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18.02.2009

Scoop

De source sûre, le cabinet de sécurité israélien aurait annoncé le rejet de la proposition de trêve du Hamas, au motif qu'elle désignerait Israël par le mot "Israël", et non par "Terre du peuple élue interdite aux arabes sauf ceux qui la ferment". Les décisionnaires hébreux auraient également pris comme une provocation l'absence de formule de politesse dans la lettre adressée à l'Etat par l'organisation islamiste. "Pas le moindre "bisou" en bas de la page, c'est un comportement insultant et inadmissible. Israël se réserve le droit d'y apporter la riposte qu'elle jugera appropriée" aurait déclaré, furieux, Ehud Olmert, avant de coiffer son entonnoir et de s'éloigner sur un tricycle rouge.

Dans la bande de Gaza, à l'occasion d'une cérémonie islamiste de sacrifice de vierge prépubère, un chef tribal aurait déclaré en finissant de mâcher le tibia d'un homosexuel condamné à mort : "Les juifs passent leurs temps à vouloir des bisous, quelle bande de tafioles". Plusieurs manifestations organisées en Cisjordanie et à Gaza ont vu des peluches et des coeurs brûlés, tandis que retentissaient de nombreux slogans hostiles aux Bisounours.

La communauté internartionale a unanimement condamné les "provocations du Hamas", et appelé les deux parties à la mesure et au dialogue. Londres et Paris ont également rappelé que "s'il n'est pas obligatoire de faire des bisous à ses voisins, ils constituent le terreau d'une amitié durable et d'une paix au Proche-Orient que nous appellons, tous, de nos voeux".

Jean-Eudes Poupidou, Tel-Aviv, pour Le Monde.

17.02.2009

Chav(ir)ez

Je comptais réprimer ce cri du coeur, mais trop de perches me sont tendues par nos estimés journalistes métropolitains. Aussi, comme l'urine trop longtemps contenue dans une vessie comprimée, je laisse jaillir de moi la métaphore élégante et ces quelques mots en majuscule :

ARRETEZ AVEC VOTRE FLUTE SUR HUGO CHAVEZ, BORDEL DE VOS MERES.

On a compris que vous aviez du mal avec les gens à gauche de François Bayrou, messieurs-dames des médias, on ne se fait guère plus d'illusions. Mais vous poussez dans vos récents papiers la distorsion tellement loin qu'on dirait un brin d'ADN.

Libé le 14 février. "Chavez se verrait bien président à vie".

Rue89, le 16 février. "Chavez l'emporte : un pas vers la démocratie...ou la dictature".

Le Monde, le 16 février. "La victoire du oui permettra à Chavez de se représenter".

Le Figaro, le 17février. "Triomphe en trompe-l'oeil pour Chavez".

C'est éloquent. Ne serait le vernis de politesse et de mesure qu'emprunte le journaliste pour masquer son agacement, ça donnerait probablement des "Un dictateur gauchiste renforce son emprise bolchévique sur un pays trompé". Ce n'est pas ce qu'on lit, mais c'est heureusement ce que l'on comprend.

Je vous renvoie à chacun des articles pour vous faire une idée, mais il est certain qu'à leur lecture, on ne doute pas :

- Que Chavez est un autocrate menaçant, irrespectueux des libertés publiques, qui ambitionne d'accaparer le pouvoir jusqu'à la fin de sa vie

- Que le Venezuela n'est démocrate qu'en apparence, et qu'en réalité, par un mélange de populisme et de contrôle médiatique, Chavez se joue des libertés publiques.

- Que le peuple vénézuelien, malgré la révolte d'élites éclairées, se fourvoie, manipulé par un fasciste en puissance.

Glissons sur les habiles références à sa diplomatie (avec l'Iran), à ses amis ("castristes") et ses inimitiés (l'Amérique, Israël). Et une mention spéciale au Figaro qui nous explique que si les venezueliens ont voté oui, c'est parce qu'ils pensent un peu non, et que la victoire de Chavez souligne son intéret à changer rapidement de discours. Du grand art.

En remettant quelques orteils dans le monde réel, on s'appuiera cependant sur les faits, concédés du bout des lèvres par nos amis de la Pravda.

D'abord, Chavez ne s'offre pas une présidence à vie. Il s'offre la possibilité de mandats supplémentaires. Et cela, par un référendum. En résumant grossièrement, il s'offre démocratiquement la possibilité d'être démocratiquement ré-élu. On peut désapprouver la démarche, mais y voir un déni de démocratie est pour le moins paradoxal.

Ensuite, Chavez essuie depuis des années les brimades et les sermons de nos amis du côté du manche. "Caudillo" (fasciste, donc), "castriste" (dictatorial, donc), "populiste", tous les épithètes sont bons pour qualifier les dérives du président vénézuélien. S'il apparait dans une émission télévisuelle hebdomadaire, on hurle au contrôle des médias. S'il redistribue la manne pétrolière aux plus pauvres, c'est du clientélisme. S'il expulse un député européen (de droite) qui lui prête "des comportements typiques d’un dictateur, incompatibles avec tout paramètre démocratique", c'est un scandale. Tout est prétexte a procès d'intention, étant entendu qu'il s'agit d'un dangereux criminel qui ne se maintient au pouvoir qu'à la grâce d'un pétrole qui coule à flot. Ben voyons.

Le personnage est complexe, et ses méthodes discutables. Il fait des erreurs, des choix critiquables, il est probable qu'il se rende coupable d'abus et d'outrances à foison. Mais la désinformation à son sujet est incroyable. Insupportable, même. Un article récent revient sur l'article de Libé cité plus haut, et le démonte point par point. Un autre s'en moque. Un dernier relativise. Mais c'est un peu triste, de voir que les blogs seuls s'offrent en contre-poids de l'unanimité médiatique anti-Chavez.

La matière ne manque pourtant pas, dans nos proches environs, pour pointer du doigt la misère politique et la manipulation, le fascisme rampant et les méthodes mafieuses. Il y a le Maghreb et ses dictateurs "amis", l'Afrique chère à Bernard Kouchner. Plus près encore, il y a l'Italie, qui glisse progressivement dans la merde brune. L'extrême droite y prospère, les lois racistes y pullulent (lire ici), les milices (!!!) y renaissent. (lire là). Les faits divers exhalent un délicat fumet de haine et de connerie, façon ratonnade. Où sont, alors, nos amis journalistes ?

Certainement dans leur bureau, à éplucher les dépêches AFP et les éditos de penseurs-censeurs. Ce métier meurt à petits feux.

09.02.2009

Olivier, courons

Olivier. Franchement, on peut pas dire que je ne suis pas sympa avec toi : je te complimente sur mon blog, t'es mon ami sur facebook, je supporte en permanence le même prénom que toi, je doute que tu trouves plus fidèle soutien que moi.

MAIS BORDEL TU CASSES LES COUILLES AVEC TON NOMBRIL REVOLUTIONNAIRE.

C'est joli de changer le nom de ton parti pour "rassembler". Mais alors rassemble, au lieu de pipeauter comme un vulgaire Frédéric Lefebvre. Les européennes sont dans quatre mois, l'écrasante majorité de la gauche radicale te tend amicalement la main, Mélenchon et Buffet t'ouvrent leurs grands bras maigres pour un tango electoral, alors range ta flûte et accepte.

Ca va demander un peu de courage, parce que tes congressistes sont durs d'oreille. La (jolie) motion oecuménique a récolté 17% des voix, (tout est là), celle que tu portes 76%. Ton charisme est indéniable, alors tu te sors les doigts et tu changes d'avis, entrainant tes affidés dans la samba du front de gauche, dans la joie et la félicité.

Parce que c'est bien beau, de porter la contestation anti-Sarkoziste sur ton joli vélo, et d'incarner aux yeux des masses la "vraie" gauche, mais tu portes une écrasante responsabilité dans l'échec des comités anti-libéraux de 2007, et il ne s'agirait pas de récidiver. Pour qu'une alternative au PS existe à gauche, il y a lieu de ranger ses petites lubies (comme réclamer qu'il y ait "unanimité sur les luttes sociales et écologiques contre la casse sociale, contre le démantèlement du droit du travail et des services publics, contre le productivisme, la marchandisation du vivant, pour la sortie du nucléaire") pour se trouver un dénominateur commun. Et si tu le dis insuffisant, c'est simple : tu mens.

Tu mens parce que pour faire barrage à cette politique infâme que mène la droite décomplexée, il faut du monde. Et si je comprends que tu rejettes pour l'instant le PS et sa social-traitrise, refuser les propositions communistes et alter', c'est une très, très grave erreur. Ou un choix politicien méprisable.

Le NPA, je n'y crois qu'à une seule condition : sa faculté à mettre de l'eau dans son vin pour les sujets "annexes". Sa faculté à admettre la nécessité de s'accorder à gauche au lieu de s'opposer et de s'atomiser. S'il n'en fait pas la preuve, va te faire foutre.

Et ne compte pas sur moi.

 

 

 

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