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15.07.2009
Une dernière Valls ?
Le parti socialiste est désolant. Mais, pour des raisons similaires à celles qui me font défendre un Raymond Domenech contre tout ses contempteurs, une espèce de snobisme contre l'unanimité, je ne me résous pas à abandonner une certaine sympathie pour quelques uns de ses membres, à commencer par sa première secrétaire, Martine Aubry, capitaine d'un bateau ivre où chaque marin ramerait dans une direction différente quand il ne file pas un coup de pagaie à son voisin.
De mon point de vue astigmate (c'est à dire lointain et flou), Aubry s'efforce d'ordonner et d'assainir le fonctionnement interne d'une grosse machine dont l'égotisme et le clientèlisme local sont les principaux moteurs, et l'énergie consacrée à cette tâche ingrate, doublée d'une certaine modestie et discrétion médiatique, me semble respectable. Un peu comme on s'émeut de Sysiphe et de sa pierre, en quelque sorte.
Aujourd'hui, Martine a écrit une lettre, publiée par le Parisien, et dont les extraits (pas forcément les plus pertinents, mais on sent que les rédacteurs de ces articles ne se sont pas hasardés à lire la fameuse lettre, et se sont contentés de copier-coller les morceaux cités par Le Parisien) sont repris par Libé, Le Figaro, etc...
Cette lettre est adressée à Manuel Valls, maire d'Evry récemment surgi des limbes de l'oubli médiatique par la grâce de déclarations fracassantes sur le manque "de whites, de blancos" sur les marchés de sa bonne ville. Un socialiste dont le discours public récent peut se simplifier ainsi : il faut rénover le parti socialiste, il faut que l'ancienne génération laisse sa place à la nouvelle (la sienne), il est candidat à l'investiture socialiste pour 2012. Un sens certain des priorités et du collectif, qui en font un des fleurons de la Gauche môôôderne.
La lettre débute par une exposition de l'état de santé et du rôle, politique et national, du PS en tant que "principal parti d'opposition". Confessant "l'image déplorable" et le nécessaire "redressement" du parti, Aubry insiste principalement sur la reconstruction en cours, et notamment les initiatives de rassemblement menée au sein du mastodonte à la rose. L'introduction se termine sur l'identification des deux priorités socialistes du moment : "la préparation du projet et le rassemblement de la Gauche". On passera sur la vacuité de ces deux périphrases, là n'est pas tellement le sujet. Passons plutôt au coeur du propos : Valls.
Celui-ci se voit asséner trois vérités terribles :
Direct du droit : "Force est de constater que ce travail collectif pour moderniser nos idées est contrarié chaque jour par la cacophonie d’expressions isolées -d’ailleurs le plus souvent contradictoires-, et par des initiatives solitaires prenant le contrepied des positions de notre Parti."
Crochet du gauche : "On ne peut utiliser un Parti pour obtenir des mandats et des succès, en s’appuyant sur la force et la légitimité d’une organisation collective, et s’en affranchir pour exister dans les médias à des fins de promotion personnelle."
Uppercut : "Il n’y a pas un jour, mon cher Manuel, où tu n’expliques aux médias que notre parti est en crise profonde, qu’il va disparaître et qu’il ne mérite pas de se redresser. Paradoxalement, tu t’appuies sur nos règles collectives pour appeler à « l’insurrection militante ».
Les militants, eux, ont un souhait, c’est que tu mettes ton intelligence et ton engagement au service du Parti et donc des Français."
Et en bonus, une poussée hors du ring : "Si les propos que tu exprimes, reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti Socialiste."
Convenons-en, il est dommage que cette lettre soit rendue publique : elle concerne un membre du parti et son dirigeant, elle est avant tout d'ordre "disciplinaire", et la polémique qui ne manquera pas de naître sera une flêche de plus au carquois des pourfendeurs du PS, parti cacophonique, en pleine zizanie, etc...On s'étonnera de voir qu'aucun autre parti politique français n'est disséqué comme le parti socialiste, et qu'il est aisé de pointer ses heurts internes quand on se détourne poliment de ceux des autres formations politiques.
Mais passée cette réserve, PUTAIN C'EST BON DE LIRE CA. Cet affligeant narcisse de Manuel Valls, dont le coeur ne bat à gauche que parce qu'il y est anatomiquement obligé, prompt à louer l'ordre et le bon sens sarkozyste, prêt à tout pour exister nationalement, est un représentant symbolique de ce que le PS doit être capable de dégager pour récupérer un minimum de légitimité "à gauche" : une icône de cette aile droite du PS, "moderne", qui ne cesse d'appeler à la refondation (lire : le recentrage) du parti et du "logiciel" à longueur de tribunes creuses, qui s'obsède de consécrations personnelles au point de se voir candidat à la présidentielle trois ans avant la campagne, comme s'il n'existait d'autres priorités dans la France d'aujourd'hui, bref, cette frange qui n'est "socialiste" que dans l'attente d'un changement de nom du parti (une suggestion de...Manuel Valls), elle se prend un gros taquet dans les gencives.
A mon sens, et si je ne suis pas naïvement trompé par mes propres espoirs, c'est un joli geste politique que réalise Aubry avec cette mise en demeure : elle bache un individu fat et nuisible, en même temps qu'elle adresse un coup de semonce à la droite du PS qui se rêve majoritaire. Peut-être espère-t-elle une scission définitive avec cette dernière, ce qui serait certainement la meilleure nouvelle du côté de Solférino depuis Napoléon III.
Pour finir sur une note ludique, contribues toi aussi à refonder la gauche en choisissant le nom du prochain parti de Manuel Valls :
1- Le MMV, Mouvement pour Manuel Valls (qui présentera également des candidats aux présidentielles américaines, à l'Assemblée des Nations Unies et aux législatives honduriennes)
2- L'UMPS, Union Moderne Présidentielle Sivouplé (également référencé comme ONG consacrée à l'accueil et à la réhabilitation des gens qui veulent être présidents mais qu'on les empêche)
3- Le RAS, Rassemblement des Anciens Socialistes (co-présidé par Claude Allègre)
4- Le Front de Droite, pour le rassemblement de la gauche de la droite.
12:52 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.07.2009
Monde libre
Je viens de tomber sur une perle extra-ordinaire, qui est en quelque sorte le condensé paranoïaque de tout ce que l'extrême droite "médiatique" (au sens : qui a tribune dans les médias) peut produire aujourd'hui.
http://monde-libre.hautetfort.com/
Sous-titré : le blog du monde libre contre les idéologies rouge-vert-brune.
(que je re-sous-titrerais pour ma part : le blog contre l'Islam, les étrangers et les banlieues)
(bon je m'y re-plonge, je vous fais un résumé quand j'ai fini de mâcher mon bureau.)
12:58 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Touché coulé
Lundi, après de longues agapes extra-professionnelles dans un bar à tapas près de République, nous décidames, avec quelques collègues, de prolonger la soirée dans un bar à rhum près d'Oberkampf. Jusque là, c'est palpitant.
Sur le chemin menant du point A (les tapas) au point B (le rhum), nous trébuchâmes sur une horde de miséreux enguenillés, et sales, qui pour assombrir davantage le tableau, étaient tous noirs. Excedés de voir notre trottoir obstrué par ces gueux, et après leur avoir filé quelques coups de pied en douce, nous traversames la rue, non sans leur jeter un ou deux cailloux à la gueule, et poursuivimes notre chemin en devisant de l'extraordinaire impolitesse des pauvres et des africains, qui s'installent n'importe où comme si ça ne dérangeait personne.
Peu de temps après, j'appris qu'en plus d'être pauvres, sales, et noirs, ces gens étaient sans-papiers. C'est à dire clandestins. Surpris que de tels individus puissent prospérer au coeur même de la ville-lumière, capitale du pays-lumière et phare du continent-lumière, je me lançai dans une réflexion douloureuse sur comment qu'on pourrait faire pour qu'il y en ait moins, des gens comme ça.
Je cherchais encore, quand ce matin, je tombe sur une idée géniale.
Nick Griffin, leader d'un parti d'extrême droite britannique, était interrogé par la BBC sur l'immigration. Forcément, quand on est d'extrême droite, on a rarement autre chose à pourfendre, mais ça tombait bien : Nick avait plein d'idées sur la question.
D'abord, il faut le préciser, l'Union Européenne est au bord du gouffre. Elle va être "tout simplement submergée par le tiers-monde". Ce qui n'est pas une perspective réjouissante, tant le Tiers-Monde est mal éduqué et plein de maladies.
Et Nick a remarqué quelque chose qui échappe au commun des mortels : le Tiers-Monde voyage en bateau. Pour éviter qu'il ne nous submerge, il existe donc une solution simple : couler son bateau ("Frankly, they need to sink several of those boats", dans la langue de Margaret).
Bon, comme ça, on pourrait se dire que ce n'est pas très humain, comme proposition, mais Nick n'est pas un monstre : on coule les bateaux d'immigrants, certes, mais non sans leur avoir "jeter un radeau de sauvetage" pour qu'ils puissent "retourner en Libye"". Double avantage : on est sympa avec le Tiers-Monde, et en plus on évite de polluer nos plages avec des cadavres exotiques.
Malin, Nick. C'est pas pour rien qu'il est député européen.
Je lance donc à sa suite un appel : amis plaisanciers, plagistes, navigateurs, si vous croisez un bateau plein de noirs ou d'arabes, nous vous saurions gré d'aider à la sauvegarde du patrimoine génétique, culturel et chromatique de l'Europe en creusant des trous dans leur coque. Si vous n'avez pas de radeau à leur jeter, une bouée, ou un sac en plastique feront l'affaire. Merci d'avance d'être des citoyens européens responsables.
PS : l'article du Point se termine par un chiffre qui fait froid dans le dos. "En 2008, 67.000 personnes ont traversé la Méditerranée pour tenter d'entrer en Europe". Soixante-sept mille ! Je vous rappelle que l'Union Européenne regroupe 494 millions d'habitant. A ce rythme, nous serons submergés d'étranger en même pas 70 siècles. On n'a pas fini de trébucher devant la Bourse du Travail !
12:25 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







