliés à l'apaisement, c'est bien, mais le plus urgent n'est-il pas de faire taire nos amis du Figaro ?
Autant de "chroniqueurs" référencés sur le site du quotidien qui vomissent leurs conneries sur l'islam et les arabes, assimilent Israël et juif, et crachent sur les pacifistes, les gauchistes, les antiracistes, en les taxant tous, sous de fallacieux prétextes irréfutables parce qu'absolument dépourvus de logique, d'antisémitisme.
C'est bien beau de relayer les appels au calme et à la modération, mais interdire aux prédicateurs du choc des civilisations de se répandre en vilénies racistes, ce serait un bon début.
C'est à pleurer.
13:47 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mélange dérange
Edifiante tribune de Raphael Haddad (président de l'UEFJ, qui signait déjà une tribune dans Libé il y a deux semaines) dans Le Monde, sur le thème désormais bien connu du "n'importons pas le conflit en France", repris en coeur par l'ensemble des rédactions nationales à la suite de la ministre de l'Intérieur.
Le fond de son discours n'a rien de condamnable : les abrutis qui commettent des actes antisémites sous prétexte de protester contre le comportement d'Israël à Gaza n'ont rien de défendables. Et être juif en France (ou ailleurs) ne doit évidemment exposer à aucune "sanction" pour la politique menée par l'état hébreu.
Le problème est dans la forme, ou plutôt dans le "fond sous-jacent" de l'article, qu'on pourrait supposer maladroit mais qui a mon avis est tout à fait maitrisé (on écrit pas trois fois par mois dans les grands médias français sans controler un minimum les différents niveaux de lecture de son discours). Qu'ai-je à reprocher à la forme ?
1. La disproportion (chère à Glucksmann) du champ sémantique utilisé pour décrire l'antisémitisme. "Terrifiante recrudescence", " notre cauchemar", "véritable déchaînement", " des slogans abjects", Raphael n'est pas avare de superlatifs flippants pour nous retranscrire la montée des actes qu'il rassemble sous le terme de "nouvelle vague d'antisémitisme". Quels actes ? Des "vitrines casher brisées", "une adolescente juive est bousculée et traitée de "sale juive !", pas tout à fait la tornade de scandales qu'il nous promet. Le seul évènement qu'on peut juger vraiment grave est l'incendie d'une synagogue à Toulouse, qui suffit d'ailleurs à lui-même à justifier son appel au calme et à la vigilance. L'outrance dans un appel au calme, c'est un peu comme jeter de l'essence sur un briquet.
2. L'opposition de l'antisémitisme aux autres racismes. Ou plutôt sa surélévation. On rappelera opportunément qu'il y a moins d'un mois, la mosquée de Lyon a été incendiée. Qu'un cimetière musulman a été souillé. Et on ne s'amusera pas à dénombrer le nombre d'agressions (verbales ou physiques) racistes envers des arabes ou des noirs. L'antisémitisme est, comme le racisme, affaire de crétins, qu'il faut renvoyer à la même crasse intellectuelle, et vouer aux mêmes gémonies. Pointer l'antisémitisme et pas les autres racismes, c'est, pour reprendre la très juste expression de l'auteur, "renvoyer dos à dos, dans une lecture communautariste et déresponsabilisée" les juifs et les autres. Donc alimenter le "conflit".
3. L'utilisation du même amalgame que celui dénoncé. Raphael mentionne à plusieurs reprises les liens entre les actes antisémites récemment constatés et les manifestations pro-palestiniennes. Ne soyons pas naïfs, ce lien est évident : les crétins mettent à profit l'expression d'une opposition à Israël pour assouvir leurs pulsions haineuses anti-juives. Taire ce lien est une malhonnêteté intellectuelle. Malheureusement, le juger comme "inhérent" à l'expression pro-palestinienne, c'est aussi une malhonneteté intellectuelle. Raphel pointe ainsi, dans la liste des actes antisémites, "des drapeaux d'Israël ont été brûlés". Ce n'est pas antisémite. C'est anti-israëlien. Confondre les deux, c'est dire les juifs = Israël, et de façon bijective, Israël = les juifs. On ne peut pas à la fois dénoncer la confusion des manifestants qui foncent vers une synagogue comme si elle était une ambassade sioniste, et en même temps identifier le rejet d'Israël au rejet des juifs dans leur ensemble.
Voilà bien le drame de ces multiples refus "de l'importation du conflit en France". Cette expression est vide de sens, donc elle peut s'emplir de tout et n'importe quoi. De quel conflit parle-t-on ? Israel contre le Hamas, ou juifs contre arabes ? Seul le second cas permet d'envisager une importation, puisqu'à ma connaissance, aucun citoyen israelien ni aucun membre du Hamas ne se sont livrés à des agressions mutuelles sur le sol français. A l'inverse, protester vigoureusement contre la politique israelienne, appeler au boycott, crier "Israel assassin", ne relèvent absolument pas d'une "importation du conflit", mais d'une salutaire expression collective de convictions politiques et morales.
Tant que se multiplieront les tribunes embrouillées et brûmeuses, on ne fera qu'alimenter ce qu'on redoute.
Ajout 13h30 : Voilà, il arrive ça, par exemple.
Pour finir sur une note un peu ludique, je vous propose d'essayer de deviner le sens de l'éditorial de Philippe Val dans Charlie Hedbo, dont le titre est prometteur quant à la qualité du discours.
Dans quelques heures, je vous propose mon interprétation.
11:55 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Démocrassie
"Les responsables israéliens en charge de l'organisation des élections ont interdit lundi aux partis politiques arabes de se présenter lors du scrutin anticipé du 10 février prochain." (Associated Press via Yahoo)
Nous rappellons à nos aimables lecteurs que l'état Hébreu est un oasis de liberté et de civilisation, luttant sans rompre contre les hordes barbares des obscurantistes musulmans.
Plus sérieusement, à ce jour, un seul état a pris des décisions fortes pour protester contre les lourdes violations du droit international par Israël : le Venezuela d'Hugo Chavez, qui a expulsé l'ambassadeur israëlien le 06 janvier.
Le courage politique, c'est un peu comme les cheveux : quand on n'en a pas, ça se voit.
10:37 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.01.2009
Rectificatif
Oubliez l'article précédent de ce blog, et lisez ça.
14:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
De quoi le Hamas est il le nom ?, par BHL
Bon. Je ne cache pas que je l'attendais depuis un moment. Il est tombé hier : l'avis (docte) de BHL sur les évènements de Gaza, réhaussé d'une très belle photographie de lui, regard alerte et sourcils concernés.
Après quelques rappels biographiques bienvenus ("N’étant pas un expert militaire", "je suis évidemment bouleversé, moi aussi, par les images d’enfants palestiniens tués"), mais rapidement expédiés par un élégant "cela étant dit", BHL attaque avec ses traditionnels rappels factuels en N points, le tout pour répondre au "vent de folie qui semble, une fois de plus, comme toujours quand il s’agit d’Israël, s’emparer de certains médias". Quels sont ces points factuels :
1- Israël est quand même grave patient. "Aucun gouvernement au monde, aucun autre pays que cet Israël vilipendé, traîné dans la boue, diabolisé, ne tolérerait de voir des milliers d’obus tomber, pendant des années, sur ses villes". La mise en perspective avec l'Afghanistan, l'Irak, les pays des Balkans, ou le voisin palestinien pourrait contredire cette déclaration, mais l'on oublie une chose : il ne s'agit pas vraiment de pays. Ce sont des "régions", des "zones", qui ne sont pas gouvernées mais "contrôlées par des tribus". Pour ne jamais confondre un pays d'un non-pays, je vous propose un critère simple : dans un pays, on trouve des magasins qui vendent des livres de BHL. Mais interrogeons nous également sur ce que veut dire BHL ? Quel "fait" se cache derrière cette considération ? Eh bien il nous dit que "le vrai sujet d’étonnement, ce n’est pas la « brutalité » d’Israël-c’est, à la lettre, sa longue retenue". Car, sachez-le, il n'y a, dans un problème donné, qu'un seul "vrai" sujet d'étonnement. Si vous vous étonnez de plusieurs choses, vous êtes nécessairement dans l'erreur. C'est dommage, car j'étais prêt à m'étonner des deux. Et s'il faut en choisir une, j'aurais tendance à juger plus soufflant Israel qui bombardes des écoles de l'ONU, plutot qu'Israel qui fait preuve de patience en étouffant et occupant 80% du territoire dévolu à ses voisins.
2 - S'il y a peu de victimes du côté de l'état hébreu, ce n'est pas que l'ennemi manque de moyen, c'est que les Israéliens se protègent super bien. Ce qui leur vaut une "une existence de cauchemar" (malgré les livres de BHL). Argument massue : "je suis allé à Sdérot, je sais". Il SAIT. Nous, qui n'y sommes jamais allé, supposions en revanche que les locaux traitaient ces roquettes comme une petite perturbation météorologique, "oh le temps se gâte, allons à l'abri anti-atomique", etc...Heureusement BHL nous éclaire. Malheureusement, l'articulation logique entre "le Hamas ne manque pas de moyen, la preuve, l'existence des habitants de Sderot est toute pourrie" nous échappe. Ainsi, si l'on fait caca tous les jours sur le paillasson de notre voisin du dessous, on peut légitimement parler d'existence de cauchemar pour lui, sans pour autant estimer que l'on dispose de moyens offensifs flippants. Le fait que nous présente BHL n'est pas "Le Hamas dispose de moyens conséquents", mais "les habitants de Sderot souffrent". Personne n'en doutait, coco.
3. Si les israéliens font des victimes, c'est parce que le Hamas met des civils dans leur ligne de mire. Il ne s'agit donc pas d'un "massacre délibéré" ("comme le braillaient les manifestants de ce week-end"), mais de dégats collatéraux, qui sont la faute de l'ennemi. Là, ça commence à douiller sévère dans la vilénie. Quand l'armée israëlienne bombarde une école, ou plus récemment une maison abritant (de sa propre initiative) des civils, et fait des dizaines de morts, c'est la faute du Hamas, qui pourrait quand même faire l'effort de rassembler ses lance-roquettes à terrain découvert. Le cinquième point nous éclaire d'ailleurs un peu plus sur la différence fondamentale entre les victimes palestiniennes et celles de Sderot : "les Palestiniens (notez "les palestiniens, hein. Pas "Le Hamas") tirent sur des villes, les Israéliens ciblent des objectifs militaires". S'il arrive occasionnellement que les objectifs militaires soient des batiments publics, des maisons habitées, ou des chauffeurs de l'ONU, c'est malheureux, mais c'est la guerre, ma bonne dame. De toute façon, est-ce qu'on peut vraiment considérer comme "civils" les habitants de Gaza qui contribuent à tirer sur les villes ? Ce sont des "objectifs militaires", ne vous en déplaise.
4. L'armée israëlienne fait preuve de beaucoup de bonne volonté, puisqu'elle téléphone aux Gazaouis avant de les bombarder (je vous jure que je n'invente pas, BHL écrit ça noir sur blanc). Au dela du détail de l'absence d'électricité dans l'écrasante majorité de la bande de Gaza (bombarder les centrales a quelques conséquences, ami, même si tu n'es pas "expert militaire"), on ne peut que s'offenser de l'ingratitude des Gazaouis, qui ne daignent même pas souligner la générosité des bouchers qui massacrent leurs enfants, en répondant poliment au coup de fil qui leur annonce qu'on va détruire leur maison et ceux qui seront dedans. Ces arabes ne font preuve d'aucune correction.
5. Je ne vois pas de quel blocus vous parlez. BHL nous explique que si, l'aide humanitaire passe bien (les responsables de l'ONU sont donc tous d'une incroyable mauvaise foi), que les hopitaux israëliens ne désemplissent pas des blessés palestiniens (lorsqu'ils arrivent à se trainer en rampant jusqu'aux urgences, bien sur, mais il faut savoir faire quelques efforts), bref, qu'il ne voit pas trop pourquoi les médias occidentaux insistent autant sur un blocus qui n'existe que dans leurs articles.
Bon j'ai la flemme de conclure, ça m'énerve et ce type m'emmerde avec ses oeillères et ses arguments fallacieux. Lisez lui la convention de Genève et la charte de l'ONU, et on en parle plus.
14:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








