26.01.2009

Rendez-vous

On me dit, non sans raison, que la manifestation est inefficace. Qu'elle a trop souvent tendance à mobiliser contre, à rassembler les colères plutôt qu'à agréger les énergies, à dissiper la volonté d'agir dans le slogan provocateur et vain.

C'est vrai, tout est vrai, il existe de bien meilleurs moyens de lutter pour changer ce qui doit l'être. Il y a le dialogue, il y a le compromis, il y a le chaque chose en son temps et, surtout, patience et longueur de temps.

Mais le compromis n'existe qu'à l'aune du rapport de force, et celui-ci penche dramatiquement du côté de la matraque et des stock-options. Tant que le sarkozysme et ses satellites se sentiront en sécurité, sereins dans leurs mots creux et leurs contre-sens, le temps jouera pour eux. Tant qu'ils pourront lire le silence comme un encouragement et non comme une menace, tant qu'ils auront le sentiment d'avoir les mains libres, à l'abri des regards braqués sur les contre-feux qu'ils allument (ON S'EN FOUT DE VOS ENFANTS DANS VOS CRECHES FLAMANDES, ON S'EN FOUT DE VOS COMING-OUT ELECTORAUX, ON S'EN FOUT DE VOS BOURRASQUES LANDAISES), le dialogue sera sans substance.

Avant de discuter, on pose les forces en présence, sans quoi le fort présumé l'emportera toujours. Voilà le sens de la manifestation. Elle n'est pas une fin, la forme ultime et définitive de la lutte sociale, elle est une démonstration de force dans sa plus simple expression : celle du nombre.

A jeudi.

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