27.11.2008
Mes sages perdent leur aile.
Bouillie.
La forme est parfois naze, le fond mérite mieux que les foudres ou l'abandon. Etre ne sera jamais aussi satisfaisant que vouloir mais on mesure mal, je crois, ce qu'on reçoit et ce qu'on donne tant qu'on le reçoit, et tant qu'on le donne.
Si le statut change c'est uniquement, sans caser d'E, pour frôler l'oxymore.
Aime biffer, c'est mieux que de se barrer.
(laissez tomber)
18:59 Publié dans Trip | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.07.2008
Un prêté pour deux Ranu
Exercice convenu s'il en est, mais néanmoins salutaire pour mieux se situer dans le magma de la blogosphère, je souhaite partager avec vous les dernières requêtes Google ayant conduits quelques brebis égarées jusqu'à l'avalanche de bile alternative que constitue ces pages. Elles sont rares (les requêtes) mais éloquentes :
"buter un gros con"
"jean michel ranu"
"sardou viol"
J'avoue que je m'interroge. Que je fasse office de référence quant à l'histoire crimino-sexuelle des Sardou, soit. Que je sois l'impasse où viennent mourir les pulsions sanguinaires de quelque cyber-vener, soit. MAIS QUI EST CE JEAN MICHEL RANU ?
Je ne sais pas. Un évadé de la COGIP, peut-être ?
Difficile d'accepter de ne pas même satisfaire aux trois requêtes mensuelles des internautes que Google a la grâce de m'adresser. Je me remets en question : pourquoi ai-je si longtemps évité de parler de Jean-Michel Ranu ? Pardonne-moi, toi qui cherchait la vérité sur cet homme. Je n'ai pas su t'éclairer, et je m'en veux. C'est bien d'aborder la vie des grands de ce monde, de disserter sur Rachida Dati ou Philippe Val, mais l'on se coupe progressivement de la vraie vie, celle où le chomeur souffre avant de flemasser (ahah, vous espériez un poste sans relents gauchistes ? Raté), où évolue l'individu - si improbable soit son patronyme- et non le pourcent virtuel de quelque sondage Ifop.
Jean-Michel Ranu, pardon. Je ne t'oublierai plus.
15:48 Publié dans Trip | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
19.06.2008
Plaidoyer pour un loser
En ces temps déprimants où l'homme de football navigue entre la fadeur pénible d'un Didier Deschamps, et l'indigence intellectuelle crasse d'un Luis Fernandez, il est une oasis de verdeur cynique et de verve moqueuse dont nous ne pouvons faire l'économie.
Alors que ses collègues, entre relents racistes et soumission aux mass-media (qui comme leur nom l'indique, sont en tous domaines, et en sport particulièrement, à la masse), sautillent de poncifs en poncifs, nous tartinant les yeux et les oreilles de leurs clichés médiocres (recensés avec à propos dans l'ouvrage des Cahiers du foot "A partir de là", que je recommande) et de leur rhétorique d'animateur télé, il en est un, roublard et corrosif, qui ne tacle pas dans la même cour.
Là où les mongoliens du short nous serinent du "on prend les matchs les uns après les autres", du "à partir de là je crois que c'est le football", et autres creuses assertions volées au dernier édito de France Football, il se complait à replacer les journalistes sportifs dans leur milieu naturel : la honte.
Il les bâche, il les surprend, il les désoriente, ils le détestent. Quand on voit quels sommets d'aigreur et de mauvaise foi ils atteignent à l'heure de justifier son éviction, on ne peut qu'appartir au camp de ses défenseurs. Honnêtement, quelqu'un de sensé accepterait-il d'être, rien qu'une fois, du même avis que Pierre Ménès ?
Alors oui, Raymond ne gagne jamais rien, Raymond titularise des vieux un peu hors de forme, Raymond joue au lover un soir de défaite contre l'Ennemi avec un grand spaghetti.
Mais dans un monde au ras du gazon, qu'un esprit un peu différent souffle sur les monceaux de prose pesante et d'analyses convenues qui meublent l'Equipe depuis des siècles, ça ne peut pas vraiment faire de mal.
C'est pourquoi, malgré la déception de cet Euro foiré, et ses sourcils broussailleux qui ne vont pas du tout avec ses cheveux blancs, je clame, je hurle, et j'hulule ce slogan :
Raymond, c'est bon, Deschamps, c'est chiant.
Merci de votre attention.
20:00 Publié dans Trip | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04.07.2007
De la déliquescence du lien social
On se connaît ? Non ? Tu vois...
11:29 Publié dans Trip | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19.04.2007
Recentrons le débat
Ami, je déborde. A force de lectures, de discours, de débats, voilà que je ne synthétise plus la politique, que l'élection présidentielle me sort par les orifices, et pas les plus élégants. Comme le disait Titange91, 17 ans, 75 kilos dont 3 de boutons d'acné, spécialiste du flou gaussien sur ses photos Meetic, je sature. Il faut que je m'échappe, que je m'épanche - et sans tomber, si possible -, que je trouve un exutoire à ce trop-plein partisan, à cette pénible conviction qu'avant dimanche, 20h, je ne connaitrai pas le repos, que je continuerai à bourrer le crâne de mon entourage de "Bayroucaymal", "Sarkokaka", et autres simplismes militants, en espérant que le ralliement d'un seul, d'une seule au vote utile que j'encourage de toute ma mauvaise foi, de toute ma rhétorique bourdieuse et agressive, fera pencher la balance du côté des moins pires. Tu vois, je suis là pour ne pas en parler, et je me vautre dedans comme un journaliste du Monde dans les maladresses de la candidate socialiste. AH, T'ARRETES MAINTENANT, HEIN.
Je cherchais, sans trop y croire, le réconfort dans les bras tentaculaires et pour tout dire assez peu tendres du net, espérant débusquer la perle rare qui m'obligerait, l'espace d'un moment, à mobiliser mon activité neuronale pour autre chose que l'acrimonie anti-médiatique et la desespérance politique. Je cherchais, et cliquai sur Yahoo Actualités, comme ça, au hasard, lorsqu'elle surgit. Enfin. THE AMAZING AND HOLY GRACE. La miséricorde divine, le nirvana, et tous les paradis spirituels, artificiels, fiscaux, tout ce que vous voulez, bref, elle était là, en Une, et illustrée : la news qui allait me délivrer du mal.
Il serait cruel de bâtir un quelconque suspense sur sa nature, aussi vais-je vous dévoiler son titre, et vous comprendrez, vous aussi serez peut-être touchés par son indicible universalité, sa douceur intrinsèque, son humanité. Figurez-vous que "Les moules d'Arcachon à nouveau interdites à la consommation". C'est fou, non ?
Quelle information plus fondamentale, quelle nouvelle plus effarante, que ce triste sort réservé aux petites moules d'Arcachon, quel sort cruel infligé par un censeur malfaisant touche ces petits êtres couleur ébène. Voilà que mon coeur s'emballe : une nouvelle cause à défendre, un nouveau cheval de bataille pour ma soif d'indignation. Libérez les moules d'Arcachon. Ensemble tout de vient possible, mais pas sans les moules d'Arcachon. Nos moules valent plus que leurs profits. Putain, ça fait du bien de se sentir revivre.
Passé l'enthousiasme initial, voilà que je me plongeai dans l'article, avide de détails qui structureraient ma pensée et renforceraient ma conviction que se tenait là, devant mes yeux encore embués d'émotion, le prochain sujet primordial de société, dès que la question du premier ministre de François Bayrou serait reglé. De mollusque à mollusque, il y a comme une continuité. Et, un bonheur ne survenant jamais seul, voilà que j'apprenai le coeur battant le noeud du problème, et non l'inverse, ça fait mal. Je vous le retranscris, je suis sympa : "La préfecture rappelle que la consommation de moules atteintes par le dinophysis peut entraîner des désagréments gastriques". Comment rester indifférent à cette préoccupante révélation, comment ignorer la portée métaphysique de cet aveu ? La moule est interdite, apprend-t-on, et je traduis pour les inconséquents qui n'ont que survolé la phrase, parce que si on la mange on aura mal au ventre ! Putain ça ne peut pas vous laisser de marbre, ça ! Quel odieux cynisme pourrait vous pousser à négliger ce scoop ! Qu'attendent les journalistes, les vrais, ceux qui risquent leur peau pour obtenir ces infos qui nous bouleversent, les faux-pas syntaxiques de Ségolène, les problèmes de coeur de Sarkozy, les très surprenantes déclarations du président du FN, les amertumes conjuguées de Nicolas Hulot et Dieudonné, qu'attendent-ils, ces fiers plumitifs qui oeuvrent à l'élévation des foules par l'information, pour saisir au bond cette perche tendue et approfondir le sujet, pour questionner nos candidats sur ce VRAI sujet de société ? Des troubles gastriques, oui, mais lesquels !? Et les moules, pourquoi d'Arcachon ? C'est pas très français "dinophysis", non, ça ne mérite pas un ministère ? C'est la faute à l'Europe ? Au Capital ? A l'arbitraire division gauche/droite qui paralyse la mytiliculture depuis trop longtemps ?
Ami, je vibre, comme je n'avais pas vibré depuis des lustres. J'ai la rage, le mors-au-dent, la bave aux lèvres, je sens que tout va se jouer là, sur cettre problématique apparemment anodine mais ô combien pertinente pour nous, "les français". On va quand même pas se faire emmerder dans notre digestion sans réagir.
17:44 Publié dans Trip | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







