25.07.2008
Siné die
Rapide retour sur l'affaire Siné (dans la mesure où l'insignifiant BHL s'offre une tribune dans Le monde, il est on ne peut plus légitime que je m'en offre une dans le mien).
Le résumé des épisodes précédents sera rapide, tant pulullent les articles et tribunes sur ce sujet.
1- Siné, vieux dessinateur/râleur historique de Charly Hebdo, ose dans sa chronique hebdomadaire la phrase suivante : "Jean Sarkozy a déclaré vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera son chemin ce petit…".
2- Claude Askolovitch, journaliste spécialisé dans le livre de combat (entretiens avec Basile Boli, Eric Besson, Rachida Dati et Manuel Valls - ne cherchez pas l'intrus il n'y en a pas), reprend cette phrase sur RTL et la bombarde antisémite, et explique avoir eu Philippe Val (rédac'chef de Charly Hebdo) qui lui a annoncé, je cite, que "la semaine prochaine il va faire son éditorial (...) pour expliquer que Siné est une ordure, a dérapé totalement et qu'il devrait partir."
3- Philippe Val met Siné devant le choix suivant : s'excuser (en signant le mot rédigé pour lui par...Philippe Val), ou s'en aller. Devant le refus du dessinateur, Charly Hebdo publie une note aux lecteurs expliquant que Siné "a porté atteinte aux valeurs essentielles de Charlie." Val, lui pontifie dans son éditorial sur la chienlit d'internet et des blogs, refuge de pleutres et de grossiers.
4- Bernard Henri Levy prend la plume et nous gratifie d'une tribune dans Le Monde, où il en profite pour remettre un petit coup sur Alain Badiou et son "De quoi Sarkozy est-il le nom ?".
5- Laurent Joffrin apporte son soutien à Philippe Val.
Evidemment cette chronologie n'est pas exhaustive, on pourrait citer les soutiens de Plantu, Bedos ou Gisèle Hallimi au dessinateur, les menaces de plainte de la famille Sarkozy, etc. Mais je trouve opportun de dégager la belle unanimité chez les éditorialistes tocards (les mêmes qui se bercaient de grands discours larmoyants sur la liberté d'expression lors du procès des caricatures de Mahomet) à l'heure de la curée.
Pour en revenir à la chronique de Siné, et après en avoir discuté avec des gens d'une sensibilité plus immédiate que moi à ce genre de sujet, il y a bien sûr ambiguité. Et il est légitime que la question se pose du bon goût (pas forcément le point fort de Siné) de ce commentaire. Mais y avait-il lieu de dégainer cet arsenal de points Godwin ? Est-il nécessaire, ou même approprié, de taxer d'antisémitisme (sans conditionnel ni point d'interrogation) un dessinateur notoirement connu pour son anti-cléricalisme impénitent ? Quoiqu'en dise l'imbécile à la chemise pimpante dans son interminable sermon, l'identité de l'auteur est importante pour juger du racisme d'un propos. J'aurais tendance à moins douter de l'antisémitisme de Dieudonné que de celui des époux Klarsfeld, par exemple.
La tendance, lourde chez quelques-uns des imbéciles suscités, a user de l'antisémitisme comme d'un bazooka éristique, et faire taire toute voix qui n'irait pas dans leur sens, est ici illustrée avec bonheur. BHL l'emploie contre Badiou (son histoire de rats qui évoqueraient les juifs est un fantasme maintes fois démonté par Sébastien Fontenelle), Val l'emploie contre Siné (qui, étrangement, s'était très récemment opposé à lui quant au traitement de l'affaire Denis Robert vs Clearstream), Alain Finkelkriaut l'emploie dans tous les sens, j'en passe et des plus ineptes.
J'ai toujours eu du mal avec la distinction antisémitisme/racisme, comme si la haine des juifs était encore un peu plus grave que la haine des autres, mais je peux concevoir que, devant l'ampleur de son expression nazie, il soit vécu plus vivement encore par ceux qu'il vise. Je comprends, et j'excuse, la paranoïa qui parfois en résulte. Mais j'abhorre en revanche ceux qui, pour appuyer leurs thèses, le dénoncent partout, sans nuance, sans précaution, à coups de mots terribles ("odieuse, inexcusable, mortelle"), dans les discours de leurs contradicteurs.
On notera dans la tribune de BHL deux passages édifiants, où l'on retrouve les marottes de nos penseurs au gros. Les voici :
"jusqu'au recyclage, par l'islamo-gauchisme d'aujourd'hui, des scies de l'ultradroite, les exemples, hélas, abondent"
Notez le sournois du discours : l'anti-sarkozysme, au même titre que l'islamo-gauchisme (dont j'aimerais qu'un jour BHL et ses comparses se risquent à la définition, avant le christo-communisme et le krishna-zapatisme), sont des antisémitismes. Quelque part, si l'on comprend bien ce que veut dire notre autoproclamé philosophe, la partie la plus antisémite de la phrase de Siné, c'est "Jean Sarkozy", pas la mention de sa conversion. Ce discours, cet amalgame répugnant entre l'extrême gauche, les adversaires de Nicolas Sarkozy et la haine des juifs, on le retrouve dans les éditoriaux de Philippe Val, dans les livres d'Alain Finkelkriaut, dans les interviews de Max Gallo et probablement ailleurs chez cette intelligentsia des médias qui, en plus de monopoliser le temps d'antenne et les colonnes des newsmag, finit d'assassiner ses adversaires idéologiques à grands coups de discrédit raciste.
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23.04.2008
Toutes les cultures de la gauche
Libération est un grand journal de gauche. A propos de la toute récente "déclaration de principe" du Parti*kof* Socialiste, on y lit :
En 2008, les voilà «partisans d’une économie sociale et écologique de marché», dans le sillage de Nicolas Hulot et d’Al Gore (..). Dans son article 21, la déclaration de principe précise que «le PS veut rassembler toutes les cultures de la gauche».
Nicolas Hulot et Al Gore. Manquent Flipper le dauphin et Dany Boon, et on balayait exhaustivement et indubitablement "toutes les cultures de la gauche".
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31.03.2008
La coupe des Crocodiles
La polémique fait rage. Ou plutôt, non, l'affaire ne souffre aucune polémique, la rage seule a droit de cité. L'indignation virulente et unanime de la France, qu'elle soit du football ou d'autre chose, est indiscutable. Inévitable. Elle est partout : dans la bouche d'un entraineur rageux, dans les trémolos pathétiques d'un président de club, dans la furia judiciaire d'un édile de l'Artois, dans la vindicte populaire qui s'abat sur le club de la capitale, sans qu'on sache trop pourquoi.
Les faits sont simples : quelques abrutis, probablement encartés au PSG, ont déployé cette désormais fameuse (merci pour eux) banderole, "Pédophiles, chômeurs, consanguins : Bienvenue chez les Ch'tits!". C'est idiot, vulgaire, inepte. Trois épithètes tristement fréquents à l'heure de commenter la prose échangée dans les stades de France, de Navarre ou d'un peu plus loin. Y a-t-il pour autant lieu d'en faire une affaire d'Etat ?
Ma réponse se devine aisément : non. Je ne peux guère m'empêcher d'associer ces cris d'orfaie à ceux poussés par les Lensois après le match, aiguillonés par la défaite, fondant sur l'arbitrage comme des vautours sur un lapin boiteux. "Le corner oublié", "le pénalty discutable", "un vol", "un viol", "un scandale", voilà les mots qui fusent dans les bouches écumantes des vaincus du soir. Et puis d'un coup, on se souvient de cette banderole : on s'indigne, on mouline du bras, on montre les dents, on évoque sa résolution, sa colère, sa douleur, sa blessure, j'en passe des crocodiles plus larmoyants. Entendre le maire de Lens demander à ce que la finale soit rejouée (quel rapport ?) ne fait que rajouter au caractère foireux de ce mélange des genre : coco, tu portes plainte contre l'insulte, ou contre la défaite ?
Que le doute ne soit pas permis : je condamne cette banderole, elle ne m'amuse ni ne m'indiffère. Il y a lieu de la dénoncer, et je me joins à ces voix-là. Je ne peux en revanche cautionner l'avalanche d'hystérie qui s'abat sur ceux qui l'ont commis, et indirectement sur le club et ses supporters lambda. Voir que l'affaire prend d'aussi dantesques proportions me fout sur les nerfs : ces déclarations à chaud, ces propos délirants, ce pathos qui dégouline de chaque déclaration, c'est à vomir.
Qu'on en fasse des caisses sur "Bienvenue chez les Ch'tits", dans le registre un peu condescendant du "mais regardez, y a pas que de la misère là-bas", ça me choque au moins autant que les insultes de la tribune Boulogne. Pourtant les mêmes qui s'agitent comme d'imbéciles pantins mûs par cette puante démagogie que transpirent les médias n'ont jamais protestés. Ils se réjouissent. L'image d'Epinal, c'est cool quand c'est positif.
Je ne sais pas comment va se conclure cette affaire, ou plutôt je ne le sais que trop bien : une sanction "édifiante" envers le club, une fois de plus. Et rien après. Bienvenue chez les tocards.
12:49 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
25.03.2008
Légions de donneurs
Nous sommes tous au fait de l'excellence de la Nation française, terre de Grands Hommes comme d'autres sont terres de chacals chafouins (je pense notamment à la Macédoine, incapable de nous sortir une individualité digne de ce nom depuis l'inventeur du plat du même nom, en -5 avant Jean-Pierre Coffe). La France, elle, offre chaque année au monde une légion de génies révolutionnaires qui conduisent l'humanité sur le chemin glorieux de l'élévation spirituelle, ou matérielle, ou les deux. Ces gens-là se trouvent distingués, pour services rendus à l'Homme avec un grand lol, d'une jolie médaille à pendre à leur veston, ou à leur tailleur Channel s'ils ont pris une double ration de chromosome X, qui s'appelle -justement- la Légion d'Honneur.
Evidemment, comme les vins (l'autre grande fierté nationale (je tais l'existence du fromage par pur dégoût)), il y a de plus ou moins grands crus. Mais cette année, je vous jure que la liste des fleurons de l'apport français au monde ferait pâlir d'envie le casting d'une émission de télé-réalité hollandaise. Dégustons, je vous prie.
Bernadette Chirac (pour son rôle de femme de.)
Christian Clavier (pour l'ensemble de son oeuvre.)
Hélène Carrère d'Encausse (pour ses déclarations iconoclastes mais lucides sur les noirs qui sont quand même des cons)
Roberto Alagna (pour son prénom)
Valérie-Anne Giscard d'Estaing (pour son rôle de je sais pas quoi de.)
Francis Veber (pour tous ses films sans Christian Clavier)
Lee Radziwill (pour, je cite, son rôle de soeur de Jackie Kennedy)
Jean-René Fourtou (PDG de Vivendi, pour son imitation parfaitement hilarante de Jean Gabin quand il est bourré)
Patrick Le Lay (pour les progrès réalisés dans le nettoyage d'encéphale francophone)
Mark Halter (pour cette phrase dans wikipedia : Homme de gauche, il vote Nicolas Sarkozy en 2007)
Je ne les cite pas tous, ayant la flemme de fouiller les biographies de chacun pour y trouver qui un goût pour les ballades en vélo avec Nicolas Sarkozy, qui pour sa vision flamboyante du cinéma d'auteur , et qui pour son invention du taser anti-basané, mais il est certain que le palmarès de cette semaine recèle d'autres perles.
Chers lecteurs, si vous avez la chance d'être un connard riche et célèbre de droite (ou de gauche qui vote Sarkozy, s'entend), vous pouvez adresser vos demandes de breloque à ruban à l'adresse suivante :
Nico Sarkozy55, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
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19.02.2008
Je rame, tu rames, elle rame.
Rama Yadé, évoquant sa visite aux squatteurs d'un immeuble d'Aubervilliers, déjà mentionnés dans un billet précédent :
«Je suis allée voir et j'ai découvert que le maire qui avait fait ça était un maire communiste», explique la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme. «Cette gauche qui dit défendre les modestes, les minorités et les immigrés, c'est cette gauche qui s'en prend à moi, qui ne suis que numéro 3 de la liste, je le rappelle, qui s'en prend à moi parce que je suis noire», ajoute Rama Yade.
Afin d'aider les adversaires politiques de Rama à construire une argumentation plus acceptable, je vous propose de participer à un petit test :
1. Doit-on s'en prendre à Rama Yade pour
a) sa couleur de peau.
b) ses multiples amalgames foireux.
c) l'indicible profondeur de ses analyses politiques.
d) C'EST LA FAUTE A JEROME KERVIEL
2. Les contrôles policiers multipliés par le gouvernement auquel Rama Yade appartient se font-ils en fonction
a) de la couleur de peau.
b) de multiples amalgames foireux.
c) de critères de bon sens destinés à rationnaliser l'accueil de populations nègres mais néanmoins amies.
d) C'EST LA FAUTE A JEROME KERVIEL
3. L'opposition qui martyrise et stigmatise les immigrés...
a) a bien raison, pour une fois.
b) c'est une belle poutre dans l'oeil chafouin de l'UMP.
c) est un signe de plus de l'inhumanité d'une gauche stalinienne qui oppresse et prive le pays de ses libertés les plus fondamentales.
d) C'EST LA FAUTE A JEROME KERVIEL
4. Question subsidiaire : Rama Yade est-elle avant tout :
a) noire.
b) une ordure décomplexée qui prend les élécteurs pour des abrutis en assimilant les critiques qu'on lui adresse à du racisme primaire.
c) l'admirable pasionaria qui s'est récemment dressée contre le tyran Kadhafi.
d) C'EST LA FAUTE A JEROME KERVIEL
Vous avez un maximum de a), vous êtes mûr pour débattre avec la secrétaire d'Etat.
Vous avez un maximum de b), ben on est d'accord, hein.
Vous avez un maximum de c), vous êtes de droite, cassez-vous.
Si vous avez un maximum de d), vous êtes administrateur à la Société Générale, et franchement, c'est plus crédible les mecs.
18:50 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.10.2007
De l'art de maquiller le crime
Un décor un peu pompeux, façon colonnades de marbre, tapis de velours rouge, fauteuil de cuir et bureau d'acajou. Deux hommes.
- David, j'ai une idée géniale.
- C'est vrai, boss ? Encore une ?
- Parfaitement. Tu vois, cette grève, elle ne vit que par la grâce de ceux qui la relaient. Un peu comme toi ou moi, en fait.
- Mais nous on est pas des gauchistes de merde, boss. Et puis ceux qui relaient nous servent nous, pas elle.
- Tu as raison, mais la taire, on ne peut pas. Pas encore. Et qu'est ce qu'on fait, quand on ne peut pas faire taire quelqu'un qui nous emmerde ?
- On le renvoie dans son pays, boss ?
- Ahah, oui David. Mais quand son pays c'est ici ?
- On le recrute ?
- Bien vu. Mais Thibault ça va pas être simple de le faire cohabiter avec Fillon. Y a une autre méthode : on crie plus fort que lui. Pour que la grève, personne ne s'y intéresse, c'est simple, il suffit de la couvrir de quelque chose de beaucoup plus intéressant.
- Je comprends. On pourrait demander à Lagardère et Bolloré de faire leurs une sur le rugby, boss.
- Non, abruti, c'est mort on a perdu. Non faut trouver un autre truc, un truc qui émeut, qui intrigue, qui mobilise l'esprit des gens, mais pas un truc compliqué, faut que les téléspectateurs de TF1 comprennent.
- Ca fait beaucoup de critères, boss, je vois pas trop...Un truc sur les robes de Cécilia ?
- Ah non, je veux plus en ent...Cécilia tu dis ? Mais oui...
15:24 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Marche ou grève
Ce matin, nos délicieux transports parisiens ont comme des airs de landes désolées, à l'exception peut-être du côté "lande", mais ce n'est pas vraiment de ma faute si ce mot va si bien à la désolation. La gare RER de la Défense vous a comme un parfum post-apocalyptique pas tout à fait désagréable. Escalators éteints et guichets vides, la fourmilière à cadres baigne dans le silence sépulcral d'une vieille citadelle oubliée. Hasard ou non,- Dieu s'avère quelqu'un d'éminemment facétieux- il fait un soleil radieux, comme pour souligner l'inhabituel du jour. Ce matin, c’est –bouchez vous le nez et éloignez les enfants, c’est sale- la grève.
La grève, noire, et vile, celle qui nous bloque et nous entrave, cette bête vorace qui nous mange la vie au profit d’une poignée d’inconséquents flemmards arqueboutés (quel vilain mot) sur leurs acquis injustes et désuets comme autant d’immeubles décrépis sur leurs vieilles fondations pourries. Celle qui empêche nos fils et nos compagnes de vaquer joyeusement à l’exercice de leur vitalité, les emprisonnant en d’infinis bouchons ou d’improbables affluences sur les quais de nos métros. Voyez comme tout s’arrête lorsque se dresse le spectre ignoble et laid du gréviste.
Ce matin, 7h55. Mon réveil se déclenche (et la France qui se lève tôt me jette un regard courroucé) sur les informations d’une radio nationale. Confit dans mon demi-sommeil comme une prune douce et sucrée dans le pot de verre des confitures de ma mamy l’été, je dresse approximativement l’oreille pour prendre connaissance de l’état du réseau qui me conduira, inlassable, là où s’exercent les talents qui me nourrissent (quels talents ? C’est un autre débat). Comme il est d’usage à chaque mouvement national, le journaleux de service a dégainé son micro, et le tend avec une générosité qui frise le zèle aux usagers contrariés par ledit mouvement. Ainsi s’exprime Josiane (je m’autorise à la nommer ainsi pour éviter de me vautrer dans le nom d’oiseau, mais j’ignore autant son prénom que les tristes raisons pour lesquelles elle barbote dans la crasse bêtise dont elle va faire la preuve), le verbe haut et très probablement riche de postillons. « Je trouve ça scandaleux d’être prise en otage. Y a pas de respect ».
Josiane, ma sœur, toi qui partage à mon grand dam la quasi-intégralité de mon génome, que n’avais-tu point choisi ce matin-la le vélo ? Il t’eut permis d’esquiver poliment le micro qui t’était tendu et le paisible imbécile qui en tenait l’autre bout. Il t’eut permis d’éviter la bassesse infinie dans laquelle tu t’es vautrée avec l’aisance et le plaisir d’un hippopotame dans la boue saumâtre d’une lagune abyssine. Pourtant, Josiane, je comprends que tu t’énerves. Je confesse moi-même avoir étouffé un soupir lorsqu’arrivé sur le quai ce matin j’aperçus la mention « 19 minutes ». Je t’autorise à te scandaliser, garder son flegme en de telles circonstances n’est pas donné à tout le monde. Mais « prise en otage », Josiane ? Quelle perche vas-tu tendre à ceux qui s’indignent qu’une grève puisse être un tant soit peu contrariante ? Il me semble, Josiane, que ce qui te choque, c’est que cette grêve t’emmerde toi, qui n’a rien demandé. Que ces jean-foutres qui se gavent sur tes impôts s’amusent à contrarier ton trajet quotidien pour défendre leurs privilèges. Sois rassurée, tu n’es pas la seule à penser de travers, il est quelques célébrités nationales qui pensent à l’identique. Un certain Nicolas Sarkozy, par exemple, ne dit pas autre chose lorsqu’il évoque un « service minimum ». « Qu’ils fassent grève si ça leur chante, mais sans nous casser les couilles ». Qu’ils râlent, mais sans nous « prendre en otage », nous besogneux et fiables agents de la « valeur travail ». Tu conviendras pourtant, Josiane, qu’une grêve qui n’emmerde personne perd un peu de sa substance. Sauf évidemment si tu la considères comme une raison qu’ont trouvé les tire-au-flancs pour aller à la pêche aux dépens de ceux qui triment. C’est assurément cette conception que fait mine d’adopter notre sympathique gouvernement. « Regardez-moi ces feignasses qui nous paralysent de leur flemme vindicative. Mais qu’ils fassent du vélo après une grasse mat’, qu’ils descendent dans la rue faire les cons avec des pancartes et des chansons, les réformes, nous les ferons ». PS : Dans vos culs, cordialement.
Je ne t’aime pas, Josiane, il m’a suffi d’une phrase pour le sentir. Je ne t’aimerai jamais. Tu as probablement, comme beaucoup d’autres, voté pour Nicolas Sarkozy avec l’espoir qu’il te débarrasse de ceux qui te prennent en otage. De ceux qui viennent dévorer le fruit de ton travail sous forme d’impôts et de taxes. De ceux qui jugent que foutre dans un charter un voisin sénégalais sous le prétexte qu’il n’avait pas de papiers et qu’il volait tes allocations (légitimes, elles, au contraire des prélèvements) ou ton emploi n’est pas très raisonnable. De ceux qui protestent un peu quand la misère frappe à ta porte et que tu lui donnes un coup de pied. Des hordes de réactionnaires qui essaient de défendre les quelques règles qui cimentent une société fêlée et qui n’en finit pas d’être attaquée à coups de marteau-pilon au nom de la « liberté » d’agir et d’entreprendre. Des cuistres qui arrêtent les transports pour dire leur refus d’une politique de classes et d’ordures.
Tu es une conne, Josiane, et j’aimerais que tu cesses de geindre dans mon réveil ta rage des autres. Je souhaite beaucoup de bien à ton nombril, que jamais tu ne cesses de le contempler pour relever le menton sur ce qui t’entoure. Vomis ton fiel en silence, et laisse moi dormir.
Quant aux preneurs d’otage, c’est peut-être le syndrome de Stockholm, mais ils me sont éminemment sympathiques.
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28.08.2007
Du désinfectant social
Georges Mothron vit, depuis hier, son instant de gloire warholien. A l'image de son modèle et patron, il est partout, à la une de toutes les gazettes, même, et surtout, les gratuites. George Mothron est député-maire d'Argenteuil, et il vient d'ajouter son nom à la longue liste des édiles UMP qui font rimer mandature avec ordure (Manuel Aeschlimann, cassdédi). Je pense inutile de vous resituer le personnage, la cause de sa soudaine célébrité n'a guère pu vous échapper, à moins que vous fuyiez tout média contemporain, auquel cas vous avez peu de chance de lire ce blog qui n'est pas encore diffusé en nuages de fumée. En revanche, ses réponses à la polémique en cours vous auront peut-être échappées, aussi me permets-je de vous en retranscrire l'essentiel, aussi fidèlement que la décence l'autorise.
A la question d'un journaliste de 20 minutes s'interrogeant sur les raisons du recours à un répulsif chimique, Georges (je vais l'appeler Georges, hein, j'appelle toujours par leur prénom les gens dont je me sens proche) répond avec calme et sérénité. "Nous avons une quinzaine de SDF à Argenteuil". Pour une ville rassemblant plus de 100.000 habitants, c'est un quota qui force le respect, au point que le chiffre annoncé pose deux questions : George ment-il comme un arracheur de dents ? Ou bien sa politique de chasse au SDF est-elle d'une rare efficacité (étant donné les moyens employés récemment, c'est une éventualité qu'il ne faut pas négliger) ? "Nous assurons vingt-cinq lits libres été comme hiver. Mais quatre ou cinq personnes retirées de la vie sociale, alcooliques, qui font sur eux ou sous eux, refusent l'aide de quiconque, et s'installent devant les issues de secours du centre commercial et de son parking." Là, normalement, la bile vous monte à la gorge. Des gens, qui boivent et qui sont sales, importunent de braves consommateurs innocents, refusant qui plus est l'aide qui leur est généreusement offerte.Quelle arrogance. Quelle ignominie. Non seulement ce sont des rébus, mais ils entendent le rester. Heureusement, notre maire-courage est là. "Nous avons tenté de les dissuader par la douceur (lire : à coups d'insultes et de pieds), puis par la force en les délogeant toutes les heures avec un jet d'eau." Quel brave homme, quand même. Non seulement il agit pour sa commune, mais en plus, quand il croise des gens qui sont sales, il les lave ! Gratis ! Vous voyez bien qu'à l'UMP aussi, on a du coeur. N'écoutons pas tous ces jaloux qui parlent d'atteinte à la dignité humaine. Vous iriez, vous, laver des gens qui font sous eux et qui ne sont même pas votre vieux papy incontinent ? Malheureusement, ça ne suffit pas, nous explique-t-on. "Mais ils reviennent, et les riverains se plaignent de la vision, de la pollution sonore, et de la vue pour les gosses". Comprenez : allez expliquer aux gosses la beauté de la société française avec ces batards à côté. Non seulement ils puent et ils hurlent, mais ils nous foutent le bordel dans les têtes de notre future élite. Les pauvres, ça n'existe que pour leur faire peur quand ils ne veulent pas travailler plus pour gagner plus.
Le journaliste, qu'on sent chafouin, enchaîne en demandant à Georges s'il est bien à l'initiative de l'achat du répulsif "Malodore" utilisé pour déloger les importuns. Là, Georges est moins à l'aise, frôlant l'extrême limite du mensonge façon Richard Virenque "à l'insu de mon plein gré". Il affirme notamment "Le produit a été acheté avec de l'argent public, mais nous n'avons jamais demandé à des agents municipaux d'utiliser ce produit, contrairement à ce qu'ils disent". On en conclut donc que Georges prévoyait de s'en servir pour désinfecter ses toilettes. Ce qui expliquerait sa contrariété en apprenant que des agents municipaux, ces sales presque-pauvres, les lui auraient piqués pour aller les gacher aux alentours du centre commercial. C'est qu'on sait s'amuser, à Argenteuil. "Hey, Bernard, viens on va mettre du défoliant dans la fontaine du square. Le dit pas au maire, surtout, hihihi, c'est une surprise !". George va même plus loin. "Le test a été effectué, je ne sais pas exactement par qui". Là, on sent le potentiel ministériel. A la Défense, par exemple. Ce serait rigolo, non ? "Les essais nucléaires ont été effectués, je ne sais pas exactement par qui", ce serait une belle façon d'accéder à la postérité. Georges explique ensuite "Vu la polémique créée par l'opposition (lire : faut vraiment être un batard gauchiste pour m'emmerder avec ça), et après en avoir discuté avec Christine Boutin (qui lui en aurait piqué quelques litres pour asperger le siège du magazine Têtu), j'ai décidé de surseoir à son utilisation en attendant qu'on me propose d'autres solutions". D'autres solutions ? Enfin, George, un peu d'imagination. Que penses-tu de saupoudrer d'anthrax les bancs publics ? De recouvrir de clous les trottoirs pour empecher qu'on s'y assoit ? D'organiser une milice de bons citoyens pour aller tabasser les clochards ? De rafler les SDF pour les emmener sous la douche au Zyklon B ? Ca ne manque pas, les solutions, quand même.
Le journaliste, dont l'interview superbement préparée ne souffrait pas de digression oiseuse, enchaîne sur une vile provocation : "N'est-ce pas contraire à la liberté d'aller et venir ? N'utilise-t-on pas ce genre de produits pour les animaux ?". C'est odieux. Et Georges de répondre dignement, le rouge aux joues. "Ce n'est pas une chasse aux pauvres, mais une chasse au maire !". C'est vrai ! S'il y a une victime dans cette histoire, c'est lui, George Mothron ! Alors voilà, il désinfecte un petit coin de sa ville, comme ça, pour rendre service, et tout le monde lui tombe sur le rable sous prétexte que quelques connards qui puent l'auraient mal pris ? Non mais on est où, là ? Vous voulez sa mort, c'est ça ? Mais sortez les violons, on va vous refaire "la complainte d'Alain Juppé" version banlieusarde, si c'est ça que vous voulez ! Vous ne voyez pas que c'est un complot de la gauche pour faire tomber un nouveau fidèle serviteur de l'état ? "La liberté d'aller et venir ne vaut pas sous l'emprise de l'alcool. Il faut sécuriser ce site, et ce produit devait servir à cela" Notez-le bien, hein, notez-les mots de George. Fermez les bars, saisissez le cognac et la vodka, le vin et la bière, luttons contre ce mal endémique qui pourrit nos villes et nos villages. Foutons au trou tous les alcooliques, la liberté c'est pour ceux qui savent se tenir, qui mettent une cravate et qui sentent le menthol quand ils font "aaaaaaah". Vous me parlez d'animaux, mais ce SONT des animaux, les pauvres. Ils sont plein de poils, de crasse, et ils vont jamais à la messe. Ils sont dangereux, monsieur, la France en a peur, et je suis là pour la protéger. Dehors les marginaux, rentrez-donc dans vos pays...
Je vous passe les trémolos de conclusion, sur l'amour d'Argenteuil et de son image, je crois qu'il faut savoir s'arrêter. Mais il est un constat qu'on ne peut pas taire : Georges Mothron ne regrette rien. Pire, il maintient qu'il est nécessaire de faire quelque chose pour que le pauvre, cette gale qui contamine le pays, s'efface rapidement, sans jamais préciser que le meilleur moyen de le faire disparaitre, c'est encore qu'il ne le soit plus.
Evidemment, on doute qu'il soit le genre d'individu à s'abaisser à tant d'humanité, surtout quand on nous rappelle ses états de service : arreté municipal interdisant la quête sur la voie publique pour cause de gêne olfactive anormale, véto à la création d'une aire d'acceuil (pourtant obligatoire légalement) pour les nomades, proposition de loi suspendant les allocations familiales pour les parents de délinquants, la liste est longue et limpide : le pauvre, il faut l'éradiquer , pas l'aider.
Cet homme est au mieux un connard obtus, plus probablement un fils de pute nazi. Georges, crois-moi, inutile de claquer l'argent municipal inutilement, il n'existe pas meilleur répulsif que toi.
PS : je conseille à tous les lecteurs égarés jusqu'à la fin de cet article la lecture des "Dépossédés" de Robert McLiam Wilson, plongée au coeur de la pauvreté britannique post-Thatcher. Ca fout le bourdon, mais on en ressort avec une certitude : la politique ultra-libérale mise en oeuvre par (entre autres) Nicolas Sarkozy et ses amis est un fléau contre lequel il est urgent de lutter.
PPS : S'il est parmi vous un habitant d'Argenteuil, je l'enjoins avec insistance à introduire sa bouteille de Destop dans le fondement de son député-maire. On ne saisit jamais vraiment l'ampleur d'un problème tant qu'on ne l'expérimente pas soi-même.
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07.08.2007
No photo
Et puis, parce qu'il me reste un excédent de bile à déverser :
Nicolas, tu n'es pas sérieux. Tu monopolises tout les médias monopolisables, si tu le pouvais tu t'afficherais sur les pots de yaourt et tu me chanterais ma sonnerie téléphonique, tu parles de tout tout le temps, on te voit partout, et tu vas nous pondre un cake pour quelques photos de paparazzi de ton torse vigoureux sculpté par le jogging et le travail revalorisé. Tu viens de sauver des infirmières, tu devrais bien savoir que l'hopital ne se fout pas de la charité.
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Libérons le cynisme
Ainsi, c'est l'été. Oh certes, le soleil ne brille que par intermittence, mais on ne peut s'y tromper : les accidents de car, le dopage dans le Tour de France, les étitaphes de ceux qui s'éteignent sous les derniers feux de leurs vieilles rampes, ont pris d'assaut les unes de nos vigies médiatiques. C'est connu, l'été, on court, on meurt, on bronze, mais c'est à peu près tout. Sauf pour un homme, bien sûr. L'homme, devrais-je dire, tant son infinie présence eclipse toutes les autres. On l'appelera Nico, si vous le voulez bien, on le voit si souvent que c'est un peu un ami maintenant, on peut se le permettre.
Nico, donc, n'a que faire de l'été. C'est pas trois rayons de soleil qui vont lui faire préférer l'ombre des palmiers à celles des perches et des caméras. Et comme il fait un peu chaud pour le jogging, on innove, en faisant dans l'exotique pour rester de saison.
D'abord, la Lybie. La Lybie est un petit pays méditerranéen où il fait bon vivre tant qu'on n'est ni juif, ni opposant au régime, ni infirmière bulgare. Si on a des ennuis c'est qu'on les cherche, donc. La Lybie est dirigé par un mec un peu bizarre, qui s'habille en pyjamas très chers et qui fait péter des avions plein de gens pour qu'on parle de lui. Normal, c'est pas génial le jogging en pyjama. C'est un mec humble, il a choisi le surnom de "colonel", alors qu'il pourrait au moins être général. Et surtout il est sympa, il a plein de pétrole, et il aime bien les produits manufacturés de luxe, comme les avions de chasse ou les missiles Sol-Israël. Et il s'avère qu'il a quelques problèmes domestiques, ce cher colonel. Figurez-vous que des infirmières bulgares et un médecin palestinien sont venus jusque dans ses bras, inoculer le virus du Sida à ses fils et ses compagnes. Alors bon, ça l'a énervé, il les a condamné à mort, après leur avoir arraché des aveux à coup de guilis sous les pieds.
N'étant pas du genre à laisser pareille situation dégénérer (il sait le prix du personnel hospitalier, dont il compte diviser les effectifs par deux, rappelons-le), Nico réagit. Il envoie donc son chef de la diplomatie, celui-ci ayant fait ses preuves en géopolitique puisqu'il a quand même réussi à le faire classer dans les 50 hommes les plus élégants du monde. Cécilia, qui par un hasard somme toute heureux s'avère être également sa femme, s'est donc rendu chez le colonel pour briser les chaînes des opprimés à grands coups de sourires Prada. Nico l'a rejointe pour la photo finish, glissant dans la foulée au généreux colonel quelques joujous, dont une centrale nucléaire, pour déssaler l'eau de mer à la place de la centrale solaire de ces hippies d'allemands, s'arrogeant du même coup le bénéfice de mois d'efforts de la diplomatie européenne. (*)
Ensuite l'Afrique. Bon ok, la Lybie c'est en Afrique, mais là on parle de la vraie, celle avec des noirs, de la savane et des républiques bananières. D'abord le Sénégal, puis le Gabon, où le président Omar Bongo dirige démocratiquement le pays depuis 40 ans (une enviable longévité). L'occasion d'abreuver le peuple sénégalais (nous dirons africain, de toute façon c'est tous les mêmes) de sermons paternalistes, de clichés grossiers suintant le colonialisme mal refoulée. Pardon. L'occasion d'encourager les peuples africains dans leurs efforts de modernisation, de les assurer que la France saura leur tendre la main s'ils ont du pétrole, hum, s'ils achètent des avions, non, s'ils restent chez eux, bon, bref, la leur tendre. L'occasion surtout de s'accorder quelque espace médiatique supplémentaire avant des vacances bien méritées.
Les vacances, parlons-en. Nico est parti aux Etats-Unis avec sa femme (sans les infirmières bulgares, c'est encombrant) sa ministre de la Justice. Prendre un peu de recul, s'éloigner des camér...ah non, non, non. La mission présidentielle, même en tongs, ne souffre aucun repos, il y a tant de sujets sur lesquels il n'a pas encore donné son avis. Et puis rassurons-nous, quand Nico ne parle pas, c'est J-M qui parle de lui. Il faut dire que si on file des Mirages à un dictateur antisémite, on peut bien filer un petit sous-secrétariat d'Etat à un borgne désoeuvré.
Voilà pour l'essentiel, je vous rappelle que c'est l'été, il ne se passe rien de bien important. Ah, si, ce qui passe, et plutôt vite et bien, ce sont les discrètes réformes concoctées par le gouvernement pour nous faire la surprise à la rentrée. Service minimum, paquet fiscal, peines planchers, le tout voté avec la procédure d'urgence par des Chambres désertées. Bronzez tranquilles, amis français, tout va bien, le soleil brille et on revalorise le travail à votre place.
(*) J'aimerais répondre, de mon modeste point de vue de citoyen, à Nicolas Sarkozy qui s'est d'ailleurs fendu d'un de ces miracles rhétoriques devant lesquels nos courageux journalistes tombent muets, d'admiration certainement. Il assénait la semaine dernière la question suivante (dans l'esprit, les mots exacts se retrouvent sûrement sur internet) : "Les Etats-Unis signent des accords de coopération avec la Lybie. La France devrait-elle s'abstenir ? C'est ça que vous voulez, que la France s'exclue de ce partenariat ? Moi je crois que la France est une puissance légitime qui peut elle aussi intervenir à ce niveau." Pas moi, Nicolas. Et pour répondre à ta question, oui, c'est ça que je voudrais, que la France s'abstienne de vendre des armes à un dictateur, sanguinaire ou pas d'ailleurs. Que tu ne viennes pas donner des leçons de démocratie aux Africains entre deux poignées de main à des ordures despotiques. Que tu t'etouffes avec ton cynisme libéral déguisé en patriotisme économique, que tu cesses de nous prendre pour des abrutis avec tes sophismes et ta "décomplexion". Et, je sais que j'en demande beaucoup mais c'est mon blog, tu sais, que tu fermes ta gueule quelques jours que je puisse profiter de l'été sans me faire un ulcère.
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