02.09.2008

Inique et SuperFétatoire

Il était 13h12, je mâchais sans conviction un morceau d'avocat un peu trop impregné de jus de citron provenant de ma salade quotidienne, lorsque la lumière m'a frappé, plutôt comme un violent direct dans la joue que comme l'aimable rai de chatoyance céleste que je vous vois imaginer, biberonnés que vous êtes au cliché visuel. Elle m'a frappé, et je m'en voudrais de garder pour moi cette illumination. Permettez que je vous l'introduise (la lumière).

La lumière s'appelle Laurence. Son nom commence comme la capitale de la France, et finit comme un con. Laurence aime l'argent, l'UMP, et se poser un doigt sur la tempe pour montrer qu'elle réfléchit. Laurence est la patronne des patrons français, c'est donc loin d'être la moitié d'un étron. Laurence connaît très bien les rouages de l'économie, sinon elle ne serait pas si riche (l'héritage de son grand-papa est un détail de l'histoire).

Aujourd'hui, Laurence s'attaque aux problèmes de l'économie française. En effet, elle sait que le plus gros problème de notre pays aujourd'hui, c'est que quand les gens ils veulent devenir riches, ils peuvent pas, parce qu'on leur prend tout ce qu'ils gagnent. Alors, de desespoir, ils s'en vont être riches ailleurs, et forcément, on s'appauvrit. "Comment voulez-vous qu'on puisse continuer à créer des entreprises, à investir dans des entreprises si nous n'avons plus le capitaliste prêt à risquer son argent dans une entreprise ?", lance-t-elle rageusement à la face de nos instances immobilistes. "L'ISF nous a abimé de ce point de vue là de façon catastrophique.", conclut-elle. Nos équipes cherchent actuellement à déterminer qui se cache derrière le "nous", mais les premiers résultats de l'enquête nous orientent vers un discret collectif de généreux humanistes qui préfèrent rester anonymes par pure modestie. Mais nul doute n'est permis : amis, l'ISF nous abîme. Mais qu'est ce que l'ISF ?

L'ISF est une invention soviétique, voire nazie (antisémite en tout les cas, vous dirait BHL), qui vise à voler aux gens productifs (les directeurs de fonds de pension, les princes saoudiens, les grands héritiers,...) pour donner aux fainéants improductifs (les fonctionnaires, les chômeurs, les familles africaines qui font beaucoup d'enfants sans respect aucun pour nos fils et nos compagnes,...). Ce concept issu des heures les plus noires de notre histoire (j'emprunte cette superbe image à Philippe Val, il l'utilise tellement qu'il ne s'en formalisera pas) repose d'ailleurs pour l'essentiel sur une escroquerie de gauchistes : l'idée que l'on pourrait vouloir contribuer au bien commun dans l'espoir dans bénéficier plutôt que de s'acheter un pied-à-terre dans le Vème. On note d'ailleurs une cruelle dégradation lorsqu'on lit le sigle de cette horreur de gauche à droite : Impôt (berk) de Solidarité (hihi) sur la Fortune (bien !).

Cet impôt (berk) frappe de plein fouet toutes les personnes physiques (les personnes morales - les entreprises par exemple - n'étant pas concernées) touchant à peine 770k€ net par an, les plongeant souvent dans une misère noire, comme le montrent les chiffres suivants :

- une personne touchant entre 770k€ et 1 240k€ s'acquittera chaque année d'un impôt compris entre 0 et 2585€
- une personne touchant entre 7 360k€ et 16 020k€ s'acquittera chaque année d'un impôt compris entre 71 290 et 214 180 €

Franchement, c'est beaucoup. On comprend que le "capitaliste" (terme générique qui comprend le PDG, le chanteur, ou le footballeur) s'enfuie à grandes enjambées pour éviter le couperet de la spoliation.C'est d'une machine à liquider nos fleurons économiques que nous parlons.

Il est du devoir de l'homme de bonne volonté de lutter contre cette discrimination anti-gagnants. Il est temps de cesser l'apologie de la médiocratie, et de promouvoir ceux qui osent sans les opprimer ni les priver du juste usufruit de leur labeur.

Laurence dirait en conclusion que ce serait ""la meilleure façon de conserver des investisseurs dans notre pays et la meilleure façon de faire venir d'autres investisseurs qui avaient quitté notre pays"

C'est un enjeu qui dépasse et de loin notre simple confort individuel, et je vous enjoins dans le sillage de Laurence à peser de tout votre poids pour que cesse ce scandale.

PS : J'en profite pour vous recommander "Rêves de Gauche : défaire l'imaginaire Blumien" par Cholla Monnaie. C'est très très bien.

Commentaires

C'est vrai que l'espoir dans bénéficier c'est mieux que le moral d'en les chaussettes.

Ecrit par : Bew | 21.10.2008

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