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18.11.2005

Ce weekend

Bruxelles, ses frites, son atomium, son palais royal, son musee de la Bande-Dessinee.

Bruxelles, ses petites rues tortueuses, ses grandes avenues rectilignes, ses belles places ombragees, ses marches.

Bruxelles, sa population cosmopolite, ses deux langues officielles, son accent rigolo.

Tout ca, je ne le verrai pas.

Par contre ses caves, ses goths, ses verres en plastique, sa musique bizarre, ses etiquettes, ses gens bourres, attention, me voila !

17.11.2005

Revue depressive

International :

Le ministre anglais des Affaires Etrangeres, Jack Straw, a admis ce matin l'utilisation d'armes au phosphore blanc par les forces britanniques en Irak, réagissant ainsi au meme aveu de la part du Pentagone, cela quelques jours apres l'avoir ferocement nié. Bien sur, ces armes ne visait pas les civils et ne vont donc pas a l'encontre des accords internationaux sur l'usage des armes chimiques. Certains soulignent cependant qu'en l'état, américains et britanniques ont unilatéralement entrepris un conflit armé dans le but de prevenir l'utilisation d'armes chimiques et de destruction massive, en utilisant eux memes des armes chimiques et de destruction massive. Ce ne sont plus des couleuvres, c'est le monstre du Loch Ness.

France :

Nicolas Sarkozy est au plus haut dans les sondages. Comme quoi brasser du vent et montrer les dents, ca paie plus que de refléchir. L'homme est un loup pour l'homme, mais plus souvent encore c'est un mouton.

Economie :

Les Etats-Unis, toujours a la pointe en terme d'oecuménisme, gardent le controle des noms de domaine Internet, et ce malgré la pression de tres nombreux pays a travers le monde qui militaient pour que ce controle soit dévolu a l'ONU. Motif avancé : on ne peut pas prendre le risque de voir des dictatures exercer une injuste censure sur les sites dissidents. L'axe du mal a tellement bon dos qu'il va finir par se choper un lumbago.

Culture :

NRJ est toujours la radio la plus ecoutée en France. Des animateurs monosyllabiques, une programmation musicale quantitativement rachitique et qualitativement gerbante, une pub par minute en moyenne, et un traitement de l'actualité a mi-chemin entre le 13h de Jean-Pierre Pernaud et M6 Kid. Ne reste plus qu'a esperer que l'echantillon interrogé par les sondeurs était en rééducation au sein du departement audio-prothesiste de la Pitié-Salpetriere.

People :

La cérémonie d'intronisation du prince Albert II de Monaco qui se tient ces trois prochains jours donne lieu a moult hommages de la part du gratin international, et bénéficie d'une couverture médiatique a faire vomir un gamin du Darfour s'il avait encore quelque chose a regurgiter. Il est vrai qu'il est plus chatoyant de louer les graces d'un roitelet en bobsleigh que d'évoquer le manque de tenue de ces affamés africains qui n'ont meme pas la décence de cacher leurs cotes saillantes sous une djellabah. Et puis l'evasion fiscale interesse moins "les gens" que les amours torturés d'une analphabete au sang bleuatre. Désolé Pierre, la Bastille n'est plus qu'un opéra.

 Sport :

Au sortir d'une rencontre de barrages houleuse pour la Coupe du Monde de football 2006 opposant Suisse et Turquie a Istanbul, les joueurs helvetes ont été pris a parti (euphémisme) par des joueurs turcs fous de rage, soutenus par un service de sécurité moins attaché a la faire respecter qu'a venger l'honneur de son pays a coups de pied. Bilan : un joueur suisse gravement touché a l'uretre, deux autres ainsi que l'entraineur des gardiens légerement blessés, et une condamnation sublime de determination par le président de la FIFA : "Nous pouvons aller jusqu'a leur interdire les éliminatoires de la Coupe du Monde 2010". Difficile de déterminer ce qui est le plus triste entre la violence imbécile des crétins du Bosphore, la pusillanimité de dirigeants pleutres et irresponsables, et les réactions xenophobo-malhonnetes des opposants a l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Une chose est sure, messieurs, vous rendez service au football.

 

A part ca, la vie est belle, et le soleil a meme le bon gout de briller sur un Londres matinal.

15.11.2005

Maintenant qu il fait tout le temps nuit sur toi

Hier j'ai lu, quasiment d'une traite, le bouquin de Mathias Malzieu Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi. Plus connu (pour l'instant) comme chanteur du groupe Dionysos, ce monsieur avait deja fait parler sa plume pour un recueil d'histoires fantastiques destinees aux enfants, 38 mini westerns. Mais ici, et meme si l'on retrouve le ton fantastique et loufoque de son precedent ouvrage et de ses chansons, ce n'est plus pour les enfants. Bien sur, ceux-ci pourront aimer l'histoire de ce heros auquel un geant bienveillant offre une ombre magique, mais la richesse de ce livre n'est pas la. Non, elle est dans la douleur qui suinte des pages de ce livre, dans ce desespoir sourd qui tord le heros parce que sa mere est morte, parce que sa mere n'est plus la, parce qu'il ne peut s'habituer au vide et aux ombres qu'elle laisse derriere elle, a sa place.

L'histoire commence a 19h30, heure a laquelle la mere de Mathias s'eteint a l'hopital de Valence. Alors qu'il attend sur le parking son pere et sa soeur qui sont partis chercher des habits pour la morte, terrasse par un deuil impossible,  Giant Jack lui apparait. Geant fantasque mais vite sympathique, il confie au heros un bout de son ombre, censee l'aider a surmonter l'epreuve, et a le preparer a la vie avec ce vide et cette douleur. Le livre raconte la complicite du heros et de ce geant, et les aventures de Mathias avec ce nouvel accessoire.

Mais le but de l'ouvrage n'est pas la, il ne s'agit pas simplement d'un delire mi-pueril mi-macabre issu d'un esprit loufoque. C'est une catharsis, un exutoire, un travail de deuil par la plume plutot que par les larmes. C'est pudique, c'est terriblement touchant, et c'est ecrit avec le rythme saccade de celui qui hesite entre le sanglot et l'eclat de rire.

Au risque de tomber dans le poncif, on aime ou on n'aime pas l'univers de Dionysos (qui transparait evidemment beaucoup dans ce livre). Mais si l'on s'habitue a l'imaginaire du chanteur, et a son ton ni tout a fait grave, ni tout a fait leger, on ne peut qu'etre touche par un propos qui parle a tous. Qu'on ait vecu un deuil de pres, ou de plus loin, il est des sentiments qui sentent l'authencitite a un tel point qu'on se les approprie, qu'on les ressent a son tour, et qu'on exorcise un peu, au fur et a mesure que Mathias apprend a domestiquer sa douleur, les epreuves qu'on a soi meme vecu.

Conseil de lecture : Immergez vous dans une musique triste et douce, ca decuple l'emotion de ce livre (au hasard, le dernier album de Sigur Ros).

En plus : Cette lecture eclaire d'un jour forcement nouveau le dernier album de Dionysos, Monsters in Love, qui reprend un certain nombre d'images et de situations issues du livre.

 

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