03.02.2009
Patrick 1000
Ce matin, sur France Inter, Patrick Devedjian est venu nous vendre son majestueux plan de relance, et nous expliquer en quoi le gouvernement non seulement n'a aucune responsabilité dans la crise, mais également pourquoi c'est grâce à lui qu'elle n'est pas plus violente.
Ainsi, à une question d'un auditeur sur l'éventualité d'un retrait du "paquet fiscal" qui a vu 15milliards d'euros s'évaporer des caisses publiques en début de nano-mandat, la réponse de Patou fuse : le paquet fiscal c'est une merveilleuse anticipation du chef de l'Etat, qui, humant dans l'air du soir l'odeur âcre de la crise, avait décidé de relancer - avant l'heure - la consommation française.
Rappelons les principales mesures contenues dans ce paquet :
- desfiscalisation des heures supplémentaires
- réduction de l'ISF en cas d'investissement dans une PME
- crédit d'impôts sur les intérêts d'emprunts immobiliers
- réduction de l'ISF sur la propriété principale
- bouclier fiscal à 50%
- suppression des droits de succession entre époux ou pacsés, réduction de prélèvements pour les autres proches
Le raisonnement était à l'époque le suivant : on file de la thune (ou on en prélève moins) aux gens qui font des heures sup, ont suffisament d'argent pour investir dans des boites, ont suffisament d'argent pour envisager un achat immobilier, ont suffisament de revenus pour atteindre les 50% de prélèvements, et se soucient de n'être pas taxés sur la transmission de patrimoine à leurs proches (bref, aux plus riches), et avec ça ils vont consommer.
Sauf que, proportionnellement à leurs revenus, ce sont évidemment les pauvres qui consomment le plus, particulièrement en période de crise, où les plus riches épargnent. Présenter le paquet fiscal comme une anticipation de la crise est donc un foutage de gueule en règle. C'est au mieux une tentative ratée d'amorcer la pompe à croissance par les dépenses de riches, au pire un cadeau à l'éléctorat "puissant" de droite, mais certainement pas une mesure phare de la lutte pour le PIB.
Dans le genre foutage de gueule, on pourra également citer ce chiffre : 1000 projets pour relancer l'économie. Mille ! Le chiffre qui claque, qui éblouit. La classe pour le gouvernement et pour Devedjian, ça ne chôme pas ! Mille projets conçus et financés en quelques semaines pour sauver le peuple et relancer la France. C'est impressionnant, mais ça l'est nettement plus quand on regarde le détail de ces projets.
En vrac : des mises aux normes (de sécurité, d'hygiène, d'accessibilité,...), des restaurations de monuments, la construction d'un musée, des travaux d'entretien (réseau ferré, routes nationales), constructions de logements sociaux. C'est abondamment commenté ici, mais on s'étonnera derechef de l'extrême hétérogénéité des projets, et surtout de leur rapport fort lointain à la crise et à l'actualité. De là à imaginer qu'on a regroupé dans un même machin l'ensemble des projets publics, jusqu'à arriver à un chiffre cool, uniquement pour donner l'impression de faire quelque chose, il n'y a qu'un pas.
Mais je n'ose imaginer ce gouvernement capable d'esbrouffe et de pipeau. Pas son genre, n'est-ce pas.
11:39 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








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