09.01.2009
Boom Boom Rocket
"L’armée israélienne a bombardé en début de semaine une maison de Gaza où elle avait rassemblé 110 civils, en tuant 30, assure l’ONU en citant des témoins. «Selon plusieurs témoignages, le 4 janvier, des soldats ont évacué environ 110 Palestiniens dans une seule maison à Zeitoun (dont la moitié était des enfants) en leur ordonnant de rester à l’intérieur», affirme un communiqué de l’Office de l’ONU pour la coordination humanitaire (OCHA). «Vingt-quatre heures plus tard, les forces israéliennes ont bombardé à plusieurs reprises cette maison, tuant environ 30» personnes, ajoute le communiqué." (libération.fr)
Bon. On attend avec impatience les commentaires d'André Glucksmann.
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08.01.2009
De l'eau dans le Gaza
Ca doit bien faire huit ans que je n'ai pas mis les pieds dans une manifestation.
Samedi, je romps cette longue trêve unilatéralement.
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Emprisonner avec modération
Edifiante interview publiée ce matin dans Libé d'un député "modéré" du Hamas. Si la phrase mise en exergue par le journaliste ("le Hamas ne repoussera pas l'armée israëlienne mais il peut lui resister longtemps") semble vindicative, le reste de l'entretien dissonne incroyablement d'avec l'image de mouvement fanatique et cruel qu'on colle au Hamas dans son ensemble.
Je ne tiens pas ici, une fois encore, à légitimer ce mouvement dont la charte est parait-il d'une profonde connerie, mais simplement à pointer que le principal argument des dirigeants israëliens pour légitimer l'offensive, à savoir qu'il est "impossible de d'avoir la paix tant que le Hamas existera" prend du plomb (durci) dans l'aile.
Morceaux choisis :
Sur la rupture de la trêve : "Mais le Hamas a strictement observé la «tahadiya». C’est Israël qui n’a cessé de la violer, en refusant d’ouvrir les points de passage de la bande de Gaza, en organisant le blocus et en procédant à des assassinats ciblés. Après quatre mois de respect de la «tahadiya» de notre part, l’armée israélienne a tué, le 4 novembre, six membres du Hamas plus un septième qui est mort de ses blessures. Après une telle action, il nous était difficile de maintenir la «tahadiya»."
Sur de potentiels attentats-suicide pour répondre à l'agression : "Je ne sais pas ce que décidera la branche armée du mouvement. Mais les attentats ne sont pas dans l’intérêt du peuple palestinien. Ils risqueraient de réduire le soutien politique et de l’opinion publique que reçoit la résistance. Je désapprouve totalement cette option."
Sur la guerre en elle-même : "Ce n’est pas une guerre entre deux armées régulières. Le Hamas n’a donc nullement la capacité de repousser l’armée israélienne mais il a celle de lui résister et de lui résister jusqu’à ce qu’elle n’ait plus le moral, plus l’envie de demeurer à Gaza. Et, évidemment, plus elle aura de pertes, plus vite elle partira. Mais une telle situation aura des conséquences à long terme. Ce seront aussi les valeurs de la démocratie qui seront perdantes."
Même si l'on peut douter de la parfaite franchise de ces positions, on ne peut que souligner leur modération, à opposer aux déclarations va-t-en-guerre des "démocrates" agresseurs. Entend-t-on des responsables israëliens désapprouver la violence ? Aucun. Ca va quand même rapidement devenir difficile de nous vendre cette guerre comme une lutte de la liberté contre l'oppression, mes chers Tzipi, Ehud, et autres.
(le journaliste précise par ailleurs que l'interviewé a depuis été "à nouveau arrêté dans la nuit de lundi à mardi par l’armée israélienne quelques heures après avoir donné une interview à Libération". C'est sur que mettre en prison les modérés n'aide pas à trouver des interlocuteurs pour la paix, messieurs dames).
En bonus, deux témoignages de responsables humanitaires, l'un d'une responsable de Médecins sans Frontières, l'autre d'un responsable de l'ONU en charge des réfugiés palestiniens. L'un comme l'autre souligne à quel point "l'arrêt des bombardements pendant trois heures" n'a aucun sens, d'un point de vue pratique (en trois heures on ne peut rien faire) comme d'un point de vue politique (pourquoi ne pas interrompre complètement les bombardements si l'on admet qu'un arret est nécessaire ?). L'occasion également de repenser à Tzipi Livni déclarant qu'à Gaza la "situation humanitaire est comme elle doit être".
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07.01.2009
Dé le pen alisation.
A propos de la proposition de dépénalisation de la diffamation :
"Le projet de loi «aura pour finalité de réserver le droit pénal aux circonstances portant une atteinte directe aux personnes ou à la société», a ajouté le président."
Ma main à couper que c'est un premier pas vers la dépénalisation du droit des affaires.
Ma main à couper que ce président est un fils de pute.
(et l'outrage, tu le dépénalises ?).
19:01 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Halte à la nouvelle intifada
Souvenez-vous, le début d'année 2009 était décevant pour Ivan Rioufol, dépassé sur sa droite par les commentateurs de son propre blog (Dans la mare à Ivan). On se demandait même s'il n'amorçait pas un virage bien-pensant à force d'anesthésier ses fulgurances réacs.
EH BIEN NON.
Respirons, mes amis, Ivan le terrible est de retour, avec sa verve et son couteau, paré à pourfendre du gauchiste antisémite et de l'islamiste bolchévique. La preuve est là. Et elle commence en fanfare : "l'alliance des islamo-gauchistes s'est affichée au grand jour, samedi, dans les rues de Paris" (le gras est de lui). Et pourquoi s'affichait-elle, cette alliance nauséabonde ? C'est pourtant évident : pour y "manifester leur soutien au Hamas avant d'entamer, en début de soirée, une répétition d'intifada dans le quartier Haussmann-Saint Augustin" (le gras est toujours de lui).
Bon évidemment, si l'on s'en tient aux faits, la manifestation de samedi dernier était organisée par le "Collectif national pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens". Il y avait bien des banderoles, mais si l'on en croit le compte-rendu de l'Express (dont on ne peut soupçonner de noires accointances avec les "islamo-gauchistes"), point de soutien au Hamas, sinon aux Palestiniens. Allez, je pousse le vice, même le compte-rendu du Figaro dans lequel écrit Ivan ne fait mention d'aucun soutien au Hamas.
Par ailleurs, s'il y a bien eu des dérapages en fin de manifestation, Ouest-France nous informe que "la manifestation parisienne contre l'offensive israélienne à Gaza a réuni samedi à Paris entre 21.000 et 25.000 personnes selon les sources, et après sa dispersion, 200 à 300 casseurs se sont affrontés avec les forces de l'ordre". Pour compléter le tableau, le Nouvel Observateur nous apprend que "Le bilan de la préfecture de police de Paris fait état de trois véhicules incendiés et de 13 dégradés, dont deux véhicules de police. En outre cinq commerces ont été dégradés ou vandalisés et deux ont été pillés. En tout, 20 interpellations ont eu lieu et 10 membres des forces de l'ordre ont été légèrement blessés, selon la préfecture de police".
Voilà, ça, c'était la vraie vie. Passons maintenant dans le monde cruel des islamo-gauchistes selon Docteur Ivan. Pour lui, meme si "de telles scènes ne font plus scandale dans les médias", il y avait de quoi flipper. La preuve ? "Je n'ai pas assisté aux scènes de razzia, mais j'ai vu des jeunes au visage dissimulé par leur keffieh, suivis d'adolescents surexcités dès qu'un emblème "sioniste" était brûlé".
Pire, la foule était "arabe et maghrébine" (il cite d'ailleurs comme exemples "Olivier Besancenot et Alain Krivine (Ligue communiste révolutionnaire), Maire-George Buffet (PCF), Denis Baupin (Verts)", qui sont tous extrêmement maghrebins). Cette foule de bicots était, nous dit-il "calme" (même lorsqu'un emblème sioniste était brulé ?) "mais revendicative" (putain la salope de foule maghrébine, elle fait une manif, et elle a le culot d'être revendicative). Et qu'est ce qu'elle faisait, cette foule ? Hein ? Ben elle "brandissait des drapeaux du Hamas, de la Palestine, d'Algérie, du Maroc, de Tunisie". Et Ivan se désole : il n'a "pas vu un drapeau tricolore" (le drapeau algérien étant orné de vert, de blanc, et de rouge, mais pas tricolore). Notez-bien, chers amis : quand on défile à Paris (quand bien même ce serait pour défendre des métèques étrangers), c'est avec des drapeaux tricolores. Sinon, on est des islamo-gauchistes.
Mais là où l'article d'Ivan est gouteux, c'est qu'il nous autorise à plonger dans la manifestation comme si on y était. D'ailleurs, lui, y était ("Je suis resté longtemps, ce samedi, aux abords de cette manifestation", "installé devant les Galeries Lafayette"). Un islamo-gauchiste lui a même parlé ("un manifestant m'a demandé : "c'est là, l'ambassade d'Israël ?""). Il entend les slogans rapportés par les compte-rendus cités plus haut, mais aussi des slogans plus originaux ("J'ai également entendu: "Des armes ! Des armes !" et aussi : "La police t'es foutue le Hamas est dans la rue !"). Pire, alors que nous sommes en France, au coeur de la civilisation occidentale, "D'autres diatribes se faisaient en arabe. Régulièrement, des groupes lançaient des "Alloua akbar !" (alloua akbar ? Allah akbar ? Quel charabia).
C'est quasiment un reportage sur le terrain que nous communique Ivan, qui n'oublie pas de mentionner pour nous faire bien flipper que "L'étoile de David était très systématique associée à la croix gammée". Pas "systématiquement", hein, "très systématiquement". J'aurais presque envie de dire "toujours tout le temps très systématiquement", si je n'avais peur de spolier notre courageux correspondant de guerre civile de son superbe effet de manche.
En attendant que lui échoie le prix Pulitzer pour cette passionante enquête au coeur d'un pogrom communiste, je me fais donc le porte-voix de monsieur Rioufol, et m'autorise à vulgariser pour vous, ingénus citoyens pas encore au fait de la profonde "fracture identitaire" qui coupe notre belle France en deux, la thèse de notre futur Prix Nobel. Cela en quelques équations simples, que vous pourrez aisément reproduire sur vos tracts, ou vos banderoles si vous défilez un jour (mais avec des drapeaux tricolores svp).
1. Arabe = Maghrebin = Palestinien = Hamas = terroriste.
2. Opposé à la politique israelienne = opposé à Israël = anti-juif = antisémite.
3. Parti à la gauche du Modem = gauchiste = caution morale des terroristes (voir 1) et des antisémites (voir 2)
Et le numéro complémentaire : manifestant = casseur = danger = intifada
J'espère que, munis de ces quelques notions certes complexes mais extrêmement bien documentées, vous saurez désormais quoi faire si vous croisez un basané ou un encarté au PS, et sortirez avec doigté votre bombe au phosphore (tricolore) pour défendre notre pays et le débarasser de cette menace intestine.
Qu'un sang impur abreuve nos saillies, steuplé.
14:11 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Veni, Vidi, Schivardi
Brêve hallucinante reportée par Rue89 : Gerard Schivardi, candidat complètement à l'ouest de la dernière campagne présidentielle, vient d'être démis de ses fonctions de conseiller général, et condamné à un an d'inélégibilité pour...avoir payé de sa poche 223,45 euros de frais d'imprimerie dans le cadre de sa campagne.
On rappelera, à titre de comparaison, qu'Alain Juppé, convaincu dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris (détournement de fonds de la mairie vers le RPR, abus de bien sociaux), avait été condamné à...un an d'inéligibilité.
On mettra également en parallèle cette condamnation et la Légion d'Honneur attribuée début 2008 à Isabelle Balkany (on ne parlera même pas de son mari), elle aussi convaincue de prise illégale d'intérêts dans le cadre de la mairie de Levallois.
Cette justice est à vomir.
10:38 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.01.2009
Miscellannés (OH LE CRANEUR)
Je n'ai malheureusement pas le temps de développer chacun, mais j'encourage les rares attentifs à jeter un oeil à :
- la chronique de Daniel Schneidermann dans Libé , sur le traitement du fémur d'un navigateur du Vendée Globe.
- l'article consacré à Evo Morales sur Article11, accréditant l'idée que l'avenir politique du monde est en Amérique du Sud (inch'allah).
- l'article sur la suppression des juges d'insctructions, chez Maitre Eolas, pour ceux qui se feraient encore des illusions sur le sarkozysme.
- l'excellent dessin publié par Bakchich sur la situation à Gaza
- le non moins excellent dessin publié par Rue89 sur l'année de Sarkozy
Et puis pour finir, je souhaite lancer un contrat (si un tueur à gages me lit : je te paie en tickets resto) contre les pyromanes qui foutent la merde en France avec leurs QI d'huitre :les connards qui jettent des voitures toulousaines contre des synagogues, et la connasse de l'UEJF qui parle d'une "montée fulgurante de l’antisémitisme" (source).
Si en revanche vous croisez les intelligents cités dans la source sus-nommée, faites leur un gros bisou : ils méritent.
12:26 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Une chaussure pour André
C'est indéniable, 2009 commence fort. Il fait froid, il fait gris, et Nicolas Sarkozy n'est toujours pas mort dans d'atroces souffrances. Comme tout homme de bonne compagnie, on cherche le réconfort non pas dans la drogue ou dans les bras rougeauds d'une relation tarifée, mais dans nos amis les médias (m'étant promis de ne pas aborder le sujet des jeux vidéo sur ce blog, de peur d'être intarissable, je vous prie donc de croire que mon occupation principale est la lecture des web-journaux).
Ainsi, nos petits coeurs gelés pourront se réchauffer à la flamme d'André Glucksmann, qui écrit aujourd'hui dans Le Monde. Le titre, "Gaza, une riposte excessive ?", en dit déjà tout, mais je vous recommande sa lecture. On y apprend notamment que "devant un conflit, l'opinion se divise entre les inconditionnels (lire "les cons") et les circonspects (lire "l'auteur")". Les premiers font preuve de "fanatisme" et sont manichéens. Les seconds jugent au cas par cas si "une action est opportune ou inopportune". Or, dans le cas du conflit de Gaza, André se réjouit, car les inconditionnels paraissent "minoritaires". Ca ne me sautait pas aux yeux, mais André le prouve : "La discussion chez les Israéliens roule comme d'habitude dans une démocratie". Sur quoi roule-t-elle (à part bien sûr sur les cadavres des petits enfants de Gaza) ? Sur des questions de ouf : "est-ce le moment ?", "Jusqu'où ?", "jusqu'à quand ?" (on notera que la discussion ne roule donc que sur les modalités de l'offensive, pas sur son bien fondé). Mieux, André est aux anges, car, "la surprise est qu'un semblable débat partage à micros ouverts les Palestiniens et leurs soutiens".
Je passe à la ligne tant cette phrase en dit long. Se dire "surpris" que des palestiniens soient capables de "circonspection" (ce qui est synonyme d'intelligence, si l'on se rappelle l'opposition initiale), est-ce bien "circonspect", André ? Est-ce que ce ne serait pas le signe que tu as "décidé une fois pour toute qui a tort et qui a raison" ? Un peu comme la fois où tu dis que le débat est ouvert grand dans le joyeux espace démocratique d'Israel, où, rappelons-le, 80% de l'opinion et 100% de la classe politique soutiennent le bombardement de Gaza. Et puis illustrer le "débat" qui "partage les Palestiniens" en pointant le "courage" de Mahmoud Abbas, "d'imputer au Hamas en rupture de trêve la responsabilité initiaile du malheur des civils de Gaza", ne serait-ce pas froler l'inconditionnalité selon ta propre définition ? "C'est le Hamas qui a tort", c'est ça que ça veut dire non ?
Je vous laisse lire la suite de l'article, longue variation de mauvaise foi sur l'utilisation du mot "disproportionnée", avec notamment un morceau de bravoure "à la Sarko", que je cite in extenso : "L'armée israélienne devrait-elle ne pas user de sa suprématie technique et se borner à utiliser les mêmes armes que le Hamas, c'est-à-dire la guerre des roquettes imprécises, celle des pierres, voire à son libre gré la stratégie des attentats-suicides, des bombes humaines et du ciblage délibéré des populations civiles ?"
Ben oui, connard à franges, évidemment qu'on voudrait bien que les israeliens se fassent sauter sur des marchés, ça ferait des juifs en moins (je rappelle que pour André Glucksmann, désapprouver l'action d'Israel est un antisémitisme).
Plus sérieusement, cet article inepte résume assez bien le "débat" vers lequel souhaitent nous orienter les faucons médiatiques : soit tu soutiens Israel, soit tu soutiens le Hamas. Un débat d'autant plus traitre qu'il nie toute alternative, et ramène tout à cette opposition stupide. Et ça s'enveloppe dans des phrases de belle facture ("On ne peut travailler pour la paix au Proche-Orient qu'à la condition d'échapper aux tentations de l'inconditionnalité"), malheureusement en totale contradiction avec le choix de l'auteur, qui est éminemment inconditionnel, mais du "bon" camp, celui de la "démocratie".
Après la forme, le fond. D'abord, rappellons que le Hamas est, à Gaza, démocratiquement élu. Ca ne veut pas dire que je l'approuve, mais opposer le gouvernement Israelien au Hamas sur ce plan est une connerie : ils ont la même légitimité des urnes.
Ensuite, on assiste à une assimilation absolument infecte entre le Hamas et la population gazaoui, qui relève de la MEME bêtise que ceux qui assimilent le peuple juif à Ariel Sharon, ou les américains à Bush. Qui plus est quand les mêmes artisans d'amalgame affublent le Hamas du terme "barbare". L'équation est alors sous-entendue : gazaouis (à différencier du terme "palestiniens" qui concerne également les cisjordaniens du "courageux" Mahmoud Abbas) = Hamas = barbares. Ca vous semblera peut-être extrême de prêter cette assimilation aux partisans de la guerre, mais un article d'Haaretz la souligne : comment bombarder une zone de population aussi dense si vous ne considérez pas cette population comme négligeable ou méprisable ?
On rappellera utilement qu'Israël et sa "supériorité technologique" bombarbe des écoles, des hopitaux, empêche l'accès à Gaza des convois humanitaires, tue des étudiants et des médecins, et que sa ministre des affaires étrangères juge que "la situation humanitaire à Gaza est comme elle doit être". On commence à mentionner l'usage de bombes au phosphore, interdites par la convention de Genève.La liste des accords internationaux violés par l'état hébreux s'allonge chaque jour un peu plus.
L'action d'Israël peut, et doit, être qualifiée de barbare. Elle l'est. Lui opposer la barbarie du Hamas est une poudre aux yeux. Répondre à la barbarie par la barbarie, C'EST la barbarie. La question de la légitimité de cette action, présentée comme évidente ("vous feriez quoi, hein, si on envoyait des roquettes sur votre maison ?"), coupée de toute responsabilité antérieure, est ouverte. Cyniquement, on pourra dire que lea réponse n'interessera plus personne si l'action est efficace. Mais l'est-elle ? Son objectif avoué est de stopper les tirs de roquette sur le Sud d'Israel. Il n'en est jamais parti autant. Son but est d'affaiblir le Hamas, il n'a jamais été aussi populaire à Gaza.
Si en revanche, l'objectif était de tester l'apathie de la communauté internationale, et l'impunité d'Israel (comme, un peu plus tôt dans le siècle, l'impunité irakienne des américains), alors ne nous posons plus la question : c'est bien joué.
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02.01.2009
Dans la mare à Ivan
Cher ami,
Nous sommes le 2 janvier, qui comme son nom l'indique suit généralement le premier, synonyme d'agapes, de nuit blanche, et de bouffe. De la bouffe. Plein. Trop. Ton ventre (j'avais écrit "vendre", je vire capitaliste refoulé) menace d'exploser le bouton de ton pantalon, un alien remuant gargouille dans ton intestin, bref, l'inconfort gastrique est insupportable.
Heureusement, j'ai pour toi la solution. En te rendant sur cette page web, tes maux intestinaux s'évacueront d'un coup, en un geyser chaud et odorant. L'article lui-même, oeuvre de l'inénarrable Ivan Rioufol, qui manifestement n'a pas pris pour bonne résolution en 2009 de se couper les doigts avec une lime à ongles rouillée, est passable. Ivan y pourfend de l'encapuchonné, mais sans réelle conviction, on sent qu'il s'en fout, que la dinde (française) aux marrons (français) lui pèse un peu et l'anesthésie de ses colères naguère si vives contre l'occupant maghrebin. Bref, lui, c'est pas rigolo.
Mais.
Dans les commentaires à cet article, il y a tout le sel de la droite décomplexée qui se déverse sur la plaie brulante de l'immigration passive. Quelques tout petits extraits pour te donner envie :
Mitch : "N'en déplaise à la gauche et ses officines soi-disant antiracistes (SOS racisme, Mrap, Cran, AC le feu etc.), on sait très bien que ces voyous sont en grande majorité d'origine maghrébine (le reste, d'Afrique noire) et n'ont de français que leur carte d'identité. L'immigration en provenance d'Afrique n'est décidément pas une chance pour notre pays."
Jill : "Ces " jeunes " se fichent du permis comme de leurs premières babouches ...comme si ils avaient besoin du papier rose pour conduire ."
Provincial : "Je me suis laissé dire que l'incendie des voitures était également un moyen de nettoyer ethniquement les quartiers concernés."
Bond07 : "Eh oui, on connait les responsables de ces incendies de voitures, ces jeunes arabes nés en France qui font leur intifada,"
Ca te titille au fond de la gorge ? C'est rien, c'est les glaires.
Au détour d'un commentaire, on tombe également sur ce truc. Beaucoup moins abrupt, je vous l'accorde (il ne mentionne même pas les "fils de pute d'arabes délinquants", alors que bon), mais tout aussi puant.
Et puis, à force de lire cette litanie de débilités profondes, mélange de Nostradamus flippés ("En effet après les voitures viendra le tour des immeubles, avec tous les morts que cela va conduire.") et de Le Pen en pleine bourre ("En adressant enfin à tous un message d'impuissance, car il y a longtemps que les prédateurs, originaires pour la plupart du continent Africain, ont compris que du passage du permis au saccage autorisé il n'y avait qu'un pas facile à franchir"), on tombe sur une perle : le commentaire de Daniel.
Daniel est "portugais", et il sait "que (sa) carte d'identité ne fait pas de (lui) un Français à part entière, contrairement à ce qu'il est de bon ton de dire". Il déplore le train où vont les choses, et notamment le fait que maintenant "Les choses ont bien changé, car avant d'avoir des devoirs les étrangers ont des droits" (j'adore cette phrase). Autour de lui, "les Musulmans confortent leur emprise", ils construisent une "cathédrale musulmane" à Créteil, et des kebabs un peu partout. Et parfois, " A la gare, dans les bus ou les RER, il n'est par rare d'être le seul blanc…". (Je passe sur son constat de "l'accroissement des couples mixtes catholique ou athée-musulman qui se transforment systématiquement en couples 100% Hallal"). L'immigré (et français) raciste. Je sais bien que ça existe, mais ça me fait bizarre. Tous des cons les portugais.
Bref, tout ça pour vous souhaiter une bonne année, de meilleurs voeux, et vous enjoindrent à tatanner la gueule des racistes si vous les croisez dans le RER. Ils sont faciles à reconnaitre, ce sont les seuls blancs.
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Leave Now
La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a réaffirmé jeudi à Paris qu’Israël déciderait « le moment venu » d’arrêter ses opérations militaires contre la bande de Gaza, estimant que la situation humanitaire y était « comme elle doit être ».
sur Rue89
Comme elle doit être.
Hmmmm.
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30.12.2008
Commune otarie
Consultant la page "Rebonds" de Libération, je tombe sur une perle.
Je suis globalement d'accord avec le texte, qui ressemble par ailleurs furieusement au discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Polytechnique il y a quelques semaines. Ce n'est pas sur le fond que je tique.
C'est sur ça : "La diversité comme principe reviendrait à figer les individus dans une de leurs facettes identitaires et ouvrirait la voie du communautarisme". C'est vrai. Signé : "les étudiants juifs des grandes écoles, membres de l’UEJF".
Ce serait pas un petit peu du foutage de gueule les enfants ? C'est pas "communautaire", l'Union des Etudiants Juifs de France ?
Non que je nie votre bonne foi, j'accepte volontiers votre souscription à ce discours. Mais pourquoi signer ce texte en tant que juifs ? Et pas en tant qu'étudiants, dont la confession et l'origine importent peu ?
Et comment dénoncer le "communautarisme", quand on se définit en tout premier lieu comme "juif" ? A moins que, dans votre bouche comme dans celle du chef de l'Etat, "communautarisme" veuille dire "islamisme" ?
Je n'ose y croire.
16:38 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
En vrac
Un.
André Glucksmann, "philosophe", dans Libération, s'épanche sur les principaux dangers qui pèsent sur le Monde en cette fin d'année. Parmi eux : "La formidable puissance de nuisance de la Russie, sa capacité de parrainer non seulement Chávez et les narco-marxistes d’Amérique du Sud, mais aussi bien la Corée du Nord, l’Iran et ses bricolages nucléaires, peut prendre la paix du monde en otage."
Big up pour le concept de "narco-marxiste", que je range soigneusement dans mon répertoire à fumisteries, et un bisou pour cet homme clairvoyant qui oublie cependant dans sa liste de course la "menace islamiste" qui semblait pourtant aller de soi.
Deux.
J'entends ce matin le numéro 2 de l'ambassade israélienne s'exprimer sur RFI. La journaliste lui demande quel est l'objectif d'Israël dans ce conflit. L'état hébreu, apprend-t-on, cherche à "sécuriser la zone". La journaliste aura beau insister pour le faire dévier de cette expression inepte, elle n'aura guère plus. Tout juste avoue-t-il en fin d'interview qu'Israel souhaite "affaiblir le Hamas", parce qu'il menace la sécurité nationale. Gros scoop.
J'espère consacrer à tête reposée un article à ces évènements, mais je ne peux m'empêcher, en attendant, de résumer ma principale interrogation : Au sortir d'une "trêve" qu'Israel aura mis à profit pour planifier une opération militaire (puisque Ehud Olmert annonce que c'est une opération planifiée) et renforcer son armée, le tout sans lever le blocus qui etouffe la population (civile!) de Gaza, qui peut réellement considérer que ces raids aériens sont une réplique aux roquettes et une "sécurisation" de la zone ? Quel diplomate, quel ministre, quel dirigeant (hormis ces abrutis de faucons américains qui considère qu'un arabe est par essence voyou) peut sincèrement imaginer qu'Israel frappe pour se défendre ?
Je me pose une autre gave question : que dit Glucksmann de tout cela ?
Trois.
J'attends les voeux présidentiels avec une impatience de gamin. L'année dernière, c'était la suppression de la pub sur la télévision publique. Cette année, quel arbrisseau pour cacher la forêt législative 2009 (qu'on devine touffue, entre la dépénalisation du droit des affaires, le musellement du parlement, et les différents coups de machette dans le contrat social prévus dans la roadmap présidentielle) ? Je pose quelques jetons sur l'annonce d'un cadeau bancaire aux français, du genre épargne à fort taux, ou prêts gratuits.
Quatre.
Le vénérable site Brave Patrie lance un "réseau social" d'un genre à part. Fafbook, puisque c'est son nom, met en relation les gens les plus respectables de notre paysage politique, ceux que ne menace, et ne menacera jamais, un ralliement au feu dévorant de l'ultra-gauche. Si vous venez, faites un bisou à Patrick Troivedjian de ma part.
16:25 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.12.2008
AB Prod : Hellène et l'égarement
Laydiz and gèntelmène,
Je vous remercie de me laisser vous présenter tonight le fleuron (qui comme une fleur, sent bon) du journalisme d'analyse, de l'édito cinglant et factuel, de la déontologie-et-pas-l'idéologie s'il vous plait.
Déjà, il est beau.
Franchement, si vous me dites le contraire, vous êtes de mauvaise foi, et je viens tout de suite vous crever l'oeil (chafouin) en représailles.
Il est beau, et il est sérieux.
On ne pose pas ses mains croisées sur la table (laquée) d'un air détendu quand on n'est pas sérieux.
Et puis il ne dit pas n'importe quoi, sinon il ne s'exprimerait pas dans une pièce avec des bandes blanches aux fenêtres.
S'il vous plait.
Il s'appelle Alexis Brezet, et ses initiales sont comme un hommage à sa production du jour. Alexis officie actuellement, si j'ai bien compris sont tumultueux parcours dans les diverses pravda néo-libérales, au Figaro Magazine. Et il est PAS CONTENT.
PAS CONTENT DU TOUT. Regardez.
Parce que "Coucou, les revoilà ! Qui ça ? Les lycéens « en colère », les parents « mécontents », les profs « résistants » (!). On devrait en avoir l'habitude : 18 mouvements lycéens depuis 1971, 33 grèves de l'éducation en huit ans..."
C'est lui qui le dit, mais je fais miens ces mots frappés du bon sens : ils nous font chier ces cons, à protester tout le temps. "La France n'est pas la Grèce", qu'il rappelle, à raison.
Et malgré ça, on ne peut que constater : "ces occupations sauvages, ces affrontements avec les forces de l'ordre, cette contamination des syndicats « classiques » par des éléments gauchisants", ça fait flipper. Sauvage, affrontement, contamination : à côté des profs gauchistes, la grippe aviaire c'est du gateau.
Et pourquoi ce bordel dans nos rues, hein ? Parce que "Les lycéens manifestent avec d'autant plus d'entrain que la méconnaissance qu'ils ont du contenu de la réforme leur permet d'aligner tranquillement les contrevérités".
Si on manifestait pour de bonnes raisons en France, ça se saurait, de toute façon. Est-ce qu'on manifeste, au Figaro ? Non, on est civilisé, on proteste dans des éditoriaux très bien écrits et documentés. Par exemple, on prouve que les lycéens disent n'importe quoi. Comment ? En affirmant qu'ils disent n'importe quoi. Sur la vie de ma mère, ça vaut. Et puis on va pas passer six mois à justifier ce qu'on écrit, l'essentiel n'est pas là. L'essentiel, il est dans cette phrase : "Mais ces sottises, qui les leur a mises dans la tête ? Les professeurs, évidemment !"
Ben oui. Si ça réfléchissait, les lycéens, ça deviendrait pas directeur de la rédaction du FigMag. Et puis si les professeurs n'étaient pas là pour mettre des sottises dans les têtes, qui aurait appris le journalisme à Alexis ?
Bon, reprenons, on a des bolchéviques sur le feu.
On le sait bien, "le Mammouth, quand il ne veut pas bouger, lance devant lui la piétaille lycéenne...". Organisé, le mammouth. Pour un peu on le confondrait avec l'UMP et ses jeunesses populaires nous expliquant que l'héritage de 68 est à droite. Sauf que lui il ne veut pas bouger. C'est un mammouth congelé. Et c'est énervant, cette inertie, parce que "les syndicats savent fort bien, eux, ce qu'il y a dans la réforme. Et pour cause : ils en ont longuement discuté avec le ministre et, sur le fond, n'y ont guère trouvé à redire."
Logique : t'es d'accord sur le fond, mais tu balances tes féaux lycéens dans la rue comme ça, pour le fun. C'est bien là qu'on reconnait la cruauté des profs, qui foutent le bordel gratuitement. Mais, bien fait pour eux, grâce aux habiletés de Xavier Darcos, "les dirigeants syndicaux s'en étranglent de rage". Pour un peu le mammouth tousserait. Alors il redouble de fourberie : "Avec la crise économique, voilà qu'ils pensent avoir trouvé l'argument en or : comment peut-on économiser sur l'éducation quand on distribue des milliards pour sauver les banques et relancer l'investissement ? La caricature est facile. Elle pourrait rencontrer un certain écho dans l'opinion"
Rendez-vous compte : si on les laisse faire, il pourrait aussi manger le cerveau de notre bonne "opinion", d'habitude si prompt à approuver le travail le dimanche, l'enfermement des mineurs et des fous, et le renflouement des banquiers. C'est inique. D'autant plus inique que la caricature, au Figaro, on guerroie contre depuis des années. La preuve, on n'offre aucune tribune à Ivan Rioufol.
De toute façon, on sait quoi répondre, à ces Staline de collège : "Pourquoi faudrait-il, sous prétexte que notre économie traverse de graves difficultés, s'accommoder d'un système aussi cher et aussi peu performant ?" (si tu veux t'amuser, intervertis "économie" et "système" dans la question, tu pourras à peu de frais te glisser dans la peau d'un gauchiste sanguinaire).
PAN DANS TA GUEULE, le prof. Hein ? Ah tu réponds rien, hein ? Et pourquoi est-ce qu'il faudrait pas qu'on retire des sous à l'éducation, alors qu'on en a grave besoin sa mère pour payer nos étrennes au Figaro ? Hein ? Egoiste va."Quand 160 000 enfants, voués au chômage, sortent tous les ans du système scolaire sans qualification ni diplôme", on ferme un peu sa gueule et on s'émeut, on se sacrifie, on file sa thune. On arrête la "pusillanimité politique" (Alexis est très fier de ce morceau là, on dirait un peu du Voltaire. Et puis ça fait "PP", et c'est comme ça qu'il appelle Etienne Mougeotte dans l'intimité) et "le jusqu'au-boutisme syndical".
Franchement, le prof, t'en as pas marre de nous voler nos impôts pour t'engraisser à ne rien foutre, alors que t'es même pas foutu de trouver un emploi à tes élèves ? T'as pas honte de lâcher annuellement des milliers d'étudiants qui fondent sur l'ANPE comme le zizi de Sarkozy dans la bouche de Claude Askolovitch (oups) ?
Tu te tais, chacal enseignant ? C'est pas si dur de rabattre le caquet, en fait ? Suffit d'analyser avec bon sens la situation, et de te mettre face à tes contradictions, comme l'a fait Alexis. Comme quoi, quand on sort de l'idéologie et du mensonge, quand on discute calmement des faits, c'est moins simple, la vie, hein ?
Hein ?
17:24 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.12.2008
Dans le Buffet (ou dans le bon sens ?)
Voilà deux matins que mon réveil m'exfiltre d'un rêve soyeux par le truchement de Nicolas Demorand, voix grave et verbe envahissant. Deux nuis que j'achève par l'écoute de France Inter, juste avant la revue de presse. Ca, c'est pour l'immersion dans mon intimité, il me faut bien sacrifier de temps en temps aux racines du blog.
Ce matin, c'était Marie-Georges Buffet l'invitée (hier Emmanuel Todd. Deux discours alternatifs d'affilée, je crains la bonne grosse compensation demain. BHL ? Philippe Val ? Xavier Bertrand ?) de l'émission. A l'heure où je la prends (c'est à dire tardivement, puisque je me refuse à faire partie de la France qui se lève tôt, et qu'accessoirement j'ai du mal à ouvrir les yeux et les oreilles avant), Nicolas demande à la secrétaire du PCF pourquoi on l'entend moins que Besancenot - l'habituelle pertinence du journaliste trouve ici sa plus parfaite illustration. La réponse est maladroite, s'embourbant dans un "c'est plus facile de ne faire que critiquer" au lieu de renvoyer l'intervieweur à sa question : pourquoi lui et ses teu-po donnent-ils la parole à Olivier Besancenot plutot qu'à Marie-Georges Buffet ? La députée sequano-dyonisienne (héhé) achève sa réponse par un rappel de la nécessité de l'union à gauche (qu'a toujours refusé la LCR à date). Page de pub avant la revue de presse. Devinez l'objet de la pub ? Un fond de pension pour fonctionnaires. Je ne sais pas si c'est de la provoc', mais l'enchainement est terrible.
Je passe sur la revue de presse, essentiellement consacrée à la polémique Kouchner/Yade et à Rachida Dati (les évènements MAJEURS du moment, acceptons-le), pour arriver à la phase de l'émission où des auditeurs posent leurs questions à l'invité(e). Demorand occupe chaque silence ("la question de l'auditeur, allez-y jean-paul", "la réponse de marie-georges buffet", etc...), mais l'échange se déroule assez normalement, quand tout d'un coup intervient Bernard Guetta, polype du micro dans l'émission en question. S'adressant à l'invitée, il formule à peu près cette question : "Alors bon, ne pensez-vous pas que vous êtes un peu entre deux chaises, c'est à dire que vous êtes dans la contestation, mais en même temps vous vous différenciez du PS, n'est-il pas temps de faire un choix, et d'occuper l'aile gauche du PS au lieu d'être dans la contestation ?". Buffet répondra qu'elle ne souhaite pas choisir entre deux mauvaises alternatives, mais elle fait une fois encore preuve d'une politesse rare.
Car que dit Guetta ? Guetta dit : soit vous êtes sérieux, raisonnables, et vous êtes PS. Soit vous continuez à faire les pitres et à dire du mal de l'économie de marché, et vous n'êtes ni sérieux ni raisonnables, vous êtes irrecevables en temps que politiques crédibles. La crédibilité ou la contestation, voilà bien résumée la position de l'homme et plus globalement celle des médias vis à vis de la gauche. Il y a des gens sympas, divertissants, qui disent que la société actuelle ne fonctionne pas, qu'il faut changer, qui utopisent joyeusement, de manière insensée, et on fait semblant de les écouter vaguement, parfois poliment, et puis il y a les interlocuteurs dignes de nous qui pensent comme nous, et qui estiment qu'il faut à peu de choses près maintenir le statu-quo, mais le statu-quo de gauche.La gauche, finalement, c'est la social-démocratie du PS, et de gentils clowns alters qu'on évacue gentiment quand on doit parler des sujets sérieux. La condescendance absolue faite homme.
Je ne sais pas très bien où va le PCF, ni les machins d'Hue et Mélanchon, ni la nébuleuse NPA. Je ne sais pas non plus quelle part de pipeau dans l'orientation "gauchiste" du duo Aubry/Hamon. Je ne peux (ni ne souhaite) arrêter mon avis sur l'un ou l'autre de ces partis, ni les ériger en refuge de la Vérité avec un grand verre. J'aimerais en revanche, quand France Inter invite l'un des représentants de ces diverses entités, on puisse en entendre son avis, ses valeurs, ses orientations, ses choix. En lieu de ça, on réduit sa latitude politique à "plutôt Besancenot, ou plutôt PS ? Et pourquoi ?", comme si le seul intérêt du parti en question était de trouver sa place sur la grille de lecture journalistique du monde politique. Vos idées on s'en fout, on veut juste savoir à gauche de qui et à droite de qui vous êtes. Ce n'est pas nouveau, cette restriction (pour les "petits") de la politique à sa dimension politicienne, mais c'est fatiguant.
Et puis avant de se farcir une semaine de "ahaha, le congrès du PC c'est comme celui du PS, sont nuls ces gens de gauche, pas comme l'UMP où ça file doux", j'eus aimé entendre ce que la première secrétaire avait à dire. De haute lutte, elle a réussi à glisser quelques idées, mais souvent trop générales pour satisfaire ma curiosité. Je vais finir par aller l'écouter à la Défense.
Annexe : Pour revenir un peu plus longuement sur Bernard Guetta, je vous encourage à lire sa dernière intervention dans Libération. L'auto-dialogue avec une "figure de la république islamique d'Iran" y est particulièrement savoureux. Ou comment se monter un film catastrophe tout seul, en s'appuyant sur les silences de son interlocuteur.
11:47 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.12.2008
Séparation des pourboires
Bouche bée.
"Le conseil des ministres devait examiner, mercredi, un projet de loi organique qui mettrait en place une nouvelle organisation du travail parlementaire, dont le but serait notamment d'accélerer les examens en limitant la durée des débats." (LeMonde.fr)
Alors voilà, moi je propose une organisation :
1 - Le gouvernement soumet une loi
2 - On vous laisse discuter un moment, mais pas trop, on a des objectifs nous
3 - Vous acceptez la loi telle quelle
Je m'en vais réviser mon éducation civique avant de dire une connerie, mais pfiou....
15:14 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Anti-oxydant
La spectaculaire retractation de Libé au sujet des "ultra-gauchistes" de Tarnac ne vous aura probablement pas echappé : après avoir repris la fleur au fusil les déclarations du ministère de l'Intérieur, quelques semaines de recul et "d'enquête" ont permis aux journalistes du quotidien de constater que finalement, c'était un peu n'importe quoi tout ça. On attend avec impatience le mea culpa, mais sans guère se faire d'illusion : si les médias devaient s'excuser chaque fois qu'ils virent casaque, ils ne publieraient plus que des rectificatifs. Bref, l'affaire se tasse, et finira en eau de boudin après avoir fait couler des litres d'encre indignée, et effrayée par les nouvelles bandes à Baader. La récente nomination de Patrick Devedjian au ministère de la relance dans l'axe (c'est du foot, laissez tomber) me donne cependant envie de revenir sur le traitement de l'extremisme politique par les journaux.
Ces derniers nous ont offert pendant quelques semaines un florilège d'articles flippants sur la résurgence du terrorisme de gauche, sur la dangerosité de ces groupes occultes qui sabotent les voies ferrées, et qui appellent à la lutte armée (du moins a-t-on décidé de le leur faire dire, hein France Inter). La ménagère a tremblé, les papys et mamys nationaux ont découvert avec effroi que le jeune de gauche était non seulement un fumeur de shit, mais un kamikaze en puissance, bref, la France a eu peur. Et l'ultra-gauche, que l'on distingue de l'extrême gauche par le nombre très réduit de ses apparitions chez Drucker, est le nouvel épouvantail qui cache la forêt des fumisteries politiques actuelles (j'ai la flemme d'en faire la liste). Quel rapport avec Patrick Devedjian, me direz-vous ? Eh bien, outre qu'il était jusqu'à récemment fumiste en chef à l'UMP, il faisait dans sa jeunesse partie d'un petit groupe sympathique et chaleureux : Occident.
Je vous renvoie à leur page Wikipedia pour les détails, mais dans les grandes lignes, Occident était un groupuscule d'extreme droite (d'ultra-droite ?) qui a sévi pendant les années 60. Mot d'ordre : "Tuez les communistes partout où ils se trouvent !", ce qui vous en conviendrez est autrement moins terroriste que de jeter du béton sur des rails. Le communiste est moins solide, donc moins susceptible de stopper le train. Fasciste ("Occident approuve le coup d'État des colonels en Grèce",comme on se retrouve), raciste ("De toute évidence, les hommes sont inégaux") et violent, Occident sera dissout par l'Etat en 1968, à la suite d'une escalade digne de l'Enquête Corse (je te tabasse, tu me brules mon local, je te plastique ton café, je t'explose ta librairie, etc...) entre le groupuscule et des anarchistes.
Outre Devedjian, quelques pontes de la majorité présidentielle ont fait partie d'Occident : Hervé Novelli,(Secretaire d'Etat au Commerce ), Gerard Longuet (sénateur UMP), Claude Goasguen (maire UMP du XVIème),...On pourrait, dans la frénésie journalistique dénonciatrice des ultras, s'imaginer qu'à l'occasion de la nomination d'un de ses anciens membres, au gouvernement les médias reviendraient -même ponctuellement-sur Occident. On se rappelera, pour faire un parallèle un peu extrême, de l'indignation générale de nos amis éditorialistes quand Rouillan, ancien d'Action Directe, annonça son adhésion au NPA. Besancenot dut à cette occasion rappeler maintes et maintes fois qu'il n'était pas pour l'execution sommaire des représentants du patronnat. A-t-on demandé à Xavier Bertrand ou à François Fillon s'ils pronaient l'execution des communistes ?
Non.
Le Plan B rappelle dans son édition du bimestre que depuis un an, des dizaines d'exactions néo-nazis ou d'extreme droite (dont l'ecrasante majorité implique des militaires) ont été relevées en France, sans jamais faire la une de quoi que ce soit. La profanation de centaines de tombes musulmanes (et juives) réveille certes les rédactions, mais on doute que la ministre de l'intérieur nous fasse un couplet similaire sur l'ultra-droite qui est à nos portes.
Pourquoi ce silence ?
Jusqu'à récemment, le FN était assez largement condamné par la presse française, et les thèses d'extreme droite étaient globalement considérées comme de la merde fasciste. Depuis que Sarkozy, fier de "ramener dans le giron de la république" les ouailles du Pen, a fait siennes les théories puantes sur l'immigration, les pauvres, les jeunes, etc..., on ne peut s'éviter le terrible constat suivant : l'extrême droite ne choque plus.
On peut brasser du cliché anarchiste, stigmatiser les gauchistes, rire des socialistes pendant des semaines, Une après Une, émission après émission, éditorial après éditorial. Mais nulle part trace d'indignation pour les racistes, les fascistes, ces porcs reconvertis pour plus de respectabilité dans la "maitrise de l'immigration" et "la lutte contre l'insécurité".
Chaque jour on cède un peu plus de terrain à cette idéologie. Chaque jour on accepte un peu plus d'entendre des horreurs, on s'indigne un peu, on s'étonne aussi, mais ça passe, on s'habitue.
Vivement que ça pète, putain.
12:02 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.12.2008
Faites vos jeux, tout va bien.
J'aurais bien envie d'en poser une pour l'amicale des segolènistes, qui nous infligent à longueur de tribunes et d'invitations télé leur rancoeur de mauvais perdants, inconscients certainement du ridicule de leur comportement. Se vouloir "fraternels" et "refondateurs", et se vautrer dans la plus puérile des contestations, c'est la meilleure façon d'accréditer l'idée de leur opportunisme. On pouvait douter de la sincérité de Royal qui en faisait des tonnes dans le registre de l'amour et de l'apaisement, on est désormais définitivement fixés. On constate par ailleurs l'ampleur du pouvoir de nuisance dont elle dispose, ayant avec ses portes-flingues pignon sur Une dans tous les grands médias. Esperons que les nouveaux dirigeants socialistes (je confesse placer un petit espoir en Benoit Hamon pour sortir le PS de son marigot socio-démocrato-pouet-pouet) sauront la marginaliser en faisant des choix légitimes et efficaces.
(on y croit hein ?)
Enfin, ce n'est pas de ça que je voulais parler, sinon je n'aurais pas pris la peine d'un conditionnel. Non, moi le truc qui aujourd'hui me vaut de longs frissons de plaisir, c'est l'amendement déposé par Philippe Marini, sénateur UMP, au budget 2009, qui suggère de rendre déductible des impôts les moins-values boursières. Ce chantre de l'amnistie fiscale (je recommande d'ailleurs son site internet, qui est une bible d'injonctions néo-libérales façon "les riches y s'en iront tous de France si on leur baisse pas leurs impots, savez bien, comment qu'on restera un grand pays si qu'on retient pas nos élites ?") propose en effet aux actionnaires (durement précarisés par la crise) de déduire jusqu'à 11000 euros de pertes (sur 2009) de leur impôt sur le revenu.
Cette mesure s'adresse, nous explique le sénateur, aux "particuliers d'un certain age qui ont été obligés de vendre leurs actions dans ce marché aussi baissier" C'est louable, je trouve. Et terriblement cohérent avec le reste de la politique gouvernementale (puisqu'on apprend que cet amendement aurait été travaillé "avec Bercy").D'un côté, on flingue les retraites, de l'autre, on aide les "particuliers d'un certain age" à combler leurs pertes spéculatives. D'un côté on prône la prise de risque, le mérite entrepreunarial, de l'autre on rembourse les paris perdus en Bourse.
S'agirait-il d'un léger (très léger) foutage de gueule ?
Noooooooooooooooooooooooooooooooon.
On est pas comme ça à l'UMP. On souhaite juste défendre la veuve et l'orphelin contre la cruauté du monde moderne. Aider les pauvres, c'est notre crédo. Rapide calcul. Pour payer 11 000 euros d'impot sur le revenu, combien faut-il gagner annuellement ? 35 000 euros, en gros, en supposant que tu n'as pas d'enfants, pas d'investissements déductibles, ni aucun des milliards d'abattement qui permettent aux bons salaires d'échapper à la solidarité nationale (berk). Par ailleurs, qui actuellement dispose d'un patrimoine boursier de 11 000 euros parmi les nécessiteux ?
Je veux dire, si tu claques (et perds) 11 000 euros en Bourse, on peut légitimement supposer que tu dépenses quelques thunes pour d'autres choses, des vacances, des montres, un appartement à Levallois,...Que tu n'es donc pas forcément la première personne à qui l'on pense quand on parle de "miséreux" ou de "pauvres". Heureusement, Philippe Marini est là pour te réhabiliter. Pour te sauver des mains avides de la gueuserie. S'agirait pas d'être obligé de manger du saumon fumé premier prix, on sait où ça mène...
Pour en revenir au dit amendement, on peut sans trop se mouiller estimer qu'il ne passera pas. Trop gros. Trop visible. Mais si on s'attache à la stratégie UMPesque, ça n'a rien d'étonnant.
Etape 1 : on annonce un truc gros, inique, scandaleux. On regarde comment ça réagit.
Etape 2 : on retire, on dit qu'on a mal compris, qu'il s'agit d'un couac, que c'est mal expliqué.
Etape 3 : on légifère sur un truc un peu moins pire, et on explique que c'est une nécessaire réforme ou une grande avancée vers la modernisation du pays, au choix.
Alors à quoi s'attendre ?
Attendez avant de partir en Suisse, amis spéculateurs, vous n'êtes pas à l'abri d'une (enième) bonne surprise pour Noël.
15:41 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Quatre cons sonnent, trois décrochent.
Ca ?

C'est un pitre. Et même un fils de pitre ce qui, ne manqueront pas de soulever nos experts en criminalité juvénile, pourrait bien se détecter dès la naissance.
Je vous recommande de lire l'article (habilement) dissimulé dans le paragraphe précédent. Il est éclairant. Je propose d'ailleurs de l e mettre en relation avec ça. Qui émane rien moins que d'Ha'aretz, pas vraiment une feuille de chou "arabo-musulmane", pour reprendre les termes de notre pitre introductif. Et qui est repris par le Courrier International, qu'on ne peut pas vraiment soupçonner d'être la pravda d'Europalestine. On peut même imaginer que Raphael, puisque c'est lui, jette de temps à autres un oeil aux articles dudit Courrier (à moins qu'il ne lise directement les articles dans leurs journaux et leurs langues d'origine, il anime quand même une émission sur France Culture, ce n'est pas n'importe qui).
Raphael, donc (puisque vous avez mis à profit ma glose pour lire l'article en question), a consacré une semaine d'émission au "racisme, sous toutes ses formes". Semaine au cours de laquelle il aura donc abordé : l'antisémitisme (en premier lieu), la mysogynie, l'homophobie, le communautarisme (wtf ?), et l'anti-américanisme (il manque la haine des mangoustes, à cette liste, et je m'en offusque). On essaiera donc de caser le fait divers évoqué plus haut dans l'une de ces cinq rubriques, en prenant pour hypothèse (un peu risquée, n'est-ce pas ?) que l'agression d'une famille palestinienne par des colons israéliens hystériques relève du racisme, et non pas de la manifestation enthousiaste d'un amour immodéré du prochain.
Est-on dans l'antisémitisme ? La famille palestinienne vous répondrait que c'est peu probable.
Est-on dans la mysogynie ? Certes, les femmes ont l'air assez mal traitées, mais les hommes aussi.
Est-on dans l'homophobie ? A moins d'un insoupçonnable rassemblement gay et lesbien, on peut envisager que les gens qui se font lapider ne sont pas tous homosexuels.
Est-on dans l'anti-américanisme ? Peut-être buvaient-ils du coca en écoutant Katy Perry - ce qui justifierait une telle agression - mais cela reste à déterminer.
J'eus aimé envisager également le cas du communautarisme dans cette affaire, mais n'ayant pas la moindre idée de ce que notre génie philosophe range dans ce mot tiroir, je m'en garderais bien.
Alors où ranger ce racisme là ?
Nulle part. L'arabe, qu'on se le dise, n'est pas, ou n'est plus, l'objet d'un racisme intense et virulent. L'arabe (ou l'arabo-musulman, mais on ne va pas s'embarasser de précautions oratoires, on comprend bien qu'on parle d'égorgeurs de moutons rétrogrades (les egorgeurs, pas les moutons)), est discriminateur, pas discriminé. L'arabe est Tarik Ramadan, Oussama Ben Laden, Brahim-le-casseur-dans-les-manifs, il est un mal endémique.
Et la victime première, en plus d'être primordiale, c'est le juif. Nous dit Raphaël. Après, c'est la femme, l'homosexuel, l'anti-communautariste (?), et l'américain.
D'ailleurs sort sur nos écrans un film où une femme antisémite se voit soudain, un matin, affublée d'un nez crochu, d'une kippa, et d'incroyables dons en expertise comptable. Agathe Levy, ça s'appelle.
D'ailleurs, on annonce la création d'une grille pour classifier les délinquants en fonction de la taille de leurs étoiles de David et de leurs lunettes Dolce&Gabbana.
D'ailleurs récemment un jeune juif s'est fait tabassé par des policiers dans sa cage d'escalier, au pretexte qu'il s'appelait David Mihir et qu'il aurait jeté des cailloux sur une voiture de police en sifflant la marseillaise devant sa télé
Vivement que la Halde se penche sur les discriminations dont font l'objet les jeunes juifs à l'entrée des boites, à l'embauche, ou simplement dans le bus quand il s'agit de contrôler les titres de transport.
Tsss.
Je réponds par l'outrance, mais des grumeaux d'agacement perturbent ma digestion. Raphael, je sais bien que tu n'as pas une vie facile - avoir eu BHL pour beau-papa, beaucoup ne s'en seraient jamais remis -, mais il s'agirait quand même de fermer ta gueule pour toujours.
Parce que c'est vrai, que l'antisémitisme est un racisme, que le juif souffre de mille préjugés et raccourcis puants à son encontre. Mais qu'un abruti comme toi vienne nous dire dans le poste que là réside le Racisme avec un grand R, c'est certes très respectueux de la pensée de tes maîtres (BHL, donc, mais aussi Finkelkriaut, dont on devine le puissant amalgame anti-américain/anti-israelien/anti-juif/de gauche/arabe derrière ta classification), mais c'est du bon gros mépris pour la vérité et pour la réalité.
Pourtant, d'après ta page wikipedia, tu n'es pas un complet imbécile, tu as fait l'ENS, tu es agregé de philo, la France (avec nos impôts), n'est-il pas ?) t'a offert des moyens assez puissants d'analyser et de comprendre le monde. De l'observer, aussi, peut-être ? De voir qu'en France, aujourd'hui, ce n'est pas à l'antisémitisme que se résume le racisme. Que les Eric Zemmour ou les Brice Hortefeux qui pullulent s'en prennent essentiellement au basané d'Afrique, au bridé d'Asie, plutôt qu'au fils d'Abraham. Tu as également quelques notions d'éthique, Raphael, c'est au programme de philo de terminale. Tu sais donc que la responsabilité dont tu disposes (dont tu choisis de disposer, puisque tu acceptes qu'on te tende quotidiennement le micro dans une radio publique) t'engage à un minimum d'honnêteté intellectuelle, que tu ne peux pas dire n'importe quoi n'importe où. Tu sais, enfin, que hierarchiser les racismes, c'est hierarchiser leurs victimes. Qu'il n'y a donc pas "plusieurs racismes", mais un seul. Que les émeutes anti-blancs en Afrique du Sud, les pogroms, les ratonnades, relèvent tous d'une seule et même bêtise. Et que tu joins ta voix à son choeur en faisant mine de croire (le crois-tu ?) que le juif souffre plus que les autres de la haine ordinaire.
Alors steuplé, ce serait pas mal que toi et tous les chantres de l'antisémitisme-est-l'ennemi-public-numéro-1-d'ailleurs-si-t'es-pas-d'accord-t'es-antisémite alliez prêcher vos conneries dans le désert. Loin de nos oreilles, et si possible sans rien coûter à l'Etat.
Merci.
12:41 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.12.2008
Révolution Copénicienne
Un petit moment de détente, entre deux indignations.
Qui a dit : "Vous voulez la mort de la télévision publique. Vous préférez sa ruine à sa modernisation. Nous la défendrons."
1. Marie-George Buffet à Martin Bouygues ?
2. Nanni Moretti à Silvio Berlusconi ?
3. Patrick de Carolis à Nicolas Sarkozy ?
Non. C'est Jeff Copé, qui entre deux amendements sur la suppression de la pub, l'obligation de diffuser des spots de merde à sa place pour ne pas bouffer la part de marché des chaines privés, modernise la télévision publique.
Ce combat lui tient d'ailleurs tellement à coeur que Libé envisage déjà que la majorité ait recours à "un vote bloqué, qui permet au gouvernement de demander à l’Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte. Ou plus fort encore, le 49-3, qui permet au gouvernement d’adopter un texte sans vote, en engageant sa responsabilité.".
Je ne sais pas vous, moi je ne sais plus où donner de la tête tellement nos hérault de la modernité (pénale, judiciaire, policière, éducative, la modernité est universelle) se donnent à fond en ce moment.
Ca doit être bon d'être aveugle et sourd.
15:19 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Autodafé
it. Comme un plan de licenciement chez les constructeurs automobiles, ou comme une défaite au PSG, je sentais bien l'imminence de la chose. Mais ça fait quand même un peu flipper : ce matin, je suis d'accord avec Ivan Rioufol.
Pourquoi ? Pour ça. Evidemment, je ne partage pas sa conclusion, qui lui permet, comme à chaque billet, de faire le lien entre un mal social et l'anti-racisme, hydre communisto-repressive qui censure la pensée et poursuit les libres diseurs de conneries xénophobes.
Mais, en dehors de l'utime citation, je dois admettre être sur la même longueur d'onde : Dédé Santini, secrétaire d'Etat à la fonction publique, est un fumiste. Je ne parle pas de son gout immodéré des cigares, mais de ses récentes déclarations sur la légitimité de la culture générale aux concours [d'entrée dans la fonction publique].
Résumons son raisonnement (l'entreprise n'est pas longue) : "la culture, c'est pour les riches, alors c'est pas juste qu'on oblige les pauvres à s'y intéresser, d'autant plus qu'elle ne leur servira pas pour être pompiers"
On notera qu'André Santini mentionne les "pompiers" au hasard, mais que la démonstration est plus implacable encore en remplaçant le dernier mot par "éboueurs" ou "agents d'accueil à l'ANPE" (ou "profs", je suppose ?).
Je ne peux pas me dire surpris de ce genre de démarche, c'était latent depuis la campagne présidentielle : on ne peut pas avoir un président de la république inculte et une droite dure au pouvoir, et espérer qu'on privilégiera la culture dans les prochaines années. Réduire l'individu à son rôle "professionnel" (à son "utilité", pour emprunter le vocable UMP), c'est évidemment un des axes les plus évidents de la réflexion droitière, qui n'aime guère s'encombrer de gens qui pensent avant de voter.
Mais c'est l'argument, qui est une trouvaille de génie. On ne supprime pas uniquement la culture des programmes parce qu'elle est "inutile", mais également parce qu'elle "discrimine". On se gardera bien de dire pourquoi elle discrimine, cela obligerait à avouer que l'éducation nationale, et plus globalement la société française, ne transmettent plus rien d'autres que des savoirs "pratiques", et que pour tout ce qui est épanouissement intellectuel, faut compter sur ta mille-fa, gamin. Qu'en l'occurrence, ton horizon risque de s'arrêter à "Bienvenue chez les chtits" et Marc Levy si tu n'as pas la chance d'avoir un précepteur à domicile. Que le "mérite" prôné par les jeunesses de l'UMP est un leurre puisque les jeux sont faits dès ta conception. Ca ferait tache.
Donc, plutôt que de résoudre un problème de discrimination en le faisant disparaitre à la source, on préfère en camoufler les symptomes. Puisque les pauvres ne savent plus lire, ben c'est pas grave, on va communiquer avec des dessins. Faut pas trop s'étonner hein, avec tous ces noirs et ces arabes qui sont pas civilisés comme nous, on est bien obligé d'être moins exigents.
Pitres. Ca parle d'assimilation et d'intégration, mais ça réfute l'importance de la culture dans ces deux démarches. Ca veut que Mohammed ou Jacek ne sifflent plus la Marseillaise, qu'ils connaissent la lettre de Guy Moquet par coeur, mais pas qu'ils lisent des livres ou qu'ils perdent leur temps à étudier l'histoire, l'art, ou ces trucs inutiles bons pour ces tapettes d'intellectuels. Et ça te fait passer ça pour une mesure humaniste, populaire, pour ne plus pénaliser les incultes et leur permettre d'accéder au marché du travail.
Evidemment, c'est indigne, c'est grossier, c'est du démontage social en règle. Et qui c'est qui râle ? Rioufol et l'extrême droite.
Ma conception de la démocratie est intrinsèquement lié à l'absolue nécessité de permettre aux gens, à tous les gens, de penser. De disposer des outils d'analyse des discours (dominants) et des faits qui leurs sont présentés par des médias de moins en moins discrets dans l'idéologie. De dépasser le "bon-sens" cher à Nicolas Sarkozy pour soupeser les vrais enjeux de ce que les représentants qu'ils choisissent vont devoir examiner en leur nom. Les mesures prises par le gouvernement, mais également les politiques choisies par les différents partis, vont à mon sens systématiquement à l'encontre de cette démocratie "éclairée". On simplifie, on est grossier, on prend le peuple pour un con, et on pense qu'on est là pour réfléchir pour lui.
C'est ça, l'élitisme, Dédé, c'est penser qu'on doit remettre aux mains de quelques experts le destin du pays entier. C'est pas demander aux classes populaires et aux enfants d'immigrés, pour reprendre tes mots suintants de mépris, de lire autre chose que 20 minutes.
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02.12.2008
Du journalisme de réaction
C'est une mare. Saumâtre, un peu nauséabonde, où flottent de rares nénuphars jaunasses, et où clapottent de vilaines carpes luisantes et molles. Ca s'appelle "Libération", et c'est définitivement déprimant.
Le gros buzz du moment, c'est "l'affaire Vittorio de Fillipis", ancien directeur de la publication du journal, mis en examen dans une affaire de diffamation contre Xavier Niel lors d'un article publié sous son égide, l'année dernière. Un matin blême, de sordides policiers frappent à sa porte, et l'embarquent devant ses enfants pour le palais de Justice (avec détour par le commissariat) à la demande de la juge d'instruction chargée de l'affaire. Vittorio est malmené par les forces de l'ordre, qui lui disent qu'il est "pire que la racaille", et qui lui font deux fois une fouille anale avant de le jeter dans un cachot plein de cafards.Au sortir de cette humiliante procédure, Vittorio raconte son calvaire à Libération.
Franchement, c'est moche, ce qui est arrivé à Vittorio, et sa réaction est tout à fait légitime. De la même façon, il est légitime que Libération, informé des faits, les rapportent. Mais, et je m'autorise à passer en majuscules et à la ligne pour le hurler,
COMMENT SE FAIT-CE QUE DES JOURNALISTES AIENT BESOIN QU'UN DE LEUR POTE SUBISSE UN INDIGNE TRAITEMENT POLICIER POUR QU'ILS LA DECOUVRENT, CETTE INDIGNITE ?
C'est pas leur boulot, à ces tristes pitres, de mettre à jour ce genre de dysfonctionnement et d'en informer leurs lecteurs ? C'est sympa de relater par le menu les vilénies EDIFIANTES de la tambouille socialiste, ou de nous aider à suivre au jour le jour les variations HYPER-STRUCTURANTES de nos Bourses mondiales, mais ça n'entre pas également dans leurs attributions de rendre compte de ce qu'il se passe en France ? Mieux, de SAVOIR avant leurs lecteurs ce qu'il s'y trame ?Leur carte de presse ne leur sert qu'à accéder au site de l'AFP ?
Le scandale de cette affaire, ce n'est pas le traitement reservé au vieux monsieur propre sur lui que les machines policières et judiciaires maltraitent ("dans le respect des procédures", d'après nos hilarantes ministres de la Justice et de l'Intérieur). Ce qui est scandaleux, c'est qu'un journal, qui plus est estampillé à gauche, fasse mine de découvrir, ou pire, découvre, les mille humiliations que la police et la Justice françaises infligent à l'immense majorité de ceux qui passent entre leurs mains chaleureuses.
Que la baudruche barbichue qui tient lieu de PDG à cet organe (plus intestin grêle qu'encéphale) de presse monte sur ses ergots (avec la pauvreté de style qui le caractérise) pour dénoncer cette affaire sans autre analyse que la bêtise présumée de la juge (copieusement insultée, soit dit en passant) et la liberté bafouée de la presse. Imaginez : les premiers articles dévolus à cette histoire sont parus dans les colonnes "médias" du site du journal. Comme si l'important dans cette affaire, c'était le métier du prévenu (aujourd'hui, les articles consacrés à cette apolémique ont rejoint la rubrique "Société", et j'aimerais croire que c'est pour signifier aux lecteurs la prise de conscience par les journalistes du quotidien de l'inanité de leur premier réflexe corporatiste).
Dans l'article le plus récent consacré à l'affaire "Libération" (BANDE DE MONGOLIENS NOMBRILISTES, si vous appelez cette affaire "Libération", appelez "affaire EDF" l'histoire des ados cramés dans un transformateur à Clichy-sous-bois), le plumitif s'apesantit une nouvelle fois sur "la presse intimidée", sans la moindre mise en perspective ou en relation des faits avec quelques autres informations récentes, avec le traitement réservé aux sans-papiers, par exemple. Ou la manière dont la police intervient dans les cités. Ou les propositions (GENIALES) des crétins de l'UMP concernant le droit des mineurs, ou le dépistage de la violence en école maternelle.
C'est affligeant. Le journaliste de grande presse n'a plus aucune conscience du réel dont il est censé rendre compte. Il vit dans un monde de grandes phrases, entouré de ses pairs et de ses préjugés. Un monde de BHL, finalement. Le journaliste n'a plus la moindre utilité sociale, il n'apporte plus rien au citoyen qui le lit, il livre le pain et les jeux au consommateur qui achète son papier. Ainsi en est-il de la dernière intervention barbichue, où Joffrin appelle à la "vigilance" face aux promesses (évidemment bidon, mais pourquoi faire mine d'y croire, alors ?). Un peu comme un pompier qui crie "au feu". Car les plus éminentes sentinelles de la société, les premiers contempteurs et analystes de ses dérives, ce sont les journalistes. Plutôt que de pousser des cris d'orfaie a posteriori, en se drapant dans la grandiloquence poisseuse de sa médiocrité ("Les mots, dans ce domaine, ne suffisent pas.", piqué sur un skyblog), le directeur du journal ferait mieux de réfléchir au contenu de ses colonnes.
Et fermer, cependant, sa gueule de Tartuffe.
12:05 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
27.11.2008
Mes sages perdent leur aile.
Bouillie.
La forme est parfois naze, le fond mérite mieux que les foudres ou l'abandon. Etre ne sera jamais aussi satisfaisant que vouloir mais on mesure mal, je crois, ce qu'on reçoit et ce qu'on donne tant qu'on le reçoit, et tant qu'on le donne.
Si le statut change c'est uniquement, sans caser d'E, pour frôler l'oxymore.
Aime biffer, c'est mieux que de se barrer.
(laissez tomber)
18:59 Publié dans Trip | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.11.2008
Chronique audiovisuelle de la flicaille
Les non-footeux l'ignorent peut-être, mais la polémique fait actuellement rage dans le football français, et mondial, au sujet de l'introduction de la vidéo comme support à l'arbitrage des matchs. Déjà disséquées en direct lors des retransmissions télévisées, les images permettraient d'après leurs partisans aux arbitres de mieux juger des fautes, buts, et comportements incorrects des joueurs (je ne partage pas vraiment cet avis, mais là n'est pas le sujet de mon article). En attendant que les instances sportives se décident à prendre le train de la modernité, voilà que de plus courageux expérimentateurs se proposent d'y recourir prochainement.
Tout part d'une vidéo remise à Rue89 par Ladj Ly, réalisateur semi-pro originaire de Montfermeil. On y voit deux policiers passer à tabac un jeune menotté, Abdoulaye Fofana. D'après eux, il aurait participé au caillassage d'une voiture de police, d'après lui, rien de tout cela (son procès aura lieu en décembre). On signalera cependant que les deux policiers ont été mis en examen, placés en controle judiciaire, et interdits d'exercice de leur fonction, avant d'être réintégrés - mais dans un autre département. Témoignant d'un respect (rare) pour la présomption d'innocence, l'auteur de ce blog considère que les policiers - bien qu'ayant reconnus les faits - ne sont pas officiellement coupables de quoi que ce soit.
L'affaire a fait grand bruit, au point que le directeur départemental de la sécurité publique de Seine-Saint-Denis (le chef de la police quoi), s'etouffe d'indignation. Dénonçant la brutalité policière, il annonce un renforcement de la prévention chez les forces de l'ordre, ainsi que des sanctions exemplaires si les agents concernés sont reconnus coupables des faits. Nan je blague. Il annonce "le prochain recrutement d'un caméraman de la police pour surprendre les violences commises contre la police, légitimer notre action et l'emploi de la force". En effet, selon lui, le réalisateur a sciemment tronqué son film pour piéger la police (ce qui est démenti par Rue89 qui annonce que la police détient les rushs complets du réalisateur), et celle-ci est en réalité la victime d'une opération de désinformation visant à la décrédibiliser alors qu'elle est quotidiennement victime d'agressions.
On ne niera pas ici que l'exercie du métier de policier dans les banlieues pauvres est à la limite du sacerdoce, et que la violence subie par les agents dans les quartiers "difficiles" est inexcusable. Mais on arguera aussi que c'est aussi le rôle de la police, dépositaire de la violence publique, de faire face à cette violence, que ses agents sont (censés être) formés à la prévenir, pas à l'alimenter. On notera surtout que notre ami chef retient d'une bavure présumée la nécessité de filmer la violence des autres, rejouant là l'air puéril du "c'est pas nous qui avons commencé". Grande preuve de maturité, enrichie d'une grosse dose de foutage de gueule par le sénateur (UMP) de Seine-Saint-Denis, Christian Demuynck, qui explique que "C'est le meilleur moyen d'éviter les vidéos bidonnées d'apprentis Spielberg qui remettent en cause, de façon injuste, le travail de nos policiers.". Syndrome contemporain, ce que les images dénoncent est faux quand ces images n'émanent pas de l'autorité reconnue, et vrai quand elles sont filmées par elle. Un reportage de TF1 au 20h sur les émeutes n'est pas "une vidéo bidonnée d'apprenti spielberg", c'est un témoignage. Si le même document émane du camescope d'un voisin, c'est un mensonge. Notre ami sénateur, comme notre ami policier, font mine d'ignorer que l'image est PAR DEFINITION un biais, qu'il n'existe pas d'image "absolue" qui puisse rendre fidèlement la réalité d'une scène, ou d'un évènement. Qu'ils souhaitent contrôler ce biais, en discréditant ce qui n'émane pas d'eux en tant que canal officiel, est en ce sens révélateur des dérives policières de notre pays, où, rappelons-le, on sollicite les RG pour surveiller des "militants" anarchistes, bien avant qu'ils soient soupçonnés de quelqu'"attentat terroriste" que ce soit.
Ce culte alternatif de l'image, foi aveugle ou défiance implacable, c'est la paranoïa orwelienne appliquée à la télévision, et au produit audiovisuel en général. Cette affaire nous rappelle donc à quel point cet outil, qui nous est systématiquement présenté comme un instrument de liberté ("regardez notre reporter de ouf qui a pu vous ramener des images des otages des Talibans", etc...) et de lutte contre l'oppression, peut devenir à son tour un terrible outil de maitrise et de "réduction" du réel au profit de ceux qui le controlent (l'outil, pas le réel).
Moralité, ami ou non des poulets, rappelons-nous toujours que ce nous VOYONS n'est pas ce qui EST, mais ce qu'on nous MONTRE (et rarement inocemment).
AAH.
15:10 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Une télé, Demorand, trois raisons de mater le foot
On parle souvent, pas forcément à tort, du manque de renouvellement des figures politiques françaises. C'est même un des enseignements majeurs que retiendra le quidam du chaos socialiste actuel : Ségolène Royal souhaite renouveller les cadres du parti, Aubry les conserver. Evidemment, en se penchant plus attentivement sur leurs déclarations respectives, on constate que ceux qu'on appellent "nouveaux" ne sont pas forcément neufs (Royal cite ainsi régulièrement François Rebsamen, qui était il y a 25ans directeur de cabinet de Fabius, ou Jean-Marc Ayrault, membre du bureau executif du parti depuis 79) comme si ce qui fait l'ancienneté d'un cadre politique se comptait en nombre de passages sur les plateaux télé. Mais on se doute qu'une parti de la valeur politique d'un individu se jauge à son expérience, et que la recherche d'une "fraicheur" nouvelle dans le paysage politique ne passe pas nécessairement par une crise de jeunisme. Revenons cependant au constat initial : on parle souvent du manque de renouvellement des figures politiques françaises.
Ce dont on parle moins, où dans tous les cas ce dont on parle bas, c'est l'incroyable homogénéité, à la limite de la consanguinité, des "invités" d'émissions politiques à la télévision. Je m'en faisais la remarquer hier en tombant sur l'émission (si inoubliable que le titre m'en échappe) animée par Nicolas Demorand sur i-Télé, et qui débattait - accrochez-vous à vos sièges, l'originalité du thème va probablement vous enrhumer - de la crise du parti socialiste. Etaient conviés pour ce débat furieusement nécessaire quatre personnalités, certainement séléctionnées - avec soin - pour leur expertise dans le domaine. Je n'ai pas retenu leurs noms, mais il y avait : Renaud Dely de Marianne, un mec du Figaro, une meuf de Challenge, et un "expert" de l'institut de sondage ViaVoice (je croyais que c'était un logiciel de reconnaissance vocale pour ma part, mais ce sont finalement deux métiers similaires).
Ces quatres mousquetaires s'opposaient vigoureusement sur l'état du PS et sur la marche à suivre pour sortir de cette crise. Les uns expliquaient que seule Royal pouvait sortir le parti de la crise en revendiquant son attachement aux valeurs sociales-démocrates, tandis que les autres leurs opposaient que seule Royal pouvait sauver le parti d'une mort annoncée en se rapprochant des valeurs sociales-démocrates. Essouflé par d'aussi haletants échanges, j'ai du changer de chaine pour une rediffusion de l'équipe du dimanche, et je m'excuse de ne pas pouvoir vous retranscrir le résultat des débats de nos amis spécialistes. Cependant, je pense pouvoir affirmer sans trop me mouiller qu'il en est ressorti que : le parti socialiste doit en finir avec ses utopies trotskistes (de merde), qu'il doit répondre à la menace Besancenot en affirmant haut et fort que le libéralisme ce n'est pas sale, et que Royal est la seule, parce qu'elle fait des bisous à François Bayrou, à disposer d'une marge de manoeuvre suffisante pour remettre la gauche au centre. De l'échiquier politique, pardon.
Honnêtement, on ne peut pas en vouloir aux invités de s'opposer si violemment et de fuir à ce point le consensus. L'un vient du quotidien officiel de l'UMP, l'autre du mensuel officiel de l'UMP, l'autre de l'hebdomadaire officiel du Modem, et le dernier est un sondeur, intrinsèquement de droite comme tous les manipulateurs de chiffre à la con. Incidemment, ils ont la facheuse tendance à réclamer aux socialistes (dont ils sont d'éminents contempteurs tant qu'ils ne diront pas la même chose que leurs partis d'affiliation) plus de "réalisme", de "rationnalité", et "d'amour immodéré de l'argent qui nous aide à payer nos jolis costumes sans lesquels c'est la honte d'aller à la télé". On peut cependant se demander quel effet produit sur le téléspectateur une émission qui se pose en débat, alors qu'elle réunit autour d'une table des gens qui disent strictement la même chose. Pour mieux comprendre, prenons un exemple.
Je suis présentateur d'une émission consacrée à "l'ultra-gauche" (autre marronier en ces temps de disette médiatique). J'invite Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP. J'invite Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro. J'invite Robert Dubois, directeur de cabinet de la ministre de l'intérieure (UMP). Et j'invite Franz-Olivier Giesbert, du Point. Thème du débat : "l'ultra-gauche est-elle une nouvelle menace terroriste contre laquelle il faut lutter ?". Bien que neutre et objectif (je suis journaliste, hein), il est probable que nous entendions beaucoup parler des "dangers de groupuscules favorables à la lutte armée", "de l'extreme gauche qui est un nouveau nazisme", "du gouvernement qui entend protéger les français de la violence politique d'extremistes incontrolables", voire "de la nécessité pour le PS de condamner fermement des gens qui n'aiment pas le marché".Et comment en vouloir à mes invités ? Ils parlent de ce qu'ils savent, de ce qu'ils pensent. La question est donc plutôt : pourquoi sont-ils vus par le journaliste comme ceux qui savent ? Pourquoi le journaliste de mass-media invite-t-il d'autres journalistes de mass-media et un des principaux pourvoyeurs en grain à moudre des journalistes de mass-media, quel que soit le sujet du jour ?
Je m'autorise une réponse : parce qu'on est bien entre gens comme soi. Pour la même raison que j'invite mes potes à jouer à Rock Band, plutôt que Patrick Balkany et un clochard de Saint-Ambroise, Nicolas Demorand préfère convier ceux qui, à peu de choses près, expérimentent les mêmes choses et partagent une vision et des valeurs communes. Là où le bat blesse, c'est que quand on joue à Rock Band entre potes, on n'a ni la prétention d'informer ou d'éclairer nos concitoyens, ni l'arrogance d'en faire une émission de télé.
Ce constat peut être étendu à l'intégralité des innombrables talk-shows qui parsèment désormais la TNT. Ces émissions de débat font systématiquement appel aux mêmes interlocuteurs, aux mêmes "experts", aux mêmes porte-voix "rationnels" portant haut leur "refus de la polémique stérile et des tabous". Les mêmes gens d'accord sur tout et qui nous donnent l'impression que la réalité, les possibles, sont circonsis à l'étroit cercle de leurs échanges. Que le PS a le choix entre le centre et le centre. Que la "modernité" et les "réformes" sont "nécessaires", sans jamais esquisser la moindre tentative de justification de leurs propos, de construction de leurs pensées, débitant les clichés dominants en inifinies variations en vase clos.
Les porcs s'enflent de leur expertise, probablement inconscients de la vacuité profonde de leurs "analyses", de la pauvreté crasse de leurs avis, du manque criant de solidité de leur travail logique. Les joutes verbales de ces auto-proclamés spécialistes de tout et n'importe quoi, contribuent implacablement à restreindre le débat public au cadre étriqué de la pensée "dominante".
Et on n'a pas fini d'en bouffer, de la novlangue iconoclaste.
11:56 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : demorand, ps, tv
24.11.2008
Venez, Zu est là.
Une fois n'est pas coutume, selon nos amis de l'Express, l'herbe est plus verte en nos riantes contrées qu'en dehors. Ces chantres des modèles danois, américains, anglais, allemands, bref, exotiques et surtout libéraux, font aujourd'hui un constat édifiant : heureusement que nous ne vivons pas au Vénézuéla. Relecture d'un article consacrée aux éléctions régionales et municipales de là-bas, loin.
Tout commence par un titre attirant, porteur d'espoirs et de lendemain qui chantent chez les amoureux de la démocratie. "De l'oxygène pour les anti-Chavez". Car en effet, l'opposition, asphyxiée "depuis plus de dix ans" par le joug stalinien du despote local, a triomphalement remporté 25% des régions vénézuéliennes. Un plebiscite, évidemment, car les états remportés par l'opposition "représentent plus de la moitié de la population vénézuélienne. Ce sont également des centres économiques, culturels et politiques névralgiques clefs". On se demande bien quel abruti anti-démocratique a inventé la région pour empêcher la Raison et la Démocratie de triompher. On se demande également si on parlera d'un triomphe du PS quand il remportera un quart des régions françaises.
Est notamment tombé dans l'escarcelle de l'opposition l'état de Tachira, où "le colonel-président Hugo Chavez développe un important complexe militaro-aéronautique (au grand bonheur de la Russie, premier fournisseur d'armes du Venezuela)". Comprenons que malgré cette lueur d'espoir en un Venezuela meilleur, le dictateur ourdit de sourds complots anti-occidentaux, assisté en cela par les remugles staliniens d'une Russie menaçante. Tout le monde n'a malheureusement pas le reflexe (démocratique) de développer des complexes aéronautico-militaires (démocratiques) avec des partenaires comme Dassault ou EADS (qui ne fournissent pas des armes au monde entier, eux).
En parallèle, l'état de Barinas, "sans importance politique (...) reste quant à lui aux mains de la famille Chavez". Il est évident que malgré les progrès nationaux, la corruption grève encore de nombreux états, et la dynastie présidentielle jouit d'un pouvoir illimité dans son fief. Tout le contraire des Hauts de Seine, de Levallois, de Neuilly, etc...
Mais, au delà de cet état des lieux, quelles raisons peuvent expliquer ce spectaculaire désaveu pour le Duce sud-américain ? Et bien, la perte de Caracas nous éclaire prodigieusement à ce titre. En effet, "un clivage se fait nettement sentir entre le Venezuela moderne, urbain, et estudiantin, où la lassitude du "chavisme" est pregnante, et un Venezuela plus rural ou Hugo Chavez conserve toute sa force". Si en France, il n'existe aucun clivage entre un pays urbain et moderne (où Nicolas Sarkozy triomphe) et un pays rural (où Nicolas Sarkozy triomphe), au Venezuela l'élécteur est facile à distinguer : celui des villes est moderne, intellectuel, et vote bien. Les ploucs, en revanche, se fient à n'importe qui, mais ce n'est pas nouveau, le populisme dont use et abuse Chavez a toujours fait recette auprès des pauvres, qui par définition sont idiots.
Par ailleurs, la campagne a été "marquée par des intimidations à répétition et d'innombrables insultes dont le chef de l'Etat est coutumier" (comme "Casse-toi pauvre con"). Si l'on concède de mauvaise grace que le président en exercice a "tenu à souligner le caractère démocratique des élections: "La voix du peuple est respectée", a-t-il précisé.", on rappelle cependant qu'il a tout fait pour entretenir un "climat de violence verbale qui cadre peu avec l'esprit démocratique". Il paraitrait même que "plusieurs candidats d'opposition particulièrement populaires ont arbitrairement été "inhabilités" et empêchés de se présenter devant les électeurs". Commentons je vous prie cette dernière assertion à la lumière de la suite de l'article. Celui-ci se focalise sur Manuel Rosales, adversaire de Chavez lors de la dernière présidentielle, qui a "fait l'objet de menaces plus personnelles : avant le vote, le chef de l'Etat a menacé d'envoyer les chars dans le Zulia en cas de victoire de l'opposition" (ne tremble pas, petite lectrice de l'Express, ce barbare est heureusement bien loin de nous). Or, l'opposition a conservé l'état de Zulia, et de chars ? Point. Les russes n'ont pas du les livrer, patience.
Mais revenons, je vous prie, à Manuel Rosales, victime de l'anti-démocratie présidentielle. Wikipédia nous apprend qu'il a, en avril 2002, "soutenu le coup d'état contre Chavez". Evidemment, ce n'est pas très bien, mais heureusement, "il l'a regretté plus tard" (surtout qu'il a raté). Manuel est également soupçonné par le parlement venezuelien de corruption. Celui-ci ayant mandaté une comission pour l'interroger, il a "refusé de s'y présenter". Un comportement d'innocent, évidemment. Sur qui pèsent donc les lourdes menaces du Staline des Andes, et qui pourtant courageusement tient bon.
Dans l'opposition, conclut l'article, "nul ne doute que la prochaine décision tactique de Chavez, consistera à renforcer les prérogatives du pouvoir central au détriment de celles de régions. Cela, afin de compliquer, autant que possible, la vie des gouverneurs qui ne sont pas dévoués au chef de la "révolution" bolivarienne." (notez les guillemets méprisants. La "rupture", c'est la classe. La "révolution" c'est la honte).
Pour ma part, sur ma chaise, nul ne doute que le journalisme tel que l'entend l'Express est à la probité et à l'objectivité ce que Bernard Laporte est à la charge ministérielle : un pitre, et un scandale.
18:22 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chavez, venezuela, express
19.11.2008
Le point, hallali(gne)
Si la démarche est à la limite de l'auto-flagellation, ce n'est pas sans but que je me suis infligé, ce matin, quelques morceaux des blogs qu'heberge le site internet du Point. D'une part, il est toujours intéressant de connaitre les sources auxquelles s'abreuvent les abrutis, et d'autre part, on y trouve des perles qui ne peuvent laisser totalement indifférent les blogueurs en goguette.
La première, elle se trouve dans la section réservée à notre philosophe internationale, dont les initiales ne sont pas sans rappeler une grande enseigne de vente de camelote, et un livreur express. Le hasard faisant bien les choses, notre ami s'est spécialisé dans le monnayage d'une preste pensée à la qualité souvent douteuse. BHL, puisque c'est de lui qu'on parle, fait dans son dernier post l'apologie du dernier livre de Philippe Val, son concurrent (et néanmoins ami) dans l'écoulement de fulgurances intellectuelles réactionnaires, enrichies de citations recopiées de wikipedia et de revendications péremptoires d'une "libre pensée briseuse de tabou", le tout pour 15euros seulement chez tous les bons marchands de vent. Je ne m'apesentirai pas sur les détails de son analyse, je n'ai pas lu le livre et si j'en devine globalement son contenu, j'aimerais n'en faire pas trop de pub, il y a Charlie Hebdo pour ça. Non, ce qui est rigolo dans son post se trouve après un petit numéro 11, lorsque Bernard-Henri évoque l'axe poutino-hezbollo-chavézo-iranosaure. Je ne sais pas si ça vaut "toutes les synthèses idéologiques", mais ça vaut son pesant d'amalgames foireux. Car, et la tâche est ardue, essayons de comprendre ce qu'entend BHL par cette périphrase chelou (on passera sur le fait qu'il mélange deux personnes, un parti, et un pays, nous ne faisons pas partie de l'axe franco-grammatico-dactylo-tyrannosaure). On suppose qu'il essaie de dire que Vladimir Poutine, le Hezbollah, Hugo Chavez et l'Iran font partie d'un même axe, mais lequel ? Pour répondre à cette question, mettons nous dans la tête de Bernard Henri, fin connaisseur du Liban, de la géopolitique sud-américaine, de la Géorgie (souvenez-vous de son épique romanquête dans Le Monde cet été) et des petits gateaux iraniens à la canelle. Poutine est un boucher qui massacre du géorgien, et qui comme tout boucher, n'aime pas les juifs (je rappelle que nous sommes dans la tête de BHL). Le Hezbollah est un organisme terroriste qui n'aime pas les juifs. L'Iran est un pays qui n'aime pas les juifs (toujours dans la tête de BHL, un pays PEUT exprimer une opinion. Par exemple : Israel aime le chocolat). Chavez est donc lui aussi antisémite, terroriste, et/ou boucher massacreur de géorgien. Le Venezuela étant malheureusement bien trop éloigné de Tbilissi pour qu'il puisse s'adonner sans réserve à la chasse au slave, on peut suppose que le choix se restreint aux deux premiers termes : antisémite, ou terroriste.
Très honnêtement, je m'informe mal sur la gestion du Venezuela par son président. Je suppose probable qu'il fasse preuve de populisme, et il me semble - de loin - qu'il se livre volontiers à la provocation, notamment à l'encontre des Etats-Unis. Il ne s'agit donc certainement pas d'une oie blanche, et je suis même prêt à imaginer qu'il s'agisse d'un gros connard. Mais, et c'est pourtant ce que nous dit l'homme aux chemises blanches ouvertes sur un poitrail d'intellectuel viril, je ne crois pas qu'Hugo Chavez ait jamais revendiqué un quelconque antisémitisme, ni un quelconque goût pour les voitures piégées à la sortie des écoles. Pourquoi, alors, notre ami des Lettres mele-t-il le président vénézuelien aux sordides massacreurs qu'il énumère ? Pourquoi lui, plutôt qu'Alvaro Uribe, proche des milices d'extreme droite qui fauchent du paysan colombien depuis des décennies, par exemple ? Ben parce qu'il est de gauche. De gauche, la vraie hein, pas la soupe socio-démocrato-conservatrice que prêche l'auteur. Et la gauche, c'est sale, comme le meurtre ou l'antisémitisme. On comprend mieux pourquoi le blog de BHL est hebergé là, n'est-ce pas ?
Deuxième géniale découverte (ou plutôt re-découverte) de la journée, le blog (MYTHIQUE) d'Ivan Rioufol. Je ne sais ni de quoi vit ce monsieur, ni quel est son parcours, ni quelles misères lui ont infligé de gros noirs encartés à la LCR, mais il est aux prévarications d'extreme droite ce que Jimi Hendrix est à la guitare : un maitre. Je ne sais même pas quelle citation extraire de son mitraillage de bouses tant il se surpasse à chaque nouvel article. J'ai même la flemme de tout relire jusqu'à trouver LA phrase qui illustrerait le mieux ce qu'il raconte. Pour vous donner une idée globale, sa réflexion se construite autour de trois axes : "les immigrés ils feraient mieux de mériter ce qu'on leur donne plutot que de raler en nous infligeant leurs coutumes barbares", "le PS ne servira à rien tant qu'il ne sera pas de droite", et "vous essayez de me faire taire en me traitant de raciste, mais j'ai pas peur de vous et du politiquement correct bande de censeurs de merde".
Je ne sais pas comment cet homme peut se figurer en iconoclaste alors qu'il pisse dans l'exacte direction du gouvernement et de 99% du paysage médiatique français (avec plus ou moins de pincettes, certes. Le Monde ne dira pas "Les noirs sont des fainéants", pas classe, il dira "Ne serait-il pas temps de réhabiliter le sens de l'effort et du travail auprès des minorités, et notamment en banlieue ?", classe). Je ne sais pas non plus comment ses diatribes anti-immigrés ne lui ont pas déjà valu un accessit auprès de Brice Hortefeux, ni combien de fois il a mis les pieds en dehors de son bunker hérissé de pièges à nègres (un gros bol de manioc assaisonné de mort au rat, ou une carte de séjour piégée au C4). Mais sa lecture me donne systématiquement envie d'argumenter dans le sens inverse. C'est simple, il dirait que la mer est mouillée que je lui donnerais tort.
J'en ai déjà marre de parler de lui donc j'arrête cet article comme une feignasse, mais il est très probable que je rementionne son existence de parasite facho prochainement.
17:10 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.11.2008
Post Scriptum, Animal Triste
La question est sur toutes les levres, l'attente est insoutenable, le suspense nous transit alors que la planète continue de tourner, indifférente, ce qui prouve bien sa légereté et son peu de cas des choses importantes. Car oui, bientôt, demain, nous allons connaître l'identité du nouveau timonier socialiste. Après les cours de nos bourses, dont les palpitations terribles ont bercé le début de l'automne, et après le duel Noir/Blanc de l'autre côté de l'océan, voilà que nos coeurs se branchent sur un autre fil rouge : qui qui va gagner le droit de succéder à François Hollande ?
Bien évidemment, il n'est pas question de s'embarasser de sujets pénibles comme le programme ou les valeurs mis en avant par les différents candidats : il ne s'agit que de littérature, et ce n'est pas ce qui nous intéresse. D'abord, ce n'est pas chiffrable, et puis on ne commente pas une course hippique en lisant un traité de zoologie : tout juste est il nécessaire de distinguer les couleurs des casaques. Bref, malgré l'inévitable daltonisme de certains, nous nous autorisons à résumer cette quête du premier secrétariat sous la forme d'une question, celle qui régit tout, celle qui compte du berceau au cercueil et des camps du Darfour aux ors de la république : QUI QUI VA GAGNER ?
A ma droite, Ségolène, madonne illuminée, égérie poitevine de la politique-spectacle, donnons-nous la main faites une ronde autour de moi je t'aime, mon frère, mon peuple, mon petit électeur sucré.
A ma gauche, un trio de challengers, Bertrand-Benoit-Martine, réunis malgré leurs différences fondamentales (l'un est pédé, l'autre est jeune, la dernière s'appelle Martine) sous la même bannière parce qu'ils n'aiment pas trop Ségolène.
L'affrontement est vif, le duel (techniquement c'est un quadruel, mais le duel est plus télégénique) à couper le souffle, Ségolène attaque en arrivant en tête d'un premier vote, mais pour du beurre, et alors pour ne pas qu'elle gagne le vrai vote, Bertrand se rallie à Martine, mais il boude un peu, et Benoit il dit qu'il croit qu'il peut gagner sans Martine, et Ségolène elle dit que c'est pas du jeu que les autres ils s'allient juste pour la faire perdre, et les copains de chacun font le tour des plateaux télé pour expliquer que bon, c'est pas très cohérent tout ça, qu'on s'aime bien mais que faudrait raison garder, voire que l'important c'est d'être d'accord sur les choses fondamentales comme par exemple que la guerre et la pauvreté c'est pas très beau, ce à quoi les journalistes acquiescent, ce qui montre bien, quoi qu'en disent les calomnieurs, qu'ils n'ont rien contre la gauche.
En gros, nous en sommes là : le galop est lancé, la casaque rose est en tête mais les casaques jaunes, bleues et vertes se font la courte échelle. Nous attendons, haletants, la ligne d'arrivée. Puis viendra l'heure d'une nouvelle course. Nos coeurs n'acceptent plus de battre pour eux-mêmes, ils doivent se suspendre à quelque bataille, affaire, polémique. On vendra du papier sur les grêves que y en a beaucoup comment faire pour ne pas trop souffrir dans le RER, on s'intéressera aux chaises musicales d'un prochain remaniement ministériel, larges éoliennes battues par nos propres vents.
A ceux qui aimeraient savoir ce que disent les candidats au premier secrétariat socialiste, ce qui les oppose, ce qui les réunit au sein de ce parti ou ce qui les amène à viser ce poste dont on ne sait rien, à ceux qui voudraient comparer leurs avis sur les rafles de sans-papier, les dividendes aberrants, l'Europe ou l'OTAN, à ceux qui se demandent quelles relations le PS pourrait entretenir avec les autres partis de gauche, en bref à ceux qui veulent abîmer la politique en y introduisant de l'idéologie, nous dirons ce que dit le Maitre du Monde selon Claude Askolovitch à l'importun mal-comprenant : casse-toi, pauvre con.
11:52 Publié dans Res publica | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.11.2008
A mon grand dam, Eric
On n'y consacrera probablement pas la une de nos magazines, ni l'ouverture d'un journal télévisé, fut-il celui de NT11. Cela ne fera l'objet d'aucune tribune de BHL dans Le Monde, d'aucuns cris d'orfaie poussés dans les tranches matinales de nos chaînes de radio. Il n'est même pas sûr qu'on en parle sur le blog d'un éditorialiste du Figaro. Et pourtant, l'affaire est d'importance, et il serait bien triste que les foules n'en soient pas informées.
En effet, mesdames et messieurs, le 13 novembre, sur Arte, un homme, et pas n'importe lequel, a brisé menu du tabou sans les habituelles entraves de la bienpensance et de l'obscurantisme de gauche. Les détails de cette libération de la pensée sont livrés ici, mais pour résumer grossièrement à ceux qu'un clic dissuade la teneur des propos de ce nouveau croisé-de-la-vérité-sans-fard, elle tient en cette phrase, adressée à une personne discriminée positivement (comprenez : non-caucasienne) : "Ben évidemment, j’appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire !". Il s'agissait de répondre à la question de l'inéluctabilité du métissage dans notre Europe encore blanche et pure - mais pour combien de temps ?.
Je sais, vos paumes vous démangent, vos bras fourmillent, votre gorge s'assèche tant l'applaudissement et le vivat vous taraudent. C'est humain, quand on est comme cet homme, Eric Zemmour, épris du vrai et trop longtemps prisonnier du carcan des convenances dans lequel le communisme, l'assistanat, et l'ultra-gauche se complaise à maintenir le débat public.
Mais il y a lieu de s'attrister, mes amis. Car si le médiocre Siné avait bénéficié d'une fort large couverture pour son "dérapage" (je mets des guillemets car nous savons, entre gens de bien, qu'en guise de libération intellectuelle, la saillie de Siné n'avait guère ébranlé l'idée, ridicule et héritée des heures les plus noires de notre histoire, de l'égalité des hommes entre eux, même quand ils ont la tête du logo Banania), Eric Z (comme Zorro, le justicier qui lutte contre la vermine consensuelle) est l'objet d'une insupportable omerta. Quelle tristesse, et en même temps quelle banalité, de voir les grands penseurs réduits au silence quand prospèrent les camelots anti-libéraux dans les colonnes de nos journaux. Voyez avec quelle indifférence Isabelle Giordano, présentatrice de l'émission en question, acceuille la révélation de notre héros (hérault ?) du jour. Voyez la censure qui s'opère et qui nous prive du verbe haut de notre insoumis.
Alors si vous souhaitez néanmoins entendre la voix juste et docte qui résonne dans la brûme de nos lachetés quotidiennes, n'hésitez pas à sortir des sentiers battus et à vous orienter vers les médias alternatifs : en effet, Eric est s'est, au forceps et par la grâce d'une volonté sans faille et d'une lutte de chaque instant, ménagé un petit espace d'expression sur i-Télé, sur France 2, sur RFO, dans le Figaro et dans Marianne.
Vive la presse et la pensée libres !
17:19 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eric, zemmour, race, tv, droite
Fait d'automne
"La mort d'une femme, assassinée lundi matin à Thionville par un député dépressif, a relancé la polémique sur la surveillance des parlementaires en France.
Quelles réformes envisage-t-on ? Ce soir, Nicolas Sarkozy a demandé aux ministres de la Santé, de l'Intérieur, de la Justice et des Relations avec le Parlement de «préparer sans délai une réforme en profondeur du droit des parlementaires », notamment destinée à mieux encadrer les sorties et à améliorer la surveillance des députés et sénateurs susceptibles de représenter un danger pour autrui. L'Élysée évoque «la création d'un fichier national des mises sous tutelle d'élus» . Une enquête de l'Inspection générale de l'Assemblée Nationale, dont les conclusions sont attendues d'ici à trois jours, devra par ailleurs s'intéresser «aux responsabilités de ce drame dans la perspective de sanctions éventuelles». Le parquet n'exclut pas de requérir contre les élécteurs de la neuvième circonscription de Moselle, qui avaient négligemment renouvelé le mandat de Jean-Marie Demange en 2007."
On attend avec impatience la loi ad hoc qui ne manquera pas de nous être proposée par un gouvernement réactif et sensible aux priorités nationales.
16:45 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.10.2008
P(r)endre Laporte
Kikoo, c'est Bébert !

10:16 Publié dans Ca m'énerve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







