15.06.2006

Etat gris pâle

Je lutte en permanence, et depuis au moins 2 minutes, contre mes vélléités pontifiantes d'emphase métaphysico-péremptoires. J'ai une envie folle de pondre un pavé boursouflé de grandes tirades sur la vie qui est décidément bien complexe, l'esprit qui est décidément bien con tout court, et le rapport à son prochain qui ne manque pas de mobiliser le second alors que bon, il est con, on l'a déjà dit. MAIS, parce que j'ai encore un peu de compassion polie pour les yeux fragiles et conciliants qui s'aventurent ici, je préfère parler légèrement de choses légères que gravement de choses graves. Grave.

Ainsi, j'aimerais attirer votre attention sur  un drame banal et néanmoins cruel : il fait gris. Outre que cela augure de quelques averses peu souhaitables, cette nouvelle donne météorologique pose quelques problèmes d'ordre esthétique. En effet, La Défense sous un ciel bleu et hyperbolique et vice et versa, c'est supportable, à quelques frustrations estivales près. Mais La Défense sous la grisaille, c'est à se pendre. Les bâtiments sont ternes, les gens sont ternes, alors si le ciel s'y met, c'est plus qu'un appel à la mélancolie déprimée. Et quand en plus, en ces temps glorieux de Coupe du Monde, l'affiche de l'après-midi est un réjouissant Equateur - Costa-Rica, on se prend à penser qu'on serait mieux ailleurs, et loin. Ou à attendre l'étincelle qui nous regonfle de l'intérieur. Ne le dites à personne, mais j'ai appris dernièrement qu'elle se fait moins rare qu'on ne le croit.

Finissons par une édifiante citation de Monsieur Jean-René Voltaire :

"Qu'on soit gris ou grisé, l'important c'est de ne point la conclusion bâcler." 

Commentaires

Merde j'ai mis une chemise grise aujourd'hui. Mais elle est jolie.

Ecrit par : Tigermilk | 15.06.2006

Les commentaires sont fermés.